Arsenal 2-1 Leicester : Özil, du meneur sans espace au « quarterback »

Dimanche, Arsenal s’est relancé dans la course au titre en allant chercher la victoire face à Leicester à la dernière seconde. Passeur décisif pour Welbeck sur le coup de pied arrêté victorieux, Mesut Özil a terminé en héros une rencontre qu’il avait très mal débuté. Privé des espaces dont il a tant besoin durant la première période, le meneur de jeu allemand asu profiter de l’expulsion de Simpson (54e) après la pause pour gagner en influence, avant de finir la partie en étant à l’origine de tous les bons coups de son équipe.

Première mi-temps : Özil très peu influent 

Comme évoqué durant l’introduction, Mesut Özil a d’abord beaucoup de mal à exister dans ce match. En première mi-temps, son influence sur le jeu est quasi nulle. Pourtant, si l’on s’en tient aux chiffres, l’Allemand s’en sort bien avec un bilan de 24 passes réussies sur 26 tentées et même un 13/13 dans les 30 derniers mètres de Leicester. Mais en se penchant sur ses maps (ballons reçus et ballons donnés), la lecture change rapidement.

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Arsenal – Leicester : passes reçues par Özil (0-45e).

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Arsenal – Leicester : passes données par Özil (0-45e).

Première constatation, l’Allemand est clairement repoussé sur les côtés par l’organisation défensive des Foxes. C’était prévisible : celle-ci laisse à la fois très peu d’espaces entre ses lignes (défense-milieu) et surtout peu de temps aux milieux de terrain pour chercher une solution. Ajoutez à cela le danger que représentent Mahrez ou Vardy en transition et cela suffit pour inciter Arsenal à la prudence dans cette zone du terrain.

Özil va donc chercher les espaces où ils se trouvent : dans les couloirs. Il n’en fait toutefois pas grand chose : le bloc bas de Leicester laisse très peu de profondeur, limitant de fait les possibilités de construction sur les ailes. S’il a très peu de déchets dans le camp adverse, la production offensive de l’Allemand reste pauvre : il ne tente pas la moindre passe dans la surface des Foxes… et très peu dans le sens du jeu.

Lire aussi : Arsenal 2-1 Leicester, l’analyse tactique

Jusqu’à l’expulsion de Simpson (54e), Özil ne reçoit réellement que deux ballons sur lesquels il peut jouer sur ses qualités. Le premier arrive dans sa moitié de terrain, après une remise de Giroud qui lui permet de se retrouver face au jeu : il l’envoie dans la course de Ramsey, devancé par Schmeichel (14e). C’est d’ailleurs le seul ballon qu’il bonifie dans son camp en lançant une attaque rapide. Majoritairement servi dos au but et sous la pression adverse, il en perd trois autres.

Le second ballon lui revient alors que Bellerin le ressort de l’aile droite (voir ci-dessous). En position décrochée par rapport à Ramsey, Özil profite de l’espace qui lui est alors offert pour chercher un partenaire par-dessus la défense. Giroud récupère sa passe mais est en position de hors-jeu.

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Ramsey se projette, Özil redescendant en soutien à hauteur de Coquelin et profite de l’espace pour chercher une solution par-dessus la défense de Leicester.

Deuxième mi-temps : l’expulsion crée de l’espace 

L’expulsion de Danny Simpson (54e) fait entrer la rencontre dans une nouvelle séquence tactique. Avec les sorties de Mahrez (58e) puis Okazaki (61e), Leicester conserve ses deux lignes de quatre mais perd l’élément chargé de faire le lien, tant défensivement qu’offensivement, entre le bloc défensif et Jamie Vardy (Okazaki). Le bloc défensif reste compact dans l’axe mais Arsenal a désormais plus d’espaces au milieu de terrain.

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Arsenal – Leicester : passes reçues par Özil (54-82e).

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Arsenal – Leicester : passes données par Özil (54e-82e).

Özil devient alors un véritable soutien des actions menées par le duo Sanchez-Monreal sur le flanc gauche. Le meneur de jeu permet notamment de sortir la balle du couloir (en jaune), chose qui était quasiment impossible à faire en première mi-temps. Arsenal peut enfin utiliser sur toute la largeur du terrain sans avoir à repasser par ses défenseurs. C’est d’ailleurs de cette manière que viendra le but égalisateur de Walcott (70e).

Jusqu’à la sortie d’Oxlade-Chamberlain (83e), Özil réussit 18 passes sur les 22 qu’il tente. Mais bien plus important, il donne ses premières passes-clés du match pour Alexis Sanchez (64e, 75e) et Aaron Ramsey (79e). Encore mieux, il rentre enfin dans la surface de réparation de Leicester.

Money-time : Özil en quarterback 

L’entrée de Welbeck en position de deuxième attaquant aux côtés de Giroud le fait pourtant redescendre au milieu de terrain. Replacé à hauteur de Ramsey, le meneur de jeu occupe désormais la zone abandonnée par Leicester depuis la sortie d’Okazaki. Alors qu’Arsenal pousse et met de la présence dans les 30 derniers mètres, il bénéficie pour la première fois de grands espaces en plein coeur du jeu… et il va en profiter.

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Arsenal – Leicester : passes reçues par Özil (83-90e).

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Arsenal – Leicester : passes données par Özil (83-90e).

Comme Ramsey et Oxlade-Chamberlain avant lui, l’Allemand remplit d’abord la tâche qui incombe aux deux milieux d’Arsenal depuis l’expulsion : utiliser la largeur un maximum (en rouge). Sa plus-value par rapport aux deux Britanniques se situe dans les 30 derniers mètres : sa qualité de passes lui permet de jouer par-dessus ou à travers le bloc défensif hyper-compact de Leicester, décalant Sanchez ou Monreal et offrant même une énorme balle de but à Mertesacker (84e).

Plus de détails : Qui sont les meilleurs créateurs d’Europe ? 

Ce repositionnement de Özil est pour beaucoup dans les nombreuses occasions obtenues par Arsenal dans les dernières minutes de jeu (9 tirs sur 24 entre la 83e et la 94e minute…). La lecture d’Arsène Wenger a été excellente le concernant. Leicester ne parvenait plus à ressortir depuis plusieurs minutes : repositionner Özil à ce poste ne pouvait donc pas mettre en péril l’équilibre de l’équipe.

Extra : Data Room du 12 février 2016 

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2 réponses

  1. Cracked dit :

    Je crois qu’une configuration en Triple pivot avec un 6 capable de se projeter vers l’avant (ce que ne peut pas faire Coquelin) est intéressante à développer.

    Ozil a la capacité de sauter les lignes grâce à sa qualité de passes et Ramsey pourrait jouer plus haut.

  1. 16 février 2016

    […] mon correcteur orthographique ne trouve rien à redire sur ce néologisme. Pour plus de détails, allez lire Florent Toniutti ici, il a parfaitement cerné tout […]

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