Paris SG 1-0 Lyon, l’analyse tactique

Dimanche soir, le PSG a repris les commandes de la L1 à la faveur d’une victoire sur son nouveau dauphin lyonnais. Venu au Parc avec un 3-5-2 qui a étonné, les hommes de Rémi Garde ont profité de l’effet de surprise pour poser de nouveaux problèmes au 4-4-2 parisien. Mais les joueurs de la capitale ont rapidement trouvé la parade avant d’assommer leurs adversaires par un but juste avant la mi-temps.

Le système lyonnais :

Des observateurs en tribunes jusqu’aux Parisiens installés sur le banc, personne n’avait vu venir le 3-5-2 mis en place par l’entraîneur lyonnais. Un schéma de jeu inédit qui a permis de résoudre quelques-uns des problèmes posés par le 4-4-2 du PSG (lire : Le 4-4-2 parisien et la L1). Sur le plan des marquages, il mettait Réveillère et Bastos dans les zones de Lavezzi et Pastore ; Malbranque et Fofana face à Matuidi et Thiago Motta ; Lisandro et Gomis face à Thiago Silva et Sakho. En couverture, l’OL s’appuyait sur un quatuor (Bisevac, Lovren, Umtiti, Gonalons) pour gérer les déplacements de Ibrahimovic et Ménez.

Lorsque le bloc lyonnais évoluait haut, les trois défenseurs couvraient toute la largeur du terrain, ce qui permettait de permettre aux latéraux de serrer le marquage sur Lavezzi et Pastore. Gonalons devait lui faire le ménage devant sa défense, en suivant les attaquants parisiens en cas de décrochage. Cette assise défensive a permis à l’OL d’évoluer assez haut pour perturber la relance parisienne, qui pour rappel s’organise autour du quatuor formé par les défenseurs centraux et les milieux axiaux. Malbranque, Fofana, Lisandro et Gomis ont joué sur cette égalité numérique pour forcer la relance parisienne à passer par les côtés et les latéraux, seuls joueurs laissés libres par l’organisation lyonnaise dans le camp adverse. Problème, ces derniers n’étaient pas en mesure de trouver les relais de Pastore et Lavezzi, ces derniers étant serrés par les latéraux lyonnais (voir ci-dessous).

Une seule solution s’offrait alors à eux : allonger pour rechercher Ménez, qui proposait des solutions dans le dos des latéraux et des défenseurs lyonnais. Mais en plus du comportement de la défense à trois de l’OL en couverture, le reste du bloc se repliait très bien. En phase défensive, Malbranque et Fofana venaient aider leurs latéraux dans les couloirs, face aux paires ailier-latéral parisiennes. Gomis et Lisandro restaient eux dans l’axe, évoluant entre les lignes Motta-Matuidi et Silva-Sakho afin de gêner la circulation de balle et les renversements de jeu.

Au-delà de son aspect défensif, le 3-5-2 lyonnais s’est aussi montré très efficace pour ressortir les ballons et éviter la pression de la paire Motta-Matuidi, très efficace à Valenciennes. De par sa position devant la défense, Gonalons n’avait aucun adversaire direct pour gêner sa relance. En fin de mouvement, Ibrahimovic, Ménez, Pastore et Lavezzi étaient généralement dans la surface de réparation ou sur les côtés tandis que les deux milieux parisiens, toujours en couverture, restaient à une trentaine de mètres des buts adverses.

Au sortir des 18 mètres, Gonalons était donc complètement seul. Motta et Matuidi ne pouvaient pas se permettre de sortir trop haut car l’OL conservait des joueurs entre le n°21 et leur zone. Ci-dessous un exemple avec une offensive menée par la paire Jallet-Pastore sur le côté droit. Comme évoqué précédemment, Bastos reçoit le soutien de Fofana, le milieu axial le plus proche. Dans l’axe, les défenseurs lyonnais sont au marquage : Bisevac sur Ibrahimovic, Reveillère sur Lavezzi, Umtiti sur Ménez, Lovren se chargeant d’apporter le surnombre dans la surface.

Devant la défense, alors que le ballon est sur le point d’être récupéré, Gonalons n’a aucun adversaire direct dans sa zone (en jaune). Les positionnements de Lisandro et Malbranque, entre lui et la paire Motta-Matuidi, empêchent ces derniers de sortir sur le premier relanceur lyonnais. Sur cette phase de jeu, il est ensuite parvenu à trouver Gomis, revenu de sa position d’attaquant de pointe. Malgré la pression, l’attaquant lyonnais a su renverser le jeu vers le flanc droit, permettant au bloc lyonnais de remonter sa moitié de terrain pour s’installer aux abords de la ligne médiane.

Dans le camp parisien, l’OL s’appuyait énormément sur les déplacements de Lisandro pour poser des problèmes au premier rideau défensif parisien. Gomis occupant la charnière centrale, les décrochages dans l’axe de l’Argentin créait un surnombre en faveur des Lyonnais. Plusieurs fois, il s’est retrouvé disponible entre les milieux parisiens, ces derniers étant au naturellement marquage de Malbranque et Fofana. En couverture, Gonalons profitait aussi d’une certaine liberté, offerte par Ménez et Ibrahimovic, pour offrir un soutien à ses créateurs et multiplier les temps de jeu.

Au-delà des relances au sol via Gonalons et les latéraux, l’OL a aussi su allonger et jouer plus directement. En cas de long ballon (via Vercoutre notamment), les quatre axiaux les plus avancés de l’OL (Lisandro, Fofana, Gomis et Malbranque) évoluaient très proches les uns des autres de manière à être présents à la retombée (Gomis au duel) et sur les seconds ballons, face à leurs adversaires directs (Thiago Silva, Sakho, Thiago Motta, Matuidi). Sur la phase de jeu aboutissant à la reprise sur le poteau de Lisandro (27e), Fofana a hérité du ballon de cette façon, après un bon travail de ses partenaires, et Lisandro a pris l’espace laissé libre par Jallet, en retard dans son repli défensif.

Les réponses parisiennes :

Au lieu d’être venu à Paris pour défendre sa première place, l’OL s’est présenté comme une équipe capable de priver le PSG de munitions grâce à sa maîtrise du milieu de terrain. Après 8 minutes de jeu, la possession de balle était éloquente : 68/32 en faveur des visiteurs. Mais les locaux ont su trouver les réponses pour revenir dans le match, réussissant même à rééquilibrer cette statistique en quelques minutes de jeu. Ménez et Ibrahimovic se sont notamment rendus plus disponibles dans l’entrejeu, et dans les zones jusqu’ici bien bloquées par le repli défensif lyonnais.

Dans un premier temps, le public du Parc a ainsi pu voir ses attaquants dézoner sur les côtés afin d’offrir une solution supplémentaire – à celles proposées par Lavezzi ou Pastore – à leurs latéraux chargés de la relance. L’objectif pour les Parisiens était d’atteindre cette zone avant que Malbranque et Fofana n’aient le temps de se replier pour venir soutenir leurs latéraux. Pour rappel, lorsque Paris relançait, ces derniers étaient au marquage de Matuidi et Thiago Motta ; ils se repliaient sur les côtés une fois le ballon dans leur camp.

En atteignant rapidement les couloirs, Paris pouvait profiter des surnombres crées par Ibrahimovic ou Ménez. Les deux attaquants parisiens excentrés (ex : Ménez-Lavezzi côté gauche) combinaient alors en une ou deux touches pour prendre le dessus sur un latéral lyonnais esseulé -son milieu étant éliminé par la première passe- et créer le décalage. Plusieurs mouvements de ce genre ont mis à mal l’équilibre lyonnais, forçant l’OL à reculer. Cela a naturellement offert plus de libertés aux Parisiens à la relance et dans l’entrejeu (Thiago Motta, Matuidi mais aussi Ménez ou Ibrahimovic).

Défensivement, les Parisiens se sont aussi adaptés afin de réduire la maîtrise technique lyonnaise au milieu de terrain. Lavezzi -surtout- et Pastore ont profité de l’absence de véritables ailiers côté lyonnais pour abandonner la surveillance des couloirs à leurs latéraux -opposés à Bastos et Réveillère- pour revenir dans l’axe et soutenir leurs milieux de terrain. A plusieurs reprises, Lavezzi et même Ménez sont ainsi revenus chiper des ballons dans les pieds lyonnais pour repartir ensuite de l’avant, profitant notamment des espaces dans le dos des latéraux adverses, rapidement effacés en cas d’attaque rapide.

Dans le camp adverse, les Parisiens ont aussi profité de leur surnombre sur les côtés pour y mettre la pression. Derrière Pastore et Lavezzi, Maxwell et Jallet n’hésitaient pas à aller chercher très haut leurs homologues ; les deux hommes pouvaient sortir à loisir puisque ni Lisandro ni Gomis n’étaient et ne sont connus pour leurs capacités à prendre les espaces sur les ailes. Dans l’axe, en plus de la plus grande cohésion apportée par le travail défensif des attaquants, les Parisiens ont adapté leur couverture aux situations (voir ci-dessous) : Matuidi a parfois joué plus haut afin de contenir Gonalons tandis que Thiago Motta jouait plus proche de ses défenseurs afin de surveiller les déplacements de Malbranque et Fofana tout en permettant les sorties de Thiago Silva ou Sakho en cas de décrochage de Lisandro ou Gomis.

Finalement, l’ouverture du score parisienne est venue d’une attaque rapide en réponse à un premier contre lyonnais, emmené par Bastos. Après le duel remporté par Thiago Silva face à Lisandro, le PSG a rapidement contré sur le côté laissé ouvert par la montée du Brésilien. En une passe, Thiago Motta a éliminé le milieu lyonnais -bizarrement positionné- et Umtiti, sorti pour compenser l’absence de Bastos. Ibrahimovic a ensuite fait la différence face à Lovren (décalage dans la défense) avant de bénéficier de la malheureuse déviation de Bisevac pour voir son ballon atterrir sur la tête d’un Matuidi qui a traversé le camp lyonnais sans être suivi.

Deuxième mi-temps :

Sans doute sonnés par le but de Matuidi, les Lyonnais n’ont pas réussi à se relancer au retour des vestiaires. Dans le jeu, ils devaient de toute façon composer avec des Parisiens très bien en place dans leur moitié de terrain. Si Gonalons bénéficiait de plus d’espaces, l’axe était complètement bouché par un premier rideau (Pastore, Thiago Motta, Matuidi, Lavezzi). Bien resserré sur l’axe, ce dernier limitait limiter les espaces dans la profondeur pour Malbranque, Fofana ou Lisandro, qui a continué de décrocher après le repos.

L’OL s’en est alors remis aux montées de Bastos ou Réveillère sur les côtés, Gonalons servant d’intermédiaire pour renverser le jeu en cas de nécessité. Malheureusement, les latéraux lyonnais ne bénéficiaient que trop rarement du soutien de leurs axiaux (Malbranque parfois à droite) et leurs montées se sont pour la plupart terminées par des centres en profondeur faciles à renvoyer pour la défense parisienne. Plus ennuyeux, les joueurs de la capitale ont alors bénéficié de plus d’espaces pour opérer en contre-attaque : Pastore -surtout- et Lavezzi profitaient en effet des montées de ceux qui les suivaient de près en première mi-temps (Réveillère et Bastos) pour lancer les contres parisiens.

Dans le cas d’une construction plus lente, les deux Argentins ont aussi pesé sur la deuxième mi-temps en se rapprochant de leurs milieux de terrain. La fatigue gagnant les rangs lyonnais, la relance parisienne s’est simplifiée au fil des minutes : Pastore se joignait alors à la circulation de balle dans l’entrejeu, participant aux mouvements d’un couloir à l’autre et laissant le flanc droit à Jallet. Au final, passé une entame de match où l’OL a pu jouer sur l’effet de surprise, le 4-4-2 du PSG peut estimer avoir franchi avec succès son premier gros test en Ligue 1.

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1 réponse

  1. the teacha dit :

    N’est pas la juve qui veut Mr Garde….

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