Paris SG 2-0 Marseille, l’analyse tactique

Après avoir chuté face à l’OL, Marseille est aussi tombé sur la pelouse du Parc des Princes dimanche dernier face au PSG. Auteur d’une énorme entame de match, les Marseillais n’ont pas su concrétiser leur domination et l’ont payé avant la mi-temps, en encaissant l’ouverture du score. Ils ont ensuite payé les efforts accomplis jusqu’à l’heure de jeu, permettant à Paris de contrôler la dernière demi-heure de la partie.

Les compositions : 

Si aucun doute n’était permis concernant les choix tactiques des deux entraîneurs, quelques incertitudes subsistaient avant la rencontre concernant certains postes. Côté marseillais, la présence de Dja Djedje côté droit a permis à Marcelo Bielsa d’aligner Fanni en défense centrale aux côtés de Nkoulou. Dans l’entrejeu, Lemina remplaçait Romao suspendu tandis que Alessandrini remplaçait Ayew. L’ancien Rennais échangeait au passage son poste avec Thauvin, qui débutait la rencontre côté gauche.

Côté parisien, Ibrahimovic a fait comme prévu son retour pour ce match mais l’a démarré sur le banc de touche, laissant la pointe de l’attaque à Cavani. Lavezzi et Lucas Moura encadraient l’Uruguayen, qui était soutenu par Pastore et Matuidi dans l’entrejeu. Thiago Motta suspendu, Verratti récupérait le rôle de sentinelle devant la défense. Aurier profitait lui de l’absence de Van der Wiel pour démarrer la rencontre côté droit.

Pressing marseillais : 

Face à un PSG en 4-3-3, l’OM s’est évidemment présenté en 4-2-3-1 et a débuté la rencontre tambour battant. Comme prévu, les Marseillais n’ont pas hésité à aller chercher très haut la relance parisienne. Sur les relances de Sirigu, Gignac était en première ligne, au pressing sur David Luiz et Thiago Silva. Au milieu de terrain, Payet, Imbula et Lemina suivaient respectivement Verratti, Pastore et Matuidi. Sur les côtés, Alessandrini et Thauvin bloquaient les latéraux parisiens, laissant Dja Djedje et Mendy face à Lavezzi et Lucas Moura. Enfin, Fanni sortait de la défense lorsque Cavani décrochait, laissant Nkoulou en couverture.

A l’exception de Verratti, qui a souvent su se défaire de son adversaire direct pour orienter la relance, ce pressing marseillais a eu des conséquences sur les sorties de balle parisiennes. Sirigu a ainsi été rapidement forcé d’allonger ses relances, facilitant de fait la récupération de balle adverse. Sur le plan du jeu, l’intensité mise par les Marseillais a été pour beaucoup dans le rythme – agréable – de la rencontre. Le moindre retard permettait aux Parisiens de sortir le ballon en trouvant un espace… et tout duel gagné permettait de remettre rapidement le jeu dans le camp adverse, voire de créer le danger.

marquage-om

Les Marseillais vont presser les Parisiens très haut dans leur propre camp. Le marquage individuel entre les joueurs axiaux peut même positionner Fanni (face à Cavani) plus haut qu’Imbula (face à Pastore).

Un PSG trop attentiste ? 

L’activité marseillaise sitôt le ballon perdu tranchait d’ailleurs avec l’attitude des Parisiens lorsque leurs adversaires étaient en possession du ballon. Lorsque l’OM repartait de Mandanda ou de ses défenseurs (Nkoulou, Fanni), les hommes de Laurent Blanc laissaient Cavani seul en pointe en début de partie, positionnant ce qui ressemblait à une ligne de 5 milieux de terrain au niveau du rond central. Chargé de remonter les ballons de ses défenseurs, Imbula a bénéficié d’énormément d’espaces durant les premières minutes de jeu.

Cette liberté lui permettait de remonter les ballons jusqu’à la ligne médiane pour ensuite alimenter les créateurs qu’étaient Thauvin, Alessandrini et Payet. A l’instar d’Ayew, Thauvin n’hésitait pas à repiquer dans le coeur du jeu afin d’offrir une solution supplémentaire (en plus de Payet) dans les intervalles entre les trois milieux parisiens. Sur les ailes, les latéraux accompagnaient les offensives et étaient même appelés à les terminer (centres). L’objectif de l’OM était de trouver rapidement la profondeur par le surnombre, quitte à prendre le risque d’un déséquilibre, afin de mettre la défense parisienne en difficulté.

Il n’a d’ailleurs pas manqué grand chose aux Phocéens pour trouver la faille puisqu’ils se sont crées par moins de 6 situations intéressantes durant la première demi-heure : Gignac sur corner (poteau, 5e), Alessandrini sur un centre de Mendy (7e), Gignac de loin (9e), Dja Djédjé, Payet et Alessandrini à mi-distance (22e, 27e, 30e). Malheureusement pour eux, aucune de ces tentatives n’a trouvé le cadre ou réellement mis en danger Sirigu.

relance-facile-imbula

A l’inverse de l’OM, Paris laisse son adversaire ressortir le ballon assez facilement de ses 30 mètres. Ici, Imbula est libre d’orienter le jeu vers le côté gauche où attendent déjà 4 solutions.

Paris à la recherche des espaces : 

Etouffés au cours des premières minutes de jeu, les Parisiens sont entrés dans leur match petit à petit. Pour eux, l’objectif premier était de déjouer la pression marseillaise afin de remonter le ballon jusqu’au niveau de la ligne médiane. Arrivés dans cette zone, ils pouvaient en effet s’organiser de manière à faire courir la première ligne marseillaise (Gignac et Payet). Verratti, Thiago Silva et David Luiz évoluaient sur la même ligne la plupart du temps et l’équipe faisait tourner le ballon jusqu’à ce que l’un d’entre eux puisse dépasser Gignac et Payet. Cela créait automatiquement un décalage dans l’organisation marseillaise qu’il s’agissait ensuite de savoir exploiter.

Dans le camp marseillais, le jeu parisien se dirigeait automatiquement vers les côtés où Lucas et Lavezzi devaient faire face à des prises à deux dès lors qu’ils parvenaient à contrôler et conserver le ballon face à leurs adversaires directs : Mendy et Dja Djedje étaient alors aidés par le repli de Thauvin et Alessandrini. Conséquence, les latéraux parisiens devenaient des solutions en soutien pour que le PSG puisse conserver le ballon un peu plus longtemps.

psg-contourne-gignacpayet

En décrochant entre ses défenseurs centraux, Verratti complique la tâche de Payet et Gignac. Thiago Silva et David Luiz en profitent pour remonter les ballons et effectuer les relances (qu’elles soient longues vers les attaquants ou en profondeur, ou courtes). 

Paris plus haut, Marseille moins efficace : 

Il a fallu une vingtaine de minutes pour voir les débats s’équilibrer et une première séquence efficace de pressing parisien dans le camp marseillais. Dès lors que Pastore, Matuidi ou Verratti sortaient dans la moitié de terrain adverse pour soutenir Cavani, l’OM était beaucoup plus en difficulté pour tenir le ballon et mettre en place ses attaques sur les côtés. Et les récupérations hautes parisiennes aboutissaient aussi à des décalages et situations intéressantes, notamment côté droit avec Aurier, l’OM n’ayant pas le temps de remettre son système défensif en place lorsque le ballon revenait vite dans sa moitié de terrain.

L’ouverture du score par Lucas Moura est venu concrétiser le réveil du PSG dans ce match. Tout est parti d’une montée de Thiago Silva, décalé par rapport à Gignac et Payet, dont l’ouverture a ensuite trouvé Lavezzi côté gauche. Face à Dja Djedje, l’Argentin a bénéficié de la solution offerte par Cavani pour lâcher son ballon avant qu’Alessandrini n’ait le temps de revenir sur lui. Au duel avec Fanni, l’Uruguayen lui a rendu la balle et son centre a trouvé Lucas, qui a devancé un Mendy trop attentiste au second poteau (1-0, 38e).

paris-presence-camp-adverse

Dès que les milieux parisiens sortent sur leurs homologues, les Marseillais ont beaucoup plus de difficultés pour remettre le jeu dans le camp adverse. Deux conséquences à cela : moins de danger pour la défense et surtout moins de pression sur la relance parisienne.

Deuxième mi-temps : 

Le Parc des Princes ne le savait peut-être pas encore mais ses favoris avaient sans doute fait le plus dur à ce moment-là. Malgré quelques opportunités en début de deuxième mi-temps, l’OM n’a jamais pu remettre dans le match l’intensité vue au cours des 20 premières minutes de jeu. Résultat, le temps jouait en faveur des Parisiens qui ont de plus en plus pris le dessus dans les duels en s’appuyant sur leurs techniciens (Verratti, Pastore, Lucas Moura) et la puissance d’Aurier, qui a dominé Thauvin dans son couloir.

L’expulsion d’Imbula dans le dernier quart d’heure a mis définitivement fin au suspense en plus d’ouvrir plus d’espaces aux Parisiens. Entré en jeu quelques minutes plus tôt, Ibrahimovic a ainsi profité d’un de ses décrochages au milieu de terrain pour lancer l’action du 2-0 en décalant Aurier sur l’aile droite. Cavani s’est chargé de le reprendre dans la surface marseillaise afin de clôturer la marque à 5 minutes de la fin du temps règlementaire (2-0, 85e).

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Vivement le match retour avec un arbitrage plus neutre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *