Rapport de match : L’OM en 4-2-3-1

Cela fait quelques matchs que ça dure maintenant. Didier Deschamps a abandonné le 4-3-3 qui a fait de l’OM la meilleure équipe de France la saison dernière pour un 4-2-3-1 qui fait la part belle aux attaquants. Au centre de ce nouveau système qui, sur le tableau noir, se base simplement sur l’inversion du triangle du milieu de terrain : Lucho Gonzales. Décryptage des forces et faiblesses de ce « nouvel OM » entrevues  le week-end dernier face à Saint-Etienne.

La formation :

Du 4-2-3-1 dans tout ce qu’il peut y avoir de classique. Face à Saint-Etienne, Mandanda gardait les cages ; Kaboré remplaçait Fanni à droite d’une défense Diawara, Heinze, Taïwo ; au milieu de terrain, Cissé la couverture était associée à Cheyrou le relanceur ; un peu plus haut, Lucho travaillait entre les lignes adverses pour tenter d’apporter du liant aux attaques de l’OM ; enfin devant, Rémy et Gignac encadraient un Brandao chargé de faire reculer la défense marseillaise pour leur créer des espaces.

Comme la saison dernière, avec Niang fixé à gauche et Valbuena un peu partout sur le terrain, l’animation est asymétrique. Alors que Rémy travaille dans son couloir la plupart du temps, Gignac ne pèse que très peu sur l’aile gauche. Dès que possible, l’ancien Toulousain rentre dans l’axe aux côtés de Brandao et pousse même parfois jusque sur l’aile droite. Lorsqu’il déserte son couloir, c’est le duo Cheyrou-Taïwo qui prend en charge l’animation du couloir.

Lucho :

Mais avant d’entrer dans le détail des ailes (et de leurs forces et faiblesses), penchons-nous sur le cas du maître à jouer de l’OM qui se retrouve dans une position plus avancée qu’à l’accoutumée. Deschamps avait déjà fait ce test au moment de ses débuts avec l’OM (voir ici). Les résultats peu concluants, et le rendement du joueur, avaient poussé l’entraîneur à le replacer milieu relayeur : un poste qui sied plus à ses qualités, lui permettant notamment de se mettre plus facilement face au jeu puisque touchant le ballon plus bas.

Désormais derrière l’attaquant, Lucho se retrouve dans la zone où le marquage est le plus serré. Au vu de ses qualités, pour être efficace, il doit être le plus spontané possible (ce qu’il sait faire) mais aussi bénéficier de beaucoup de soutien de la part de ses partenaires les plus proches. La seule liaison avec Brandao ne peut pas suffire et c’est pourquoi on l’a surtout vu développer une relation directe avec Gignac sur plusieurs buts de l’OM (face à Auxerre, face à Saint-Etienne).

Autre conséquence de ce nouveau rôle, à l’instar d’un Gourcuff derrière Chamakh, il est en mesure de faire la décision beaucoup plus souvent… Et ainsi soigner ses statistiques pour le plus grand bonheur de tous les Pierre Ménès de la terre qui jurent surtout par les buts et les passes décisives. Logiquement, s’il est plus haut, il participe moins à la construction des actions, n’intervenant qu’en fin de mouvement pour permettre à l’équipe d’accélérer dans les derniers mètres sur une passe ou un décalage.

La construction :

On l’a déjà évoqué un peu plus haut, lorsqu’il faut remonter le ballon par la gauche, c’est le duo Cheyrou-Taïwo qui s’y colle. Ça combine à deux, voire à trois lorsque l’un des trois offensifs dézone pour leur prêter main forte. Très important, Cheyrou n’hésite pas à s’excentrer pour attirer son adversaire direct et libérer l’axe (à Lucho par exemple). Du coup, en cas de perte de balle, l’OM peut rapidement se retrouver en difficulté si l’adversaire arriver à rapidement servir un attaquant qui rentrerait dans l’axe dans la zone délaissée par Cheyrou.

Sur l’autre aile, l’équilibre est assuré par la prudence de Kaboré et, surtout, par la couverture assurée par Cissé qui fait office de sentinelle lorsque l’OM a le ballon. Le très bon repli défensif de Loïc Rémy s’ajoute à ce tableau qui fait du flanc droit de l’OM un côté assez bien équilibré. Si l’on peut lui reprocher la rigidité de son animation, celle-ci peut-être compensée par les dézonages des trois offensifs (Lucho, Gignac, Brandao). Défensivement en revanche, difficile d’y trouver un déséquilibre notable.

Perspectives :

La perte de Gignac et le retour prochain de Valbuena pourraient pousser Deschamps à revoir ce plan et aligner une équipe différente mercredi face à Man United. Pour deux raisons. La première, c’est qu’aucun autre attaquant de l’OM ne peut jouer dans le même registre que Gignac côté gauche. La seconde, c’est que la capacité de Valbuena à dézoner pour couvrir toute la largeur du terrain derrière l’attaquant de pointe pourrait faire doublon avec le rôle actuel de Lucho dans ce schéma.

A l’arrivée, il ne serait donc pas étonnant de retrouver Lucho dans une position plus habituelle mercredi si Petit Vélo venait à rentrer dans le onze de départ. Cela permettrait en plus de rééquilibrer un milieu de terrain très sensible sur son côté gauche, celui-là même où évoluerait le Mancunien le plus dangereux du moment (Nani).

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