Paris SG 1-0 Montpellier, l’analyse tactique

A défaut de faire le plein de confiance avant son quart de finale de Ligue des Champions, le PSG a assuré l’essentiel : repousser la concurrence à 8 longueurs en attendant le reste de la 30e journée de championnat. Bousculés en début de partie, les Parisiens ont mis ensuite l’intensité et le mouvement nécessaire pour faire reculer Montpellier. Ils ont toutefois dû attendre une erreur héraultaise pour pouvoir concrétiser leur maîtrise au tableau d’affichage.

Même si le match face à Barcelone est en approche, Carlo Ancelotti a fait le choix de jouer ce match avec la meilleure équipe du moment. Sans doute fatigués de leur semaine internationale, Jallet et Lavezzi étaient les seuls titulaires habituels à ne pas être sur la pelouse au coup d’envoi. Les deux hommes étaient remplacés poste pour poste par Van der Wiel et Ménez (Sirigu – Van der Wiel, Alex, Thiago Silva, Maxwell – Chantôme, Verratti, Matuidi, Pastore – Ibrahimovic, Ménez). Côté montpelliérain, René Girard a fait le choix assez ambitieux d’associer Belhanda et Cabella dans l’axe. Autour de ce duo, les Héraultais se présentaient avec une formation-type en 4-2-3-1 avec Cabella en soutien de Charbonnier devant (Jourdren – Congré, Hilton, El-Kaoutari, Bedimo – Belhanda, Stambouli – Camara, Cabella, Utaka – Charbonnier).

Matuidi-Verratti entre deux :

Il n’y a pas eu de round d’observation dans ce match, le PSG est rentré fort dans la partie et s’est crée sa première occasion de but dans la première minute de jeu : servi par un Maxwell qui a pris à défaut ses adversaires en repiquant à l’intérieur du terrain, Chantôme s’est retrouvé seul face à Jourdren mais a manqué le cadre. Réveillés par cette première alerte, les Héraultais ont rapidement réagi et ont même pris l’ascendant dans le premier quart d’heure. En cause, une première ligne parisienne (Ibrahimovic-Ménez) qui se positionnait mal en phase défensive et qui facilitait ainsi les transmissions entre défenseurs (Hilton/El-Kaoutari) et milieux héraultais (Belhanda/Stambouli).

Concernés par les montées de Bedimo et Congré, Chantôme et Pastore n’avaient pas vocation à venir en aide à leurs milieux de terrain, Matuidi et Verratti. Ces derniers se retrouvaient alors pris par le surnombre montpelliérain et la présence de Cabella dans leur dos. Leurs choix : sortir au pressing sur les milieux montpelliérains ou rester en retrait pour suivre les courses de Cabella. Or le mauvais positionnement des attaquants parisiens en début de partie leur rendait le pressing difficile. Belhanda avait à la fois le temps de les voir arriver et l’espace nécessaire pour servir Cabella entre les lignes parisiennes.  Thiago Silva et Alex devait alors gérer les mouvements de ce dernier, ce qui resserrait naturellement la défense et ouvrait les couloirs aux Héraultais (Camara-Congré à droite, Utaka-Bedimo à gauche).

Les milieux parisiens, pris entre Belhanda et Cabella.

Stambouli casse les contres :

Maître du ballon, Montpellier a réussi à approcher la surface de Sirigu mais n’a pas su créer le danger sur ses tentatives (lointaines ou centres). Toutefois, les Héraultais ont réussi ce que peu d’équipes sont parvenues à faire jusqu’ici, à savoir éteindre les contres parisiens. Restant en couverture au milieu de terrain, Stambouli s’est montré très efficace pour couper les trajectoires et les remontées de balle, de Pastore ou Matuidi notamment. En interceptant ces relais, il protégeait sa défense et forçait le PSG à sauter des relais -en jouant long ou dans les airs- pour pouvoir contre-attaquer. Une situation qui ne favorisait pas le développement d’attaques rapides et au sol, soit les phases de jeu favorites des Parisiens.

Efficace lorsque le PSG sortait le ballon de ses 30 derniers mètres, Stambouli n’était en revanche d’aucune utilité sur les ballons récupérés par les milieux parisiens, face à la construction adverse. Si la transition montpelliéraine (Bedimo-Belhanda-Stambouli-Congré) ne parvenait pas à franchir le premier rideau (Chantôme-Verratti-Matuidi-Pastore), ce dernier était en mesure de partir en contre-attaque. On a ainsi vu Chantôme lancer un mouvement après un duel remporté face à Bedimo (12e). Côté opposé, le trio Matuidi-Pastore-Maxwell a aussi su enfermer la construction montpelliéraine ; dans ce cas, il fallait que Belhanda fasse l’effort pou venir couper dans le dos de Stambouli, battu sur la relance, afin d’éviter que le PSG ne puisse développer sa contre-attaque.

Paris agressif :

Etant dangereux dans ces conditions, le PSG a décidé d’aller chercher Montpellier beaucoup plus haut. Verratti et Matuidi n’ont plus hésité à sortir pour aller mettre la pression sur les milieux de terrain montpelliérain. Plus agressif dans cet exercice, Verratti est allé perturber la relance montpelliéraine en se jetant dans les pieds de Stambouli et Belhanda. A sa droite, il était bien complété par Chantôme, toujours aussi agressif sur son adversaire direct (Bedimo). Matuidi a lui plus travaillé en retrait pour compléter le travail de Pastore, plus dans le repli que dans le pressing dans son couloir gauche. En allant chercher la transition montpelliéraine, les Parisiens ont mis la main sur les débats, les rares percées de Cabella se soldant la plupart du temps sur une mésentente avec Charbonnier.

Désormais maîtres du ballon, les Parisiens ont aussi mis en place un circuit de passes leur permettant de ressortir correctement les ballons côté gauche. Défensivement, côté montpelliérain, Charbonnier et Cabella étaient en pointe du pressing : le premier alternait entre Alex et Thiago Silva quand le second se focalisait sur Verratti. Suite logique de cette présentation, le PSG a privilégié la solution Matuidi pour ressortir les ballons et lancer les attaques placées. Si ce n’était pas lui, Thiago Silva pouvait attaquer sa zone et réaliser la première passe vers l’avant. Pour offrir des solutions à ces deux rampes de lancement, Maxwell montait occuper l’aile gauche pour permettre à Pastore de repiquer dans l’axe dans le dos de Belhanda. A ces deux solutions s’ajoutaient les décrochages d’Ibrahimovic qui laissait Ménez seul à la pointe de l’attaque pour prendre la profondeur.

La transition parisienne : Matuidi, Verratti, Thiago Silva et Alex sont les premiers passeurs. Maxwell et Van der Wiel en profitent pour occuper les couloirs, ce qui permet à Chantôme et Pastore de rentrer dans l'axe pour offrir des relais à hauteur des milieux adverses. Ibrahimovic peut aussi s'ajouter à ces déplacements.

Animation capitale :

Conséquence de cette montée en puissance des Parisiens dans le jeu, René Girard a demandé à Belhanda de sortir au pressing sur Matuidi afin de l’empêcher de réaliser la première relance. Thiago Silva était toutefois toujours libre de prendre le relais de son coéquipier ; l’international marocain ne pouvait pas prendre le risque d’être pris dans son dos et de laisser des espaces à Pastore ou Ibrahimovic. Avec Stambouli à ses côtés, ils ont reculé le PSG a continué à mettre en place ses circuits. Côté droit, Van der Wiel est montré à son tour pour occuper afin d’occuper l’aile, permettant à Chantôme de repiquer dans l’axe pour suppléer Verratti (pour la relance, en cas de présence de Cabella dans sa zone) ou offrir des solutions à hauteur à Pastore et Ibrahimovic, entre les lignes héraultaises.

Malgré sa maîtrise, le PSG a manqué de lucidité et de présence dans les 30 derniers mètres. Ses plus grosses occasions sont venues de coups de pied arrêtés (Thiago Silva et Alex). Au retour des vestiaires, Montpellier est revenu avec un système adaptée aux offensives parisiennes. Côté droit, Camara a abandonné le marquage de Maxwell afin d’occuper la zone d’où partaient les actions en première mi-temps (via Matuidi et Thiago Silva). Paris a alors changé de côté préférentiel et utilisé Chantôme pour remonter les ballons jusque dans le camp montpelliérain. Positionnées plus bas qu’en première mi-temps, les deux lignes de quatre montpelliéraines tenaient le choc sans donner l’impression de souffrir outre-mesure. Et Cabella se révélait être un poison pour le jeu parisien, son repli défensif perturbant la bonne tenue du ballon par ses adversaires.

Le positionnement de Camara devant Matuidi permet à Montpellier de mieux contrôler la relance parisienne et de protéger la paire Belhanda-Stambouli au milieu de terrain. En conséquence, Chantôme et Pastore seront obligés de décrocher pour se rendre disponibles ou mettre eux-mêmes le PSG dans le sens du jeu.

Coaching :

Le remplacement de Cabella par Martin à l’heure de jeu (61e) a mis fin à la dernière période dangereuse des Héraultais. Paris avait toujours le ballon mais Montpellier tenait désormais tranquillement le choc défensivement. Mieux placés, les attaquants montpelliérains ralentissaient les sorties de balle parisiennes et obligeaient Pastore et Ibrahimovic à décrocher au milieu de terrain. Seul le côté droit semblait plus fort grâce au trio Chantôme-Van der Wiel-Ibrahimovic, efficace dans la transition milieu-attaque. Le positionnement de Utaka, plus bas que Camara en deuxième mi-temps, ouvrait naturellement plus de champ au milieu parisien dans cette partie du terrain. Le quadruple changement de la 72e minute a mis fin à ce circuit : Beckham et Gameiro sont entrés à la place de Chantôme et Verratti côté parisien, tandis que Dabo et Herrera ont remplacé Stambouli et Charbonnier côté montpelliérain.

Du poste pour poste côté héraultais et une réorganisation tactique pour les joueurs de Carlo Ancelotti : Gameiro a pris la pointe de l’attaque, Ménez a glissé à droite et Beckham a pris la place de Verratti. Conséquence ? Paris a perdu le milieu droit qui, par ses décrochages, lui permettait de remonter les ballons et de lancer les attaques placées. Le côté gauche étant toujours bloqué par Camara, le PSG semblait sans ressource face à des Montpelliérains de plus en plus proches du match nul. Preuve des soucis causés par la sortie de Chantôme, Pastore a dû quitter sa zone côté gauche pour aller effectuer le même travail à la droite du milieu parisien.

Finalement, c’est un détail qui a fait basculer la rencontre : une mauvaise relance de Hilton qui a atterri sur Beckham. La reprise en première intention de l’Anglais a remis le défenseur brésilien en difficulté, le poussant à nouveau à la faute avec une nouvelle remise sur Ménez. Alors qu’ils étaient mieux en place défensivement, les Montpelliérains ont craqué sur une relance manquée et un ballon récupéré par un milieu parisien. Rageant pour eux, qui semblaient réellement tenir le point du nul à l’entrée du dernier quart d’heure. Pour les Parisiens, l’intensité mise au milieu de terrain et l’animation offensive sont encourageantes pour le reste de la saison.

Vous aimerez aussi...

4 réponses

  1. Benjamin dit :

    Bonne analyse, mais pourquoi GAMEIRO n’avait-il pas été privélégié pour remplacer LAVEZZI au lieu de mettre MENEZ dont le profil me semble un petit peu – proche que celui d’un attaquant par rapport à GAMEIRO ?

  2. Baresi dit :

    Les sorties de Cabella et Chantome étaient donc des erreurs de coaching?

  3. tahar kara dit :

    Bonne analyse

  4. CBM dit :

    Salut, super analyse, juste un conseil c’est de mettre les noms des joueurs sur les images pour qu’on s’y retrouve mieux, merci !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *