Paris SG 1-0 Lille, l’analyse tactique

Sans solution face à des Lillois bien en place après un début de match compliqué, le PSG a dû s’en remettre à un coup du sort et une erreur de transmission de son adversaire pour se tirer de cette affiche avec les trois points de la victoire. Retour sur un affrontement tactique qui aurait pu suivre les scénarios de Saint-Etienne ou Rennes.

Suspendu face à Bordeaux, Thiago Motta faisait son retour dans le onze de départ parisien. Sans surprise, il retrouvait son poste au milieu de terrain aux côtés de Matuidi et derrière le quatuor offensif qui était déjà du rendez-vous de la semaine dernière. Derrière, Armand était associé à Sakho en défense centrale pour pallier aux nombreuses absences. Excepté cette dernière, c’était un Paris au grand complet qui s’avançait sur sa pelouse du Parc des Princes (Sirigu – Jallet, Armand, Sakho, Maxwell – Motta, Matuidi – Moura, Lavezzi, Ménez, Ibrahimovic). Côté lillois, Rudi Garcia devait composer avec l’absence de Mavuba ; le capitaine lillois a été supplée par Gueye qui a pris place devant la défense, encadré par Balmont et Martin dans l’entrejeu. Devant, Rodelin faisait partie du trio d’attaque aux côtés de Roux et Payet (Elana – Sidibé, Basa, Chedjou, Digne – Gueye, Balmont, Martin – Rodelin, Payet, Roux).

Les raisons de la domination parisienne :

4-4-2 contre 4-1-4-1, une opposition qui allait forcément offrir une grosse bataille dans l’entrejeu, entre les paires lilloise et parisienne (Balmont-Martin vs Motta-Matuidi). Entre les lignes, Gueye était là pour suivre les décrochages de Ménez ou Ibrahimovic. Si ces derniers restaient entre les deux lignes du 4-1-4-1 lillois, ils étaient serrées par Basa ou Chedjou. En revanche, s’ils revenaient à hauteur de leurs milieux de terrain, Gueye les suivaient afin de les empêcher de créer le surnombre dans la zone de Balmont et Martin.

Sur les côtés, même topo : Lavezzi et Moura étaient serrés de près par Sidibé et Digne lorsqu’ils étaient servis assez haut sur le terrain ; les latéraux lillois les empêchaient de se retourner. En revanche ils gagnaient en liberté dès lorsqu’ils touchaient des ballons à hauteur de Motta et Matuidi. Derniers duels très importants : Rodelin et Payet se repliaient en fonction des montées de Jallet et Maxwell, avec pour objectif de ne jamais les laisser partir dans leur dos. Si ces derniers se retrouvaient en position d’ailiers, les deux excentrés lillois redescendaient à hauteur de leur défense, allant jusqu’à former une ligne de six joueurs en cas de montées simultanées des latéraux parisiens.

Les premières minutes de la partie ont laissé entrevoir une petite envie lilloise d’aller perturber la paire Motta-Matuidi dans l’entrejeu. Mais il a suffit d’une action, entre Jallet et Matuidi autour de Martin, pour permettre au Parisien de déposer son adversaire direct pour porter le danger dans la zone de Gueye. Lille a pu s’en sortir mais a retenu la leçon. Sur cette phase de jeu, les deux Parisiens ont profité du positionnement de Payet, toujours entre Jallet et le but d’Elana, pour faire du latéral une rampe de lancement pour Matuidi vers l’intérieur du terrain.

Echaudés par cette alerte, les Nordistes ont commencé à céder du terrain aux Parisiens aux abords de la ligne médiane. Motta et Matuidi ont pu mettre en place les circuits de passes habituels, orientant le jeu d’un couloir à l’autre pour trouver Lavezzi et Moura. Les deux accélérateurs de jeu parisiens ont été assez en vue en début de partie en raison de la liberté dont ils bénéficiaient au milieu de terrain. Pressés par Digne et Sidibé en cas de transmission verticale (venues de Maxwell ou Jallet), ils bénéficiaient de plus d’espaces sur les services venus de l’axe, via la paire Motta-Matuidi. Récupérant alors le ballon dans les zones de Payet et Rodelin, ils allaient provoquer leurs vis-à-vis pour tenter de pénétrer vers l’intérieur du terrain où les attendaient ensuite les milieux lillois (Balmont d’un côté, Martin de l’autre).

La couverture forcée de ces derniers les obligeait à lâcher le marquage de la paire Motta-Matuidi qui pouvaient ensuite avancer dans le camp lillois, soit pour trouver une solution dans la profondeur (Ibrahimovic, Ménez), soit pour renverser le jeu côté opposé (percussion de Lavezzi, transversale vers Jallet). A plusieurs reprises, les Parisiens ont ainsi tenté d’alerter leur latéral droit en profitant des quelques oublis de Payet, restés trop haut et oubliant son adversaire direct dans le couloir. Heureusement pour le LOSC, Basa et Chedjou ont renvoyé les quelques tentatives du latéral parisien. Mais ils ne pouvaient toutefois rien faire pour limiter la domination du PSG au milieu de terrain durant la première demi-heure. Une maîtrise qui a forcé les Lillois à défendre en 6-3-1 sur certaines phases de jeu.

Le 6-3-1 lillois et ses raisons au plus fort de la domination parisienne - Les positionnements d'ailiers de Jallet et Maxwell, qui entraînaient les replis de Payet et Rodelin ; la liberté accordée à Lavezzi et Moura lorsqu'ils revenaient travailler avec Motta-Matuidi, Balmont et Martin récupérant les marquages laissés par Sidibé et Digne. Ces derniers permettent d'éviter le deux-contre-deux derrière face à Ibrahimovic et Ménez.

Payet fait sortir le LOSC :

En plus de cette domination territoriale sans partage, ou presque, les Parisiens ont débuté la partie avec l’envie d’aller mettre la pression sur les relanceurs lillois. A défaut de presser, comme d’habitude, Ibrahimovic et Ménez étaient accompagnés par l’un des milieux axiaux (Motta ou Matuidi), qui sortait du premier rideau parisien afin d’aller occuper l’axe, entre ses deux attaquants. Le second milieu restait lui en couverture, aux côtés de Lavezzi et Moura qui se repliaient dans leur camp afin de couvrir les latéraux lillois, toujours présents dans le camp adverse sur ces phases de jeu.

En réponse à ce pressing parisien, les Lillois ont répondu de fort belle manière grâce aux courses vers l’intérieur du terrain de Payet. En couverture de Jallet en phase défensive (la plupart du temps), l’ancien Stéphanois repiquait dans l’axe dès que possible afin d’offrir des solutions dans le dos de la paire Motta-Matuidi. Plus vif que Martin, qui s’était essayé à ce poste dans un 4-4-1-1 éphémère en début de première mi-temps, Payet a percé à plusieurs reprises l’axe du milieu parisien, se muant en véritable meneur à l’entrée des 30 derniers mètres. Dans cette zone, il recevait ensuite les soutiens de Martin et Balmont, créant un surnombre dans l’axe en faveur des Lillois, forçant le repli du bloc parisien.

Défensivement, les Lillois ont aussi modifié leur approche au coeur de la première mi-temps. En phase défensive, Roux s’est rapproché du reste du bloc-équipe afin de soutenir ses milieux de terrain. De leurs positions excentrées, Payet et Rodelin se repliaient désormais afin d’empêcher les passes de Jallet ou Maxwell vers l’intérieur du terrain. Cela obligeait alors ces derniers à chercher Lavezzi et Moura dans leurs couloirs, soit des zones où ils se retrouvaient généralement dos au but et sous la pression de Digne et Sidibé.

Les deux latéraux lillois ont ainsi été plus entreprenants au pressing, n’hésitant pas à suivre leurs adversaires lorsque ces derniers décrochaient au milieu de terrain afin de les empêcher de se retourner. Peu avant la mi-temps, Digne est ainsi sorti jusqu’au niveau de la ligne médiane afin de suivre Moura, alors en possession du ballon. Au retour des vestiaires, le quadrillage du terrain lillois a gagné en efficacité : les Nordistes ont tenu plus haut dans l’entrejeu, subissant moins les possessions adverses et obligeant les Parisiens à jouer plus long à destination de leurs attaquants. Ils recherchaient notamment Ménez ou Ibrahimovic dans le dos des latéraux lillois sortis au pressing sur leurs adversaires directs (ex : dans le dos de Digne au marquage de Moura).

Pour le PSG, la solution est venue avec l’entrée en jeu de Pastore qui, au lieu de rester côté gauche comme Lavezzi (voir ci-dessus), se positionnait au coeur du milieu de terrain lillois afin d’offrir des relais à Matuidi et Motta tout en conservant deux solutions devant (Lavezzi et Ibrahimovic en l’occurrence, Ménez étant passé à droite à l’entrée de l’Argentin). C’est dans cette position qu’il a trouvé Lavezzi sur l’aile droite, dans le dos de Digne, en profitant d’un ballon donné dans le vide par Pedretti. Un cafouillage dans la surface aidant, Paris a pu débloquer la situation. Les vingt dernières minutes ont vu les Lillois insister pour revenir, toujours à partir des percées plein axe de Payet mais la réussite n’était pas dans leur camp dimanche soir.

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1 réponse

  1. Le PSG a énormément déjoué, une fois de plus…

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