Paris SG 2-0 Marseille, l’analyse tactique

Cela devient une habitude. Sans forcer son talent, le PSG est venu à bout de l’Olympique de Marseille pour consolider sa place de leader de L1. Mieux entrés dans la partie, les Parisiens ont su rapidement prendre l’avantage pour ensuite piéger leurs adversaires en contre-attaque. Les Marseillais ont su résister, mais n’ont pas – comme beaucoup d’autres équipes – trouvé la solution pour mettre suffisamment en difficulté la défense parisienne.

Les premières minutes de la partie ont dévoilé l’approche tactique prudente des Marseillais. Organisés en 4-4-1-1, les hommes d’Elie Baup avaient fait le choix de quadriller leur moitié de terrain grâce à deux lignes de quatre bien regroupées. Seuls Gignac et Valbuena restaient dans le camp parisien lorsque les locaux étaient en possession du ballon. Comme évoqué lors de l’analyse d’avant-match (lire : S01E08 : Les clés de PSG-OM), les deux offensifs marseillais se sont alignés afin de former un premier rideau positionné au niveau du le rond central, empêchant les transmissions dans l’axe.

Sans pressing de la part des Marseillais, le PSG a eu tout le loisir d’organiser sa relance et de se déployer dans le camp adverse. Matuidi et Verratti assuraient le travail de relance avec le duo Alex-Armand. Les quatre hommes se positionnaient sur toute la largeur du terrain de manière à éviter la zone gardée par Valbuena et Gignac. Ce système permettait aux latéraux parisiens de monter dans le camp adverse afin d’occuper les zones surveillées par Kadir et Ayew, les milieux excentrés de l’OM. Au final, six Parisiens pouvaient donc offrir des solutions aux quatre chargés de la relance.

L'OM replié dans sa moitié de terrain, la relance à quatre du PSG et les déplacements de ses attaquants.

Jallet et Maxwell occupaient les couloirs et étaient parfois recherchés. Mais les quatre relanceurs privilégiaient évidemment les solutions proposées par Ibrahimovic, Lucas Moura, Pastore ou Lavezzi. Très en vue en début de partie, le Brésilien a très souvent décroché entre Ayew et Barton. Efficace dans les petits espaces, il pouvait facilement se mettre dans le sens du jeu, profitant notamment de la menace Lavezzi devant – qui empêchait Morel de le suivre de près -. Ibrahimovic a aussi été sollicité en début de partie ; le Suédois revenait aussi dans les espaces entre les milieux marseillais pour offrir ses appuis dos au but à Pastore ou Moura qui pesaient eux aussi sur l’axe. Le Suédois a d’ailleurs rapidement pris le dessus dans les duels face à la défense centrale marseillaise, que ce soit dans les airs ou au sol.

Comme évoqué en introduction, les Parisiens ont rapidement concrétisé leur bonne entame de match en prenant l’avantage. Tout est parti d’une bonne relance de Verratti, qui a trouvé Lavezzi décroché entre Romao et Barton. L’Argentin a porté le ballon jusque dans la surface adverse, obligeant les deux lignes marseillaises à se replier. Après un premier passage dans la surface, les Parisiens ont pu ressortir le ballon avant de profiter d’un éclair de Lucas Moura, servi par Matuidi, pour effacer les milieux marseillais (Romao puis Barton) et ouvrir le score (avec un peu de réussite).

L'origine du but parisien : le but est ressorti de l'aile gauche en passant par Verratti-Pastore pour arriver jusqu'à Matuidi qui vient de servir Moura. Le Brésilien vient de faire la différence face à Romao. Barton sera ensuite trop court pour l'empêcher de tenter sa chance.

Après cette ouverture du score, les Parisiens ont laissé venir leurs adversaires pour mieux les contrer. Comme prévu, les Marseillais se sont appuyés sur les décrochages de Mathieu Valbuena pour prendre l’avantage au milieu de terrain. Le n°28 de l’OM est régulièrement redescendu à hauteur de Barton et Romao mais il a surtout donné le tempo sur les ailes, en combinant avec Kadir-Fanni et Ayew-Morel. Au lieu de rester dans l’axe comme elle a pu le faire dans d’autres matchs, la paire Matuidi-Verratti a cette fois fait le choix de suivre le meneur afin d’éviter les possibilités de décalage sur les ailes. A l’opposé de l’action, le milieu excentré parisien compensait le déplacement de ses axiaux sur la largeur en se recentrant dans l’axe. Il protégeait ainsi sa défense centrale, quitte à laisser des libertés à son adversaire direct.

Le positionnement du milieu parisien : Valbuena est en possession du ballon, Verratti est face à lui. Dans le couloir, Pastore et Maxwell ferment face à Fanni et Kadir. A l'opposé de l'action, Lucas Moura revient dans l'axe pour fermer la porte en cas de montée de Joey Barton. Le couloir gauche est du coup ouvert pour Morel.

Cette organisation de la première ligne parisienne, dont la hauteur sur le terrain dépendait de la position de Valbuena, a eu pour conséquence d’ouvrir le terrain aux milieux marseillais. Excepté quelques phases de jeu – comme Lavezzi entre Valbuena et Barton sur sur l’image ci-dessus -, les attaquants parisiens n’ont rien fait pour aider leurs milieux de terrain en phase défensive. L’OM en a profité en insistant sur son aile droite. Les attaques se développaient autour du trio Valbuena-Kadir-Fanni, qui bénéficiaient du soutien de Romao, capable de lancer les mouvements et d’offrir une solution en retrait si nécessaire. Dans le même temps, Barton montait aux avants-postes afin d’apporter une présence supplémentaire dans la surface de réparation (avec Gignac et Ayew).

Peu de temps après la demi-heure de jeu, Carlo Ancelotti a décidé d’échanger les positions de ces milieux de terrain pour positionner Matuidi côté gauche. Immédiatement, l’international français a apporté plus d’impact dans une zone où Verratti se contentait jusqu’ici de contenir les assauts adverses et de ne pas se faire éliminer. Pour les Parisiens, il était capital de gagner le défi physique. Car tous les mouvements offensifs que l’OM ne terminait pas (centre renvoyé perdu, perte de balle) pouvaient rapidement se transformer en contre-attaque… dans le dos de Fanni et grâce aux relais d’un Lavezzi en très grande forme et dominateur face à Nkoulou.

Le PSG a notamment profité des difficultés de Marseille à presser sa première relance pour réussir à alerter l’Argentin dans de bonnes conditions. Les montées de Barton ont mis à mal l’équilibre de l’OM au moment de la transition attaque-défense. L’Anglais était souvent battu dès la perte tandis que Romao, son partenaire dans l’entrejeu, était le premier joueur capable de venir en aide à ses défenseurs centraux. Souvent l’ancien Lorientais a dû revenir dans l’axe pour venir fermer la porte à un Lavezzi qui avait pris le dessus sur Nkoulou sur l’aile gauche. Au coeur du jeu, Pastore et les milieux parisiens en profitaient pour ensuite chercher leurs attaquants dans l’espace.

Un exemple de sortie de balle parisienne : trois Marseillais sont déjà éliminés au départ de l'action. Maxwell et Pastore ont pris le dessus dans un petit périmètre : l'un est prêt à prendre la profondeur, l'autre a un passe facile à faire vers Lavezzi. S'il est servi, l'Argentin pourra soit se retourner, soit écarter sur l'aile au cas où un adversaire arrive dans son dos. A noter aussi la liberté des deux milieux de terrain parisiens.

En deuxième mi-temps, l’OM s’est montré plus efficace pour gêner les sorties de balle adverses. Barton s’est moins livré et a complété le travail défensif de Romao. Les deux hommes ont travaillé sur la largeur du terrain, coulissant en fonction de la circulation de balle marseillaise afin de couvrir les montées de Fanni et Morel. A plusieurs reprises, Romao a pu profiter de la présence de son partenaire à ses côtés pour aller couper la route de Lavezzi, démarrant dans les couloirs. Schématiquement sur une phase de jeu où Lavezzi était trouvé derrière les latéraux marseillais… En première mi-temps : Nkoulou allait au duel et Romao compensait dans l’axe avec Lucas Mendes ; en deuxième mi-temps : Romao allait au duel, Barton compensait dans l’axe, la charnière centrale était mieux protégée.

La couverture de Barton et Romao.

Offensivement, l’OM a compensé le rôle plus défensif de Barton en libérant Ayew de son aile gauche. Deuxième attaquant aux côtés de Gignac lorsque l’OM développait ses actions côté droit en première mi-temps, le Ghanéen a ajouté ses mouvements à ceux de Valbuena dans la zone gardée par la paire Matuidi-Verratti. Au lieu de jouer sur le nombre dans la surface adverse comme en première mi-temps, les Marseillais ont cette fois ciblé les deux milieux parisiens, afin de les coincer entre Barton-Romao et Ayew-Valbuena. Sur les ailes, Fanni et Morel continuaient de se participer au jeu offensivement, tandis que Gignac travaillait désormais sur toute la largeur du terrain afin d’apporter des solutions en profondeur à ses axiaux. Seul Kadir, et Sougou à son entrée en jeu, est resté dans un rôle plus excentré.

Malheureusement pour les Phocéens, excepté sur deux occasions (Valbuena dans la profondeur pour Gignac excentré côté gauche, 54e – Valbuena centre côté droit pour Ayew, 75e), Marseille n’est pas parvenu à être dangereux autrement que sur des frappes à mi-distance (Gignac, 43e – Valbuena, 83e – Fanni, 86e). Les deux tentatives en fin de match ont coïncidé avec le recul du bloc parisien, forcé de limiter les espaces entre les lignes pour éviter d’être pris par le surnombre marseillais. Une fois de plus, c’est en faisant le dos rond que le PSG est sorti du match avec les 3 points de la victoire, une action menée par Ménez, appuyée par Beckham et conclue par Ibrahimovic lui permettant de faire le break dans les arrêts de jeu.

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3 réponses

  1. feniks 18 dit :

    Marseille équipe sans grand talent et très ennuyeuse a voir jouer face a un PSG moyen qui après son but a géré comme dab et joué en contre!

    Parti ennuyeuse a part lavezzi tjrs aussi généreux et agréable a voir jouer et ce dépenser

  2. lemou dit :

    Enfin un site pour reflechir au schema de jeu des équipes et de manière PEDAGOGIQUE
    Merci pour ce site continuez comme ça !!

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