Paris SG 2-0 Marseille, l’analyse tactique

Un OM avec un seul absent (Gignac) face à un PSG remanié et sans Ibrahimovic : le second choc de la saison entre les deux formations s’annonçait plutôt intéressant. Les Marseillais allaient notamment pouvoir juger de leur capacité à bousculer un collectif parisien privé de son facteur X. Mais il n’en a rien été, la faute à un fait de jeu limitant le suspense à la première demi-heure. Réduits à dix et menés, les Marseillais n’ont pu inverser la tendance et se sont inclinés logiquement, abandonnant ainsi Coupe de la Ligue après trois saisons d’invincibilité.

Avant l’expulsion :

Sans doute décidé à ne pas laisser le temps à son adversaire de prendre confiance, le PSG a débuté très fort la rencontre en se créant des situations intéressantes sur l’aile gauche. Remplaçant Verratti, Bodmer opérait à la relance aux côtés de Thiago Silva et Camara. Ce trio parisien devait composer avec la présence de Valbuena et Rémy, présents dans leur zone. Derrière les deux Marseillais, Cheyrou et Kaboré sortaient au pressing dès que leurs adversaires directs, Sissoko et Matuidi, étaient sollicités dos au but par les premiers passeurs parisiens. Résultat de cette neutralisation des débats dans l’axe, les Parisiens sont d’abord passés par les côtés, utilisant la qualité de passe de Thiago Silva et Bodmer pour alerter Jallet ou Maxwell dans le dos de Ayew et Amalfitano.

Dans le camp adverse, les latéraux parisiens bénéficiaient des soutiens de Pastore (à droite) et Ménez (à gauche) pour fixer les latéraux marseillais et lancer une combinaison grâce à l’apport de Sissoko et Matuidi, venus de l’arrière. Sur ces phases de jeu, l’action était ensuite portée jusque dans les 20 derniers mètres et se terminait la plupart du temps par une tentative de débordement (Ménez à gauche, Pastore à droite). Dans ces conditions, Hoarau n’intervenait que dans la surface de réparation marseillaise, faisant office de cible pour les centreurs parisiens. Le plus souvent, il était accompagné de l’attaquant qui n’avait pas participé à l’élaboration de l’action. Après dix minutes de jeu et deux alertes de ce type sur son flanc droit, Marseille a rectifié le tir. Ayew et Amalfitano ont mieux fermé les couloirs au milieu de terrain et, dans l’axe, Valbuena, Rémy, Kaboré et Cheyrou se sont faits plus pressants face à la relance parisienne.

Plus en difficulté, le PSG s’est mis à la recherche de solutions dans l’axe grâce aux décrochages de ses attaquants. A tour de rôle, Hoarau, Pastore et Ménez sont descendus demander des ballons entre les milieux marseillais (Kaboré-Cheyrou). Pour être efficace, l’attaquant décroché devait se défaire de la défense centrale marseillaise.  Ainsi, lorsque Hoarau décrochait par exemple, Pastore et Ménez restaient devant, fixant Nkoulou et Fanni. Sur les côtés, Jallet et Maxwell n’avaient dès lors plus de relais pour progresser dans le camp marseillais. A moins d’utiliser immédiatement la profondeur, les Parisiens étaient bien bloqués dans leur progression. Malheureusement pour l’OM, c’est à ce moment que sa défense a craqué sur l’un des premiers longs ballons adverses : Nkoulou mal positionné, Hoarau accroché, Fanni expulsé. 1-0.

Cette 27ème minute, les Marseillais la regretteront sans doute longtemps puisqu’ils commençaient à trouver des espaces dans le bloc parisien. Utilisant toujours leurs latéraux pour lancer les actions, les Phocéens bénéficiaient des sorties des milieux parisiens (Sissoko, Matuidi) sur ces derniers pour trouver des espaces dans l’axe. A tour de rôle, Cheyrou, Ayew et Valbuena en ont profité, notamment dans la zone gardée par Sissoko. Une fois réduits à 10, les Marseillais étaient condamnés à revoir leur plan de jeu. Elie Baup a fait le choix de la solution la plus simple, passant de son 4-2-3-1 habituel à un 4-4-1 laissant Rémy seul en pointe. Kaboré est redescendu en défense centrale, Amalfitano compensant dans l’entrejeu aux côtés de Cheyrou. La fermeture du couloir droit est revenue à Valbuena, devenu l’équivalent de Ayew côté gauche.

Après l’expulsion :

Sur la défensive, les Marseillais n’ont concédé que peu d’occasions dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps. Ils sont ensuite revenus sur la pelouse du Parc avec l’intention d’aller chercher l’égalisation. Côté gauche, Morel a repris le match dans un rôle très offensif par rapport à Abdallah, plus conservateur dans son couloir droit. Cheyrou jouait les rampes de lancement tandis que Valbuena et Ayew apportaient des solutions sur l’aile, en complément de Morel. Mais cette entame de seconde mi-temps à quitte ou double a finalement profité aux Parisiens. Sans adversaire direct pour le presser, Bodmer a facilement pu ressortir les ballons et trouver directement ses attaquants. Pastore a lui profité des espaces dans le premier rideau marseillais pour récupérer les ballons à la ligne médiane et orchestrer les contres. Le second but parisien est arrivé très rapidement de cette manière, Pastore lançant parfaitement Ménez en profondeur.

Menés 2-0, les Phocéens n’avaient plus grand chose à espérer de la rencontre si ce n’est régler leurs problèmes défensifs pour s’éviter une fin de match difficile. Depuis le début de la deuxième mi-temps, Bodmer et Pastore tiraient profit de leurs positions entre les lignes pour effacer facilement la paire Cheyrou-Amalfitano. Valbuena a du coup repris une position plus axiale, de manière à limiter l’impact de la relance de Bodmer sur le jeu parisien. Rémy s’est alors retrouvé sur le flanc gauche, sans doute à la recherche de coups de pied arrêtés à obtenir, seule solution pour approcher les cages de Douchez. Avec Ayew et Morel toujours actifs offensivement, l’OM a continué de pencher sur l’aile gauche, se retrouvant facilement en déséquilibre au moment de devoir couvrir l’autre côté. Le PSG en a profité, remontant plusieurs ballons par Rabiot (axial gauche à son entrée en jeu, 62e), pour ensuite chercher ses attaquants. Il a fallu attendre l’entrée en jeu d’Abdullah (72e) pour voir les Marseillais régler les problèmes posés par Pastore et les décrochages des Parisiens, le jeune Marseillais se positionnant devant sa défense pour les contenir.

Conclusion :

Paris avait démarré fort, Marseille avait su répondre. Le PSG avait profité des espaces dans les couloirs ; l’OM avait lui trouvé des intervalles dans le milieu à trois de son adversaire, ses milieux en profitant pour participer au jeu offensif (une nouveauté). Il est regrettable qu’un fait de jeu ait déséquilibré autant une rencontre qui partait plutôt bien : plus que le duel Fanni-Hoarau et la décision de M.Gautier, les Marseillais relèveront sans doute le positionnement hasardeux de Nkoulou, à l’origine de la réaction en chaîne entraînant le penalty et l’expulsion.

Florent TONIUTTI
(sur twitter : @flotoniutti)

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