Juve-Barça : vers une histoire de dribbles et de tacles ?

Deux statistiques suffisent à résumer l’opposition de style que nous offre la finale de la Ligue des Champions 2015. A gauche, le Barça est l’équipe qui réussit le plus de dribbles depuis le début de la compétition ; à droite, la Juve est l’équipe qui tacle le moins souvent. De quoi offrir une beau face-à-face dans la moitié de terrain turinoise, entre une Juve « en place » et un Barça qui s’appuiera forcément sur ses « dribbleurs » pour trouver la faille.

La Juve et les tacles :  

Equipes Dribbles concédés Tacles/match Taux de tacles manqués % Tacles Manqués
1 – FC Porto 7 29,3 0,2389078498 24%
2 – Sporting CP 7,8 27,3 0,2857142857 29%
3 – Zenit St. Petersburg 8,2 28,2 0,2907801418 29%
12 – Juventus 7,5 23,9 (MINI) 0,3138075314 31%
22 – Barcelona 11,8 32,4 0,3641975309 36%
30 – Manchester City 13,4 31,9 0,4200626959 42%
31 – APOEL Nicosia 19,2 43,2 0,4444444444 44%
32 – Maribor 14,3 30,5 0,468852459 47%

Avec 23,9 tacles tentés par match, la Juve est donc l’équipe qui « se jette » le moins dans cette Ligue des Champions 2014-15. Une explication à cela : la qualité de son bloc-équipe, notamment dans sa moitié de terrain, qui permet à ses joueurs d’être toujours proches du porteur de balle adverse et des solutions s’offrant à lui.

Grâce au repli de Vidal aux côtés de Pirlo, les deux étant protégés par Tevez-Morata qui reviennent derrière le rond central, la Juve attire ses adversaires sur les côtés pour tenter de les y enfermer ensuite. Les duos (Marchisio-Lichtsteiner à droite et Pogba-Marchisio à gauche) cadrent et ralentissent le porteur, en attendant que le bloc resserre les espaces côté ballon et permette le déclenchement du pressing. Bref, quand la Juve tente un tacle, c’est généralement pour récupérer le ballon. Rarement pour rattraper ou sauver une situation mal engagée.

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Les tacles manqués par la Juve dans sa moitié de terrain en Ligue des Champions en 2015 : 10 dans le camp adverse, 29 sur les côtés, 14 dans l’axe et 5 dans la surface de réparation.  Une map logique vu que la Juve concède plus d’espaces à ses adversaires sur les côtés.

Dans l’axe, Arturo Vidal est le moteur de ce pressing (4.5 tacles réussis en LDC, 3.1 en Serie A), tant pour rester haut que pour permettre au bloc de remonter. Redescendant à hauteur de Pirlo en phase défensive, il est celui qui permet à la Juve d’augmenter la pression sur les côtés en se joignant au travail des joueurs de couloir. Pour preuve, la map de ses tacles tentés lors des six matchs de Ligue des Champions qu’il a disputé en 2015.

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La répartition des tacles de Vidal face à Dortmund, Monaco et le Real Madrid : 27 dans les couloirs, 9 dans l’axe, 4 dans sa surface, 7 dans la moitié de terrain adverse. Un chiffre très élevé sur les côtés qui caractérise bien son rôle, lui qui est pourtant axial « sur le tableau ».

En superposant les deux « maps », il est facile de lier l’impact de Vidal et l’efficacité défensive de la Juventus sur les côtés. Là où le Chilien met de l’impact (à gauche), la Juve concède moins de dribbles. Un constat qui permet d’évoquer celui qui sera forcément le point faible de la Juventus lorsqu’elle n’aura pas le ballon : Andrea Pirlo.

Sur la saison, le regista des Bianconeri affiche un taux de réussite dans ses tacles quasi identiques à ceux de ses attaquants : il dépasse à peine les 50% de réussite (marque de Tevez et Morata). A titre de comparaison, Marchisio et Vidal sont à 64% et Pogba dépasse les 70% ! Ce n’est pas une surprise, mais protéger Pirlo des dribbleurs catalans sera l’une des clés défensives pour la Juve.

Les dribbles :

Equipes Dribbles manqués Dribbles réussis Total dribbles Ratio Dribbles/Réussis  % Dribbles réussis
1 – Chelsea 8,8 17,1 25,9 0,6602316602 66%
2 – Real Madrid 8,3 14,7 23 0,6391304348 64%
3 – Manchester City 6,4 10,9 17,3 0,6300578035 63%
8 – Barcelona 12,6 18,7 (MAX) 31,3 0,5974440895 60%
15 – Juventus 8,7 10,5 19,2 0,546875 55%
30 – Malmo FF 10,3 7,3 17,6 0,4147727273 41%
31 – APOEL Nicosia 9,3 6,5 15,8 0,4113924051 41%
32 – BATE Borisov 8,2 5,2 13,4 0,3880597015 39%

Et ce sera d’autant plus important que le Barça dribble énormément. Comme le montre le tableau ci-dessus, les Blaugranas affichent le plus grand nombre de dribbles réussis par match. Evidemment, c’est leur possession sans égal dans le camp adverse qui leur permet de trouver de nombreuses positions pour tenter leur chance en solitaire durant un match.

Pas de suspense au moment de se pencher sur les individualités les plus en vue. Avec 6.8 dribbles réussis par match, Messi est devant les autres. Neymar suit avec 3.3 ; Iniesta avec 2.6 ; Suarez avec 1.9 et Daniel Alves ferme ce club des 5 joueurs à plus d’un dribble réussi par match (1.1). Le Barça dribble aussi plus en Ligue des Champions qu’en Liga… et mieux (31.3 dribbles tentés et 60% de réussite en LDC contre 26.1 et 53% en Liga).

Si Neymar reste sur le même rythme, Messi et Iniesta augmentent sensiblement leurs chiffres : l’Argentin passe 2 dribbles de plus en C1 et l’Espagne double quasiment son total. Des chiffres qui s’expliquent aussi par les adversaires affrontés, notamment le Bayern en demi-finale qui a tenté d’aller chercher très haut le Barça et a donc offert plus de situations de un-contre-un aux Catalans.

Les zones-clés de la finale : 

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La map des dribbles réussis par le Barça face à Manchester City, au Paris Saint-Germain et au Bayern Munich.

Là encore, associer les « maps » permet de tirer plusieurs enseignements intéressants en vue de l’affrontement de demain soir. Sur son aile droite (zone jaune), Messi aura ainsi un énorme duel à disputer à la défense turinoise : d’abord face à Paul Pogba pour pouvoir se lancer, puis face à Arturo Vidal pour pouvoir revenir dans l’axe, qui reste sa zone de prédilection… à moins qu’il ne décide de se rappeler au bon souvenir de l’Athletic Bilbao en cherchant le dribble par l’extérieur…

Au-delà de ce duel d’hommes, le Barça aura forcément un coup à jouer lorsqu’il attaquera « côté Pirlo ». Pour protéger au mieux son milieu de terrain, la Juve aura absolument besoin d’attaquants impliqués défensivement. Comme cela a pu être le cas face au Real Madrid sur quelques séquences, il ne serait pas étonnant de voir Morata (ou Tevez) prêter main forte à Marchisio et Lichtsteiner dans le couloir (notamment face à Iniesta).

Mais un autre danger existerait alors en cas de changement de jeu rapide à l’opposée. Exemple, le déplacement de Morata-Tevez pour fermer le couloir gauche équivaudrait à laisser de l’espace à la droite de Busquets. Pour peu qu’un « accélérateur » se positionne à hauteur de ce dernier à l’opposée, sauter un simple relais pourrait permettre au Barça de mettre un autre dribbleur en bonne position.

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Si Morata doit redescendre défendre face à Iniesta afin de protéger Pirlo, Tevez se retrouve dans la zone de Busquets, ce qui offre plus d’espaces pour le second « relayeur » catalan. Dès lors, si le relais axial (Busquets ou Mascherano, voire Piqué) est sauté, ce dernier peut avoir le champ libre avant la réaction de Pogba ou Vidal.

L’autre danger qui attend la Juve ce soir concerne ses phases de transition (zones vertes sur la map précédente), dans le cas où elle tenterait d’aller chercher la relance du Barça (lire : Comment quadriller la moitié de terrain du Barça ?). A gauche comme à droite, le Barça possède des joueurs capables d’éliminer rapidement le pressing (Iniesta, Messi) pour chercher ensuite un partenaire dans la profondeur (Suarez, Neymar).

Avec une charnière peu expérimentée cette saison (Bonucci-Barzagli), attention à l’alignement si les Catalans réussissent leurs dribbles dans ces zones…

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