Manchester City 2-1 Arsenal : l’analyse tactique

Battu par Chelsea et Leicester au début de ce mois, Manchester City s’est relancé en enchaînant un deuxième succès de rang face à Arsenal. C’était pourtant mal parti, avec un but encaissé dès la 4e minute, mais les Skyblues ont su revenir dans la partie grâce à une remarquable hausse de leur niveau de jeu après la pause.

Les compos : 

Privé de Fernandinho et Gundogan, Pep Guardiola a dû entièrement rebâtir son milieu de terrain pour ce match très important dans la course aux premières places. Pour les remplacer, le technicien catalan a choisi d’aligner Fernando et Yaya Touré. Devant, on retrouve les deux indispensables, Silva et De Bruyne, associés cette fois à Sterling et Sané.

Du côté d’Arsenal, aucune surprise à signaler dans le onze de départ d’Arsène Wenger. Alexis Sanchez débute au poste d’avant-centre, soutenu par Özil, Iwobi et Walcott. Dans l’entrejeu, Xhaka accompagne Coquelin tandis que derrière, Gabriel en fait de même avec Koscielny (Cazorla et Mustafi sont absents).

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Une entame de match intense : 

Le match démarre sur un rythme assez élevé. Aucune des deux équipes ne veut laisser l’initiative du jeu à l’autre, entraînant beaucoup de relances longues et de changements de possession.

Du côté de Manchester City, le 4-4-2 aligné par Pep Guardiola s’ajuste dans le camp adverse afin d’aller mettre la pression sur la relance d’Arsenal : Silva et Sterling vont chercher les défenseurs centraux des Gunners, tandis que Yaya Touré sort en pointe du losange afin d’occuper la zone de Coquelin ou Xhaka.

Dans l’autre moitié de terrain, Alexis Sanchez abat un travail monstrueux sur le front de l’attaque. En plus de couper la relation entre les centraux de City, le Chilien dirige même aussi ses partenaires. Il multiplie les signes afin de leur dire quand sortir pour l’accompagner dans son pressing.

Ce début de match laisse évidemment peu de place aux attaques placées. City réalise ses premières approches grâce à des relances d’Otamendi, qui trouve Silva ou Sterling entre les lignes, lesquels cherchent ensuite à enchaîner vers le but adverse. Sans succès.

Arsenal réplique très vite et ouvre le score sur sa première opportunité. Les Gunners font une nouvelle fois la preuve de la fébrilité de la défense mancunienne. Exposée en raison d’une mauvaise transition défensive (De Bruyne, Touré…), celle-ci reste spectatrice face à la remontée de balle de Bellerin, l’action de Sanchez et finalement la finition de Walcott (4e).

La saison dernière, Pellegrini avait souvent payé le fait d’aligner Yaya Touré au milieu dans son 4-4-2. L’Ivoirien n’a plus les jambes pour multiplier les aller-retour. L’équipe de Guardiola souffre énormément de ces soucis de transition durant la première mi-temps, se retrouvant en difficulté lorsque Arsenal parvient à ressortir de sa moitié de terrain (15e, 16e).

Arsenal : des milieux beaucoup trop passifs

Si le pressing orchestré par Alexis Sanchez force City à rendre le ballon, Arsenal a beaucoup plus de difficultés à défendre lorsque le Chilien n’est pas impliqué. Lorsque City trouve ses milieux de terrain (Fernando et surtout Touré), le bloc médian des Gunners semble incapable d’empêcher leur progression. Xhaka et Özil laissent trop d’espaces à Touré ou Silva qui assurent la remontée du ballon jusque dans les 30 derniers mètres.

Cette passivité au milieu de terrain n’est qu’une confirmation des mauvaises habitudes des Gunners dans ce secteur. Face au PSG déjà, on avait découvert une équipe capable de presser son adversaire et de le forcer à rendre le ballon… mais aussi très passive défensivement lorsqu’elle se contentait d’attendre au milieu du terrain.

Après 2-3 mouvements intéressants pour City, Arsenal doit se résoudre à reculer de quelques mètres afin de verrouiller le coeur du jeu. Özil se retrouve aux côtés de Coquelin et Xhaka afin de réduire les espaces pour les déplacements de Silva ou les passes de Touré.

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City s’installe mais manque de percussion : 

Ce recul du bloc d’Arsenal, accompagné par des tentatives de pressing dans le camp adverse grâce aux courses de Sanchez (alternance entre pressing haut et bloc bas), oblige City à trouver d’autres options pour approcher les buts de Cech.

Lorsque l’axe est bloqué, les solutions se trouvent sur les côtés. Mais sur la première mi-temps, les Skyblues sont inefficaces dans ces zones. A gauche comme à droite, les latéraux (Clichy, Zabaleta) n’apportent rien offensivement, contraignant De Bruyne et Sané aux exploits individuels.

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Le Belge tente quelques centres, sans réussite. Mais la vraie déception vient de Leroy Sané : l’Allemand semble en pleine crise de confiance et ne tente quasiment jamais sa chance en un-contre-un. Dommage pour lui et pour City, car ses rares tentatives (34e, 42e) se soldent par des situations intéressantes dans la surface adverse…

Un chiffre illustre le manque de percussion de Manchester City à la pause : les 6 petits dribbles tentés (dont 4 pour Sterling) alors qu’Arsenal en a tenté 7 en ayant deux fois moins le ballon.

City passe la seconde : 

La reprise est très différente pour l’ancien joueur de Schalke 04 puisque c’est lui qui permet à Manchester City de revenir au score (47e). Au moment de reprendre, on voit une équipe de Manchester City qui s’est réajusté sur le plan tactique. Pep Guardiola replace notamment Sané à gauche et Sterling à droite afin d’en faire de véritables ailiers de débordement (logique vu l’apport inexistant des latéraux et le besoin de solutions sur la largeur).

Cest surtout au niveau de l’intensité que City fait la différence. Après l’égalisation, les Skyblues prennent l’ascendant et maintiennent le jeu dans le camp d’Arsenal. On touche au deuxième ajustement de Guardiola, qui a corrigé les problèmes dans la structure offensive de son équipe afin qu’elle reste équilibrée.

Cela passe par un Yaya Touré moins tourné vers l’avant, qui ne se projette plus dans la surface afin d’avoir toujours deux joueurs (avec Fernando) capables de bloquer les sorties de balle d’Arsenal dans l’axe.

Lorsque l’un des deux décide de se lancer quand même, ce sont les latéraux qui resserrent dans l’axe afin de fermer les espaces et d’être présents à la perte de balle. Cet équilibre retrouvé permet à City de récupérer le ballon très haut et très vite… Résultat, l’équipe n’a plus à gérer les transitions défensives sur lesquelles elle se retrouvait en grande difficulté.

Les chiffres sont là pour confirmer ce regain de forme de Skyblues. Il y a d’abord les tacles, qui illustrent la capacité d’une équipe à être au contact : ils sont passés de 9 en première mi-temps à 21 en seconde. Mais il y a surtout le PPDA, qui calcule le nombre de passes concédées entre chaque action défensive et permet donc de mesurer l’intensité de l’équipe quand elle n’a pas le ballon : celui-ci passe de 12,5 en première mi-temps à 5,7 en seconde !

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Arsenal sans réaction : 

Le but de Sterling (71e) vient récompenser logiquement cette excellente reprise des Skyblues, qui auraient même pu prendre l’avantage plus tôt (Sané, 61e – Silva, 64e) sur du contre-pressing. En face, Arsenal est complètement asphyxié (seulement 15 passes dans le dernier tiers de Manchester City entre les 46e et 71e minutes de jeu).

L’entrée de Giroud (75e) et le score à l’avantage de City permettent aux Gunners de ressortir plus facilement en fin de partie, sans toutefois parvenir à être réellement dangereux. Les joueurs de Guardiola ont de leur côté eu une dernière balle de break (De Bruyne 76e), sur laquelle ils profitent une nouvelle fois de la passivité des milieux d’Arsenal pour attaquer. Ils ont ensuite laissé l’initiative du jeu aux Gunners, défendant en bloc pour préserver leur avantage.

Conclusion : 

Une belle victoire pour une équipe de Manchester City qui était pourtant très affaiblie au milieu au coup d’envoi (Fernandinho et Gundogan absents). Le onze de départ de Guardiola lui garantissait des problèmes sur les transitions défensives, qui se sont confirmés par la première mi-temps. L’équipe a néanmoins su y remédier en haussant le niveau après la pause grâce à une structure offensive mieux équilibrée.

Côté Arsenal, l’équipe de Wenger n’a finalement su qu’exploiter les faiblesses de son adversaire. Elle n’a rien su proposer d’autres et a montré la même passivité en phase défensive que face au PSG : lorsqu’Arsenal ne presse pas derrière Sanchez, l’équipe est vite contrainte de se regrouper très bas en raison du manque d’activité de son milieu de terrain (Özil, Xhaka…) pour récupérer le ballon.

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2 réponses

  1. Carlito dit :

    En regardant le match, j ai eu l’impression qu’Arsenal a tente de presser. Lors des 15premieres minutes, Xhaka ou Coquelin ont eu le meme role que Yaya et se sont projetes sur le deuxieme milieu adverse (Ozil sur Fernando, Xhaka sur Toure, Coquelin sur Silva.
    Mais ils ont ete oblige d’abandonner dans leurs intentions car De Bruyne est rapidement venu jouer dans le half-space, a savoir dans le dos de ce 2eme milieu qui sortait. Une fois que le bloc d’Arsenal a recule, ils n’ont plus jamais reussi a ressortir de leurs camps (d ou la frustation d alexis).
    Moi ce qui m’a le plus marque sur ce match est quand meme le manque de mobilite de la paire Xhaka Coquelin…Face au pressing de City, Arsenal a toujours ete forcer de jouer vers l arriere jusqu a Cech (qui est d ailleurs le joueur d arsenal a avoir touche le plus de ballons lors de ce match). c etait trop facile pour City (silva et sterling en 1ere, puis KDB) de bloquer la relance adverse alors qu’ils etaient 2 contre 4..pk Xhaka et coquelin offraient zero solution aux DCs…et le Kos n’a jamais pris la responsabilite de faire la relance. J ai pas de stats pour confirmer ce manque de mobilite…Et c etait encore plus criant quand Elneny est rentre car il est plus mobile.

  2. Arsenal a tenté de presser. Mais ça n’a pas fonctionné en effet. Excepté Sanchez devant. Dès que City touchait ses milieux, y’avait plus rien comme c’est dit dans l’article. En effet, y’a un gros souci avec Coquelin-Xhaka. Pas assez mobile, avec et sans le ballon. Ca manque de tranchant, d’impact, un peu de tout et Özil n’arrange pas grand chose sur la phase défensive.

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