Rapport de match : Les trois phases de l’Inter face à Bari (3-0)

Une bonne dizaine de jours après le Milan (voir l’analyse), c’était au tour de l’Inter de Leonardo de passer le test de la lanterne rouge de la Série A : Bari. Sans surprise, les Intéristes sont sortis du San Nicola avec les trois points d’une victoire par trois buts d’écart histoire de soigner la différence de buts. A priori, une soirée tranquille… Et pourtant, les Nerazzurri ont dû patienter pour pouvoir faire la différence, la faute à des Galletti courageux et à une animation perfectible puis magnifiée par l’entrée de Sneijder. Analyse.

Les formations :

– Bari : Gillet – Masiello, Glik, Rossi, Parisi – Donati, Almiron, Gazzi – Bentivoglio – Rudolf, Okaka.

– Inter Milan : Julio César – Maicon, Ranocchia, Materazzi, Chivu – Thiago Motta – Zanetti, Kharja – Pazzini, Milito, Eto’o.

Inefficace face au Milan AC dix jours plus tôt, Ventura abandonne son 4-4-2 à plat pour un 4-3-1-2. De retour de blessure, Sergio Almiron reprend sa place au coeur du jeu des Galletti (devant la défense et derrière Bentivoglio en position de trequartista). Côté Milanais, le fait marquant de la composition est l’association de Eto’o, Milito et Pazzini combinée à l’absence de réel meneur de jeu. Le Camerounais penche à gauche, Milito reste en pointe et Pazzini évolue entre-deux et se replace côté droit.

Bari-ra bien qui rira le dernier :

Les premières minutes de jeu éclairent les choix de Leonardo. Alors que Pazzini évolue au plus près de Milito, Eto’o tente régulièrement de rentrer dans l’axe pour se retrouver en position axiale et derrière les deux attaquants. Plus bas, les ballons sont remontés par les duos Kharja-Chivu et Zanetti-Maicon pour arriver directement aux attaquants.

Mais la dernière place de Bari ne les empêche pas de s’adapter à cette animation. Lorsque le Milan doit relancer, Bari ne prend pas le risque de presser et se replie dans sa moitié de terrain. Le 4-3 se replie dans l’axe pour limiter les espaces aux attaquants adverses ; Bentivoglio s’occupe de couper les solution dans la profondeur dans le rond central et les deux attaquants s’excentrent pour marquer les deux latéraux.

Cette défense a le don gêner l’Inter, particulièrement dans l’axe. Kharja, Zanetti et Motta n’étant pas particulièrement des dribbleurs, ils ne percutent pas la ligne de trois adverse, préférant ne pas risque la perte de balle. Au choix, ils écartent ou tentent de toucher directement Milito. En bloquant les côtés grâce à Okaka et Rudolf, Bari empêche les milieux milanais de servir Eto’o ou Maicon dans la profondeur. Le jeu est arrêté et doit alors ressortir du couloir pour progresser. On en revient au problème de la recherche des attaquants. Le trio Almiron, Donati, Gazzi est très efficace à la récupération et intercepte beaucoup de ballons.

Quant au jeu long vers Milito, il est de toute faiblesse… Et de toute façon, l’Argentin manque à la fois de profondeur et de soutien : Eto’o redescend très bas pour offrir des solutions de lancement de jeu à ses milieux et Pazzini a du mal à se situer entre sa position défensive côté droit et son rôle offensif, a priori plus axial. Sans oublier que Milito a tout simplement du mal face à la charnière centrale adverse.

Bref, Bari débute la rencontre plutôt bien. L’équipe est en place et parvient même à déstabiliser le bloc milanais, souvent grâce à Almiron qui, sans Sneijder dans sa zone (Milito reste très haut, Eto’o et Pazzini se replient dans la zone des latéraux adverses), se lance dans plusieurs chevauchées qui vont bien enfoncer le milieu à trois milanais. Mais derrière, le back four reste intraitable, surtout dans sa surface de réparation.

Transition :

La donne change au retour des vestiaires. La charge de la première relance n’incombe plus à Motta, Zanetti ou Kharja mais aux défenseurs (Ranocchia, Materazzi, Chivu). Motta et Zanetti évoluent désormais plus haut dans l’axe (dans la zone de Bentivoglio) et Kharja s’excentre côté gauche alors que Maicon garde son flanc droit. Résultat, Kharja récupère la position et le rôle d’Eto’o en première mi-temps… Et le Camerounais peut évoluer plus haut. Lorsqu’il a le ballon, l’Inter passe de son 4-3-3 à un 3-4-3 penchant à gauche derrière (de gauche à droite) : Chivu, Materazzi et Ranocchia / Kharja, Motta, Zanetti et Maicon / Eto’o, Pazzini et Milito (les deux derniers permutent beaucoup alors que Eto’o reste dans son coin gauche).

Si le bloc de l’Inter évolue plus haut et se fait moins bousculer lorsqu’il n’a plus le ballon, il a encore du mal à inquiéter Gillet. Il faut dire que tant qu’elle arrive à repousser tant bien que mal les assauts de Maicon à droite et de Eto’o/Kharja à gauche, la défense de Bari tiendra le choc. Car dans l’axe, Motta et Zanetti ne se sont pas transformés en offensifs naturels à la mi-temps. Sneijder par contre…

La clé Sneijder :

Entré sur la pelouse juste après l’heure de jeu (à la place de Milito), le Néerlandais va faire beaucoup de mal au bloc défensif adverse. Evoluant naturellement dans une position plus haute que Zanetti ou Motta, plus à l’aise dans les petits périmètres, il offre des solutions à ses partenaires dans la zone couverte par les trois milieux de Bari.

Alors que Milito ne décrochait jamais et évoluait sur la ligne de défense adverse (un poste récupéré par Pazzini à sa sortie), Sneijder en fait de même mais sur les milieux de Bari. En plus de couvrir les mouvements que l’Inter lance sur les ailes, ces derniers doivent désormais surveiller les déplacements du Néerlandais dans leurs zones. Le joueur de trop quand on sait que Maicon et Kharja continuent d’animer les couloirs.

Deuxième effet, lorsque l’Inter perd le ballon, Almiron n’a plus le même champ libre pour relancer la machine Bari. Preuve en est sur le deuxième but intériste… Qui démarre d’une récupération de Sneijder dans le rond central. La preuve.

Conclusion :

Romantique jusqu’au bout, Leonardo a testé sa formation à trois attaquants de pointe. Même si Eto’o a fait le job côté gauche, cela s’est avéré être un échec face à la lanterne rouge de la Série A tant avec que sans le ballon : l’Inter pouvait être mis en danger à chaque perte de balle arrivant avant la fin du mouvement, personne n’étant là pour ralentir l’ attaque adverse. L’entrée de Sneijder a corrigé tous ces problèmes et la suite (logique) a suivi, grâce d’abord à un superbe travail de Kharja et Eto’o à gauche. Ce constat fait, Leonardo va être confronté à un vrai choix : Pazzini ou Milito ?

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