Manchester United 3-0 Stoke City : l’analyse du but de Martial

Toujours à la poursuite du Top 4, Manchester United a repris sa marche en avant à domicile après une défaite face à Southampton (0-1). Cela faisait en plus longtemps que les Red Devils n’avaient pas mis la manière à domicile. En face, Stoke City a explosé défensivement, le second but illustrant bien la supériorité collective mancunienne dans ce match. Une action à revoir en vidéo avant d’en analyser les détails.

L’analyse, image par image :

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Au départ, ce sont bien les Potters qui sont en phase offensive. Glen Johnson vient d’hériter du ballon dans son couloir droit. Il se retrouve face à Borthwick-Jackson, le jeune latéral gauche mancunien. Ce dernier est couvert par Carrick qui a récupéré le marquage de Jonathan Walters (ailier droit de Stoke City).

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Johnson sollicite le une-deux avec son partenaire, qui lui remet dans la course. Alors que Fellaini se replie afin de fermer l’axe, le latéral de Stoke sert Arnautovic, au duel avec Blind dans la surface de réparation.

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Bien contenu par le Néerlandais, Arnautovic n’a pas d’autre solution que l’initiative individuelle. Autour de lui, personne ne bouge, alors qu’il existe pourtant un espace à exploiter dans le dos dans le dos de Carrick : Walters reste scotché à l’angle de la surface alors que Johnson fonce vers le deuxième poteau en espérant sans doute un centre (hautement improbable vu la position d’Arnautovic et l’immobilité de Walters).

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Blind remporte finalement son duel face à Arnautovic et met le ballon dans les pieds de Carrick. Le milieu de terrain a du temps pour relancer : Walters est toujours spectateur à l’angle de la surface de réparation. Afellay déclenche bien le pressing mais arrive de plus loin, alors que Bojan ne quitte pas l’arc de cercle.

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Bojan par son positionnement et Afellay par son pressing se retrouvent à faire le même travail, à savoir bloquer la ligne de passe vers Mata. La solution est donc toute trouvée pour Carrick qui s’appuie sur Lingaard.

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Pressé par Pieters (3) qui a rapidement réduit l’espace pour l’empêcher de se retourner, Lingaard rend le ballon à Carrick, à nouveau libre devant sa surface de réparation. En une touche de balle, le milieu va mettre le ballon dans le dos du latéral gauche de Stoke. A noter que sur les côtés, Johnson et Walters sont déjà orientés vers leur but.

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Rooney est venu occuper la zone délaissée par Pieters (LG) pour reprendre la relance de Carrick. Pressé par Muniesa (DCG), il s’appuie sur Darmian. Le latéral italien a été totalement lâché par Johnson, qui était pourtant à ses côtés au moment de l’échange entre Lingaard et Carrick. Il laisse donc son partenaire à deux contre un dans le couloir.

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Muniesa ne peut dès lors plus faire grand chose : il choisit pourtant de continuer sa sortie en allant vers Darmian tout en laissant Rooney dans son dos. Déjà à ce moment de l’action, le déséquilibre est énorme pour Stoke City puisque Wollscheid (DCD) est embarqué par l’appel de l’Espagnol, laissant un quart de terrain entier à Anthony Martial. Et en plus, Walters coupe son effort…

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Si la désorganisation de Stoke a permis à Manchester United d’arriver jusqu’ici, les Red Devils s’appuient maintenant sur leurs propres qualités pour mener l’action à son terme. Pieters revient bien sur Mata afin d’assurer une prise à deux avec Wollscheid. Le problème, c’est que l’Espagnol a le temps de le voir arriver et l’efface avant de lancer Rooney, en avance sur Muniesa à l’intérieur.

Seul en couverture dans l’axe, Whelan peut contrôler la menace Lingaard mais ne peut pas gérer l’espace laissé à Martial à l’opposée. Seul joueur qui peut-être pu faire quelque chose sur cette action (reprendre Rooney par exemple, après avoir laissé Darmian seul), Johnson continue sa balade plein axe.

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Sans opposition, Rooney a le temps d’ajuster son ouverture vers le deuxième poteau. Sa passe lobe Lingaard, Johnson (inutile sur toute l’action) et Whelan.

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A la retombée, Martial a assez d’espace et donc de temps pour enchaîner contrôle et frappe, nettoyant au passage la lucarne de Butland.

Ce qu’il faut retenir de ce but :

Certes, il s’agit d’une attaque rapide. Mais le travail de Rooney puis de Mata sur cette action illustrent le rôle des attaquants axiaux dans le système offensif Louis Van Gaal. Avec des ailiers qui doivent rester un maximum dans les couloirs afin d’étirer la défense, avoir des joueurs mobiles dans le coeur du jeu pour fixer le bloc adverse et le resserrer est indispensable. 

Sur cette action, l’enchaînement de Martial est permis par la première bonne remise de Rooney pour Darmian et surtout l’enchaînement de Mata seul face à deux adversaires. Toutes les bonnes prestations offensives de United cette saison sont allés de pair avec la présence d’un attaquant pesant sur le jeu et la construction. Reste à savoir si ce match, face à une équipe de Stoke particulièrement désorganisée défensivement, restera un one-shot ou si Rooney va confirmer sa performance dans les semaines à venir. 

 

 

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6 réponses

  1. Clément dit :

    Bonsoir,

    Merci pour cet article très clair qui permet de comprendre comment Manchester a pu ainsi jouer hier soir.

    Quelques questions me viennent à l’esprit quand même : L’efficacité du système de Van Gaal ne repose que sur le niveau de Rooney ? S’il est bon, le collectif le devient aussi, et vice-versa ?

    Ensuite, Stoke réalise une saison plutôt convenable jusqu’ici, surtout par rapport aux saisons précédentes, puisqu’on présentait cette équipe comme la dernière à utiliser le kick & rush à outrance. On les a vu notamment battre de plusieurs équipes du Big Four. Cette désorganisation défensive est un fait exceptionnel cette saison ou est-ce un mal récurrent ?

  2. Bobby Carlton dit :

    @Clément

    Rooney est clairement un ton au-dessus depuis le début 2016, en témoigne le nombre de buts qu’il a déjà inscrit. Son rendement conditionne tout le jeu depuis pas mal de temps, déjà. Je pense que depuis le départ de Ronaldo, Fergie avait déjà commencé à faire tourner l’équipe autour de lui (en témoigne sa saison à 34 buts en 2009 2010).

    Mais je dirais que le jeu de VG repose plus sur la paire de récupérateurs (Florent sera peut-être d’accord ?) : depuis le début de saison, les bonnes performances de MU ont dépendu de la forme de ses deux pivots au milieu, et les mauvaises performances (le bouillon à l’Emirates en tête) idem.

  3. Les performances défensives, oui. D’ailleurs, United reste une équipe plutôt solide (sauf quand elle coule comme à l’Emirates). Mais le rendement offensif, de part l’organisation, dépend beaucoup plus du niveau des deux attaquants axiaux (ou l’avant-centre et le n°10 selon les profils choisis). J’insiste sur Rooney puisqu’il est titulaire à ces postes depuis le début de saison (ou presque), mais y’a aussi le cas du deuxième joueur choisi qui est important. Contre Stoke, c’était Mata qui a surtout joué à droite en début de saison (parce que défensivement, il ne faisait pas le boulot demandé par Van Gaal j’imagine pour son 4-4-2). Bref, on peut vite arriver à la conclusion d’un effectif pas forcément bâti pour le projet de jeu souhaité.

  4. (Après oui, les milieux ont aussi un rôle offensif à jouer puisque de leur capacité à jouer vers l’avant dépend le nombre de ballons touchés et réorientés ensuite par un Rooney : il faut les deux, une relance capable de mettre du rythme dans le jeu et des attaquants assez mobiles pour leur proposer des solutions au coeur du bloc adverse).

  5. Clément dit :

    C’est vrai qu’on voit un Rooney qu’on avait pas vu à ce niveau depuis longtemps (et ça fait plaisir).

    Je trouve d’ailleurs que LVG a souvent privilégié deux pivots plus récupérateurs que créateurs, et souvent ces deux pivots avaient le même profil, comme Schneiderlin et Schweinsteiger.
    Ce qui a pu aussi expliquer ce néant offensif qui a duré de longues semaines peut-être.

    Merci pour vos réponses en tout cas, ça fait plaisir de parler foot autrement que dans les commentaires de l’Equipe.

  6. jean mimi dit :

    Superbe article bravo.
    Ce que je retiens des derniers matchs de manutd c’est le 442.
    LVG est passé d’un 532 a un 433 pour finalement, dos au mur dira-t-on, revenir sur le 442 de Ferguson celui qui fonctionne en PL (cf Leicester). Avec 2 vrais wingers. Et Mata relâché des taches défensives.

    J’ai en mémoire un expert qui disait qu’on ne pouvait gagner la C1 avec le bon vieux 442. Est-ce que le « professeur » LVG avait aussi va en tête a s’entêter de la sorte?

    Bisou et encore bravo pour le découpage. Et merci a Walters pour son relâchement

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