Chelsea 2-0 Arsenal, l’analyse tactique

19 points pris sur 21 possibles et déjà 5 longueurs d’avance sur son dauphin Manchester City. Chelsea a démarré son championnat à grande vitesse et ne s’est pas arrêté alors qu’Arsenal se présentait chez son rival afin d’oublier l’humiliation de la saison passée. Bien entrés dans le match, les Gunners se sont toutefois rapidement heurtés à une équipe qui ne jouait tout simplement pas dans la même cours. Moins prévisible et plus forte dans tous les compartiments du jeu, la formation de José Mourinho a logiquement empoché les trois points.

Les compos :

Pas de surprise côté Blues pour ce match. José Mourinho reconduit son 4-2-3-1 habituel. Les titulaires sont tous présents sur la pelouse de Stamford Bridge. Seul poste encore « flottant » dans l’organisation du Portugais, le rôle d’ailier droit revient pour ce match à Schürrle, qui débute aux côtés de Hazard et Oscar en soutien de Diego Costa.

En face, Arsène Wenger doit faire avec les absences d’Arteta et Ramsey, en plus de Debuchy et Giroud, blessés depuis quelques semaines déjà. Afin de contrer leurs rivaux en bloquant Fabregas, les Gunners se présentent en 4-1-4-1. Flamini évolue devant la défense, soutenant ainsi les efforts de Wilshere et Cazorla, au contact des rampes de lancement adverses dans l’entrejeu.

 

Arsenal en position d’attente :

Alors qu’ils s’étaient complètement effondrés la saison dernière et ce d’entrée de jeu, les Gunners rentrent beaucoup mieux dans ce match. Le 4-1-4-1 mis en place par Wenger place Wilshere et Cazorla dans la zone de jeu préférentielle de Matic et Fabregas. Dès que ces derniers approchent la ligne médiane, ils se retrouvent sous la pression des deux milieux adverses. En couverture, Flamini est là pour contrôler les mouvements d’Oscar.

Face à ce premier rideau très dense, Chelsea manque de solutions pour franchir la ligne médiane. Le jeu long est une première option, que ce soit vers Diego Costa devant ou vers Ivanovic sur le côté droit. Au fil des minutes, c’est surtout Matic qui prend de l’importance dans l’entrejeu : en décrochant, il se défait du pressing et peut orienter le jeu. A défaut de trouver des solutions vers l’avant, le Serbe envoie le jeu vers les côtés.

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Arsenal cherche à bloquer Matic et Fabregas. Cazorla et Wilshere ont les premiers rôles dans cette tâche. Welbeck peut les soutenir en revenant dans le dos des deux milieux londoniens. Sur les côtés, Sanchez et Özil doivent fermer face aux latéraux. 

Chelsea insiste ainsi côté gauche, sans doute afin de tester le jeune latéral droit adverse (Chambers), opposé à Hazard. Ce dernier s’en sort toutefois assez bien face au Belge qui a du mal à se mettre dans le sens du jeu et remet la plupart des ballons qui lui sont destinés en retrait. Bref, les Blues ont beau avoir la possession de balle en début de partie, ils ne parviennent pas à inquiéter la défense d’Arsenal et même à rentrer dans le dernier tiers du terrain.

Chelsea bloque l’axe :

Ce sont même les hommes d’Arsène Wenger qui sont les premiers à approcher la surface adverse. Alors que Diego Costa et Oscar s’opposent à la relance Mertesacker-Koscielny-Flamini, Wilshere se rend disponible en décrochant dans l’entrejeu. L’Anglais a le temps d’ajuster un bon ballon en profondeur avant que Costa n’ait le temps de coulisser pour le bloquer. Au bout de ce mouvement (10e), Sanchez est devancé par Courtois. En percutant le portier des Blues, le Chilien sera d’ailleurs à l’origine de sa sortie quelques minutes plus tard (Cech, 24e).

Excepté cette première alerte, Chelsea contrôle toutefois assez efficacement les approches de son adversaire. Les milieux de terrain contrôlent les déplacements à l’intérieur de Özil ou Sanchez. Soutien de Diego Costa en début de partie, Oscar peut venir en aide à Matic et Fabregas en redescendant. Seul en pointe, l’Espagnol ressort sur la moindre passe en retrait vers les défenseurs d’Arsenal, permettant ainsi la remontée du bloc-équipe dans sa foulée.

Le 4-4-1-1 de Chelsea à l'oeuvre avec Oscar et Diego Costa aux avants-postes. Les deux lignes de quatre défendent,

Le 4-4-1-1 de Chelsea à l’oeuvre avec Oscar et Diego Costa aux avants-postes. Les deux lignes de quatre défendent, Oscar presse la première solution en retrait, Diego Costa sort lui sur la seconde si nécessaire (les défenseurs centraux). 

Polyvalence et micro-coaching :

Au final, le premier quart d’heure se résume à la neutralisation des deux blocs-équipes. D’un côté comme de l’autre, personne ne parvient à créer le danger et les défenses n’ont quasiment rien à faire, la majorité de l’affrontement se déroulant au milieu de terrain. Ce qui va changer les choses, c’est la capacité d’une équipe à varier son jeu d’attaque quand l’autre va rester sur le même rythme et des schémas quasi similaires pendant 90 minutes.

Evidemment, ce sont les Blues qui vont être capables de modifier leur animation. A ce niveau, c’est Hazard qui va prendre de l’importance en changeant de position. Bloqué côté gauche, le Belge essaye une première fois de se rendre disponible dans l’axe. Repris par Flamini, il obtient tout de même un coup de pied arrêté (le premier « dangereux ») pour les Blues (14e). Dix minutes plus tard suite à une récupération haute d’Ivanovic, Matic sert Fabregas qui le met dans le sens du jeu : Hazard efface Cazorla puis Chambers et va chercher le penalty qui lui permet d’ouvrir le score (1-0, 26e).

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Sur cette situation, la récupération haute d’Ivanovic côté droit permet deux choses : Fabregas n’est pas encore replacé à hauteur de Matic et devient donc une solution pour le Serbe, et Hazard se retrouve lui « naturellement » dans l’axe. En deux passes, il va être lancé vers le but de Szczesny. Censé protéger la défense, Flamini est trop loin pour intervenir et empêcher le duel avec Koscielny.

Evidemment, lorsque Hazard rentre dans l’axe sur les phases de construction, son déplacement est compensé par Oscar, qui se retrouve en position d’ailier gauche. La polyvalence du Brésilien est un réel atout puisqu’il se retrouve aussi à droite en deuxième mi-temps. A ce moment-là, c’est Schürrle qui occupe à son tour l’axe afin d’épauler Diego Costa. José Mourinho compte alors certainement sur les courses de l’Allemand afin de maintenir la pression sur les passes en retrait adverses tout en économisant son attaquant de pointe. Un exemple qui rappelle que ces permutations entre les trois « attaquants » permettent aussi de varier tant les options offensives que défensives.

Un choix qui va en plus payer puisque Diego Costa (encore frais ?) inscrit le but qui scelle la victoire des Blues en fin de match, sur un service parfait de Fabregas. A ce moment de la partie, Mourinho a répondu au coaching de Wenger : passé en 4-2-3-1 avec Özil dans l’axe, Arsenal a alors vu Chelsea boucler son milieu de terrain avec l’entrée en jeu de Mikel à la place de Schürrle (69e) afin de suivre l’international allemand. Un changement qui a replacé Oscar côté droit et Fabregas derrière l’attaquant sans que cela ne pèse sur l’organisation de l’équipe.

Des Gunners décevants ? 

Maîtres du ballon pendant la majeure partie de la deuxième mi-temps, les hommes d’Arsène Wenger n’ont toutefois pas eu beaucoup d’opportunités. Leur occasion la plus franche est venue d’un tir à mi-distance de Cazorla, qui a fini à quelques centimètres du montant gauche de Cech (50e). Un exemple que les Gunners auraient dû suivre alors que les deux lignes de Chelsea se resserraient beaucoup autour de leur surface de réparation, laissant des espaces à 25 mètres de leur propre but.

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En conservant le ballon, Arsenal parvenait à faire reculer les Blues très bas autour de leur surface. Mais les Gunners ne parvenaient pas ensuite à trouver d’espaces. Özil et Sanchez évoluaient dans la même zone et se marchaient parfois dessus (cercle blanc). L’absence d’un latéral droit « dangereux » offensivement limitait aussi leurs offensives. 

Autre problème, déjà vu plus tôt dans la saison face à Manchester City, la sous-utilisation des côtés et la quasi-absence des latéraux dans les 30 derniers mètres. Si Chambers n’avait évidemment pas le profil pour apporter côté droit, Gibbs a une nouvelle fois été assez peu visible aux abords de la zone de vérité. Un constat qui rejoint le précédent, à savoir l’attraction naturelle de Sanchez et Özil vers l’axe du terrain. L’entrée d’Oxlade-Chamberlain aurait pu contribuer à réanimer l’aile droite (69e), mais Chelsea a renforcé son entrejeu au même moment.

Conclusion : 

Ce match n’a fait que confirmer ce que les premières journées de la saison laissaient entendre : Chelsea ne boxe pas dans la même catégorie que les autres en ce début de saison. L’équipe est déjà bien rodée, et surfe sur le travail effectué la saison dernière par son entraîneur. Le 4-2-3-1 aligné offre une large palette d’options, tant offensive que défensive et ce sans qu’aucune ne vienne déséquilibrer l’ensemble.

Du côté d’Arsenal, le choix de Wenger (Cazorla et Wilshere dans l’entrejeu) pour bloquer Matic et Fabregas avait initialement fonctionné mais il a vite été déstabilisé par la première variation adverse (Hazard dans l’axe). Forcés de courir après le score, les Gunners se sont heurtés à la densité du bloc défensif adverse et à leurs limites actuelles (manque de largeur en phase offensive – indispensable face à un bloc regroupé -, peu de changement de rythme pour Özil et Sanchez et des absences importantes dans l’animation avec Arteta, Giroud ou Ramsey).

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3 réponses

  1. RaSo dit :

    Merci pour cet article une nouvelle fois intéressant et qui démontre un peu que Mourinho avait les cartes en mains. Ceci dit, j’aurais aimé voir le match avec Ramsey et Arteta au milieu. Mais ce qui me dérange, c’est de voir Özil jouer à droite alors que son poste de prédilection est derrière l’attaquant, mais bon…

    Merci !

  2. Article très interessant, merci !
    Pour la prochaine journée de Premier League, Chelsea devra jouer sans Remy ni Costa, … ça risque de compliquer la tache des Blues contre United ! En tout cas ça sera un match qui vaudra le détour !!!
    Source : http://videoactufoot.fr/premier-league-9e-j-remy-costa-contre-man-utd/

  3. greg dit :

    Arsenal reste sur des performances globales très décevantes, alors que l’on attendait beaucoup d’eux en début de saison et avec les quelques 120 millions dépensées sur 2 ans, on attendait vraiment plus de cette équipe. Maintenant Chelsea cette saison possède un autre visage, Fabregas démontre que la Premierleague lui va si bien et avec un Costa qui a démarré en trombe, ils ont toutes leurs chances de remporter le championnat, un jeu agréable à voir, fluide, offensif, sa change du parking à bus que Mourinho aimait à employer lors de son dernier passage en EPL

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