Rapport : Alexis Sanchez au coeur du jeu de l’Udinese

Après une petite semaine de silence (raisons techniques et de manque de matière), voilà une saine lecture qui concerne la belle surprise de la deuxième partie de saison en Italie : l’Udinese. La semaine dernière, les Zebrette ont battu la Lazio. Au coeur de ce succès, Alexis Sanchez a livré une prestation impressionnante qui méritait analyse. Alors, analysons.

Sur le tableau :

A l’instar du Naples de Mazzari, l’Udinese est bâti sur une base à trois défenseurs (Benatia, Zapata, Angella). Pour les soutenir et compenser leurs déplacements, une sentinelle (Inler d’habitude, Badu face à la Lazio) est installé en retrait de deux milieux de terrain axiaux (Asamoah et Pinzi). Sur les côtés, comme dans toutes les formations à trois défenseurs, on retrouve deux joueurs de couloir hyper-actifs (Armero à gauche, à Isla à droite). A la pointe de ce système, Di Natale fait front face aux défenseurs adverses. En soutien du buteur, Sanchez est là pour faire le lien entre la défense et l’attaque.

Face à cette formation, la Lazio proposait un 4-2-3-1 des plus classiques avec : Musiera dans les buts ; Lichtsteiner et Garrido encadrant Biava et Dias en défense ; un duo Brocchi-Matuzalem dans l’entrejeu ; Gonzales et Zarate sur les ailes et Hernanes en soutien d’un Floccari seul en pointe.

Conséquence de la seule opposition des deux systèmes, la Lazio se retrouve en infériorité numérique dans l’axe (à 2 -Hernanes et Floccari- contre 4 -soit 3+1). Sur les ailes en revanche, c’est le contraire en imaginant les montées des deux latéraux laziales pour apporter le surnombre.

Sanchez à la relance :

En phase défensive, l’Udinese passe de trois à cinq défenseurs. Sur les côtés, Isla et Armero ferment les couloirs face aux montées des latéraux adverses. Ils sont respectivement aidés par Pinzi et Asamoah qui surveillent les déplacements vers l’intérieur des deux ailiers adverses. En soutien de ce duo, le stoppeur excentré est là pour compenser en dernier recours : aucun adversaire venant du couloir ne doit le passer pour pénétrer dans la zone du libéro (et ainsi créer un surnombre en faveur de la Lazio). Dans l’axe, le libéro s’occupe de l’avant-centre et le troisième et dernier milieu de terrain surveille les déplacements à l’intérieur (Hernanes a priori).

Ce système défensif permet de libérer deux joueurs : Di Natale reste devant et Sanchez évolue en pointe de ce bloc de huit joueurs. Le Chilien a un rôle très important puisqu’il est le joueur ciblé en priorité par les relances de ses partenaires. Une fois atteint (généralement à 40 mètres de ses buts), il se retrouve dans la zone des deux milieux défensifs adverses : Brocchi et Matuzalem. Deux choses sont alors nécessaires : les solutions doivent arriver rapidement et la couverture doit être assurée au cas où il perde le ballon.

Une remarque avant d’énumérer les solutions, il faut avoir à l’esprit que Sanchez reçoit le ballon alors que les latéraux adverses sont montés. Devant lui, c’est donc un deux (ou un trois) contre un qui se joue avec au moins un couloir libéré… Ce qui nous amène à la première solution : Di Natale qui s’excentre et prend la profondeur pour étirer la défense centrale. Milieu de terrain axial droit, Pinzi monte plein axe pour compenser le déplacement de son attaquant. A droite, Isla prend l’espace aussi lorsque Di Natale part côté gauche alors que dans ce couloir, Armero monte pour offrir une solution de conservation (plus que d’attaque rapide) à Sanchez.

Le calcul est facile, ce sont donc cinq joueurs qui restent en couverture en cas de perte de balle de Sanchez. Asamoah et Badu restent devant les trois défenseurs centraux. Un latéral complète parfois la ligne selon l’orientation de la remontée de balle. Une fois le ballon libéré par le Chilien, c’est tout le bloc qui remonte. Sans jamais se livrer, Asamoah devient un soutien direct à Armero côté gauche. Sur l’autre aile, Isla est un peu plus seul, Pinzi apportant le plus souvent sa présence dans la surface alors que Sanchez reste à 20/30 mètres des buts adverses pour orienter l’attaque. Comme sur les deux buts de l’Udinese.

Conclusion :

Outre l’excellence de Alexis Sanchez dans ce rôle-clé dans le jeu de l’Udinese, la prestation des Zebrette face à la Lazio a aussi été convaincante de par la supériorité de leur organisation à trois défenseurs face à un 4-2-3-1. Il a fallu que Reja fasse entrée du poids dans l’axe en deuxième mi-temps (Rocchi puis Kozak) pour réussir à faire plier la défense de l’Udinese : à onze contre dix et face à une formation qui n’était plus en mesure d’attaquer correctement après la sortie d’Alexis Sanchez.

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