Pointe et soutien : quelles relations ? – Deuxième partie

Je vous ai manqué depuis France-Luxembourg ? A ma décharge, j’ai manqué de temps et surtout d’inspiration pour trouver quelque chose d’intéressant à analyser. Ajoutez à ça le fait que j’ai n’ai pas pu voir de matchs dans des conditions correctes ce week-end et vous comprenez mon silence. Pour me rattraper, avant une semaine que j’espère plus active avec la Coupe d’Europe, voici la deuxième partie de théorie sur les relations entre attaquants de pointe et joueurs de soutien. Pour la première, ça se passe par là au fait.

On en était où ?

Pour les plus fainéants qui n’auraient pas daigné cliquer sur le précédent lien, je vous avais laissé après l’analyse de deux relations prenant place dans des organisations en 4-2-3-1. D’un côté, on avait la relation Gourcuff-Chamakh à la bordelaise, avec une équipe au bloc haut, un attaquant qui se balade sur tout le front de l’attaque et un soutien qui reste le plus souvent dans l’axe. De l’autre, on avait la relation Sneijder-Milito, la relation rêvée pour toute équipe qui aime attendre dans son camp : Sneijder est le premier relais dans l’axe recherché par la relance et Milito peut prendre la profondeur sur toute la largeur du terrain.

Dans ces deux cas, nous étions dans une situation où la répartition des zones de jeu fixait le milieu offensif, ou attaquant de soutien, dans l’axe et poussait donc l’attaquant à se rendre disponible sur toute la largeur du terrain. Restait à trouver une partage opposé des rôles… Et je remercie Eztli, spécialiste du football belge sur Panenka.fr, qui m’a rappelé un exemple que j’avais pourtant décortiqué pendant la Coupe du Monde : l’Allemagne de Joachim Löw et son duo Özil-Klose.

Comme vous le voyez sur le schéma ci-dessus, le partage était des plus simples. Klose jouait son rôle de pivot dans l’axe (flèche et rectangle blanc), proposant des appuis aux relanceurs Schweinsteiger et Khedira, pendant qu’Özil fonçait prendre les espaces laissés sur les côtés, notamment dans le dos d’un latéral qui aurait pu se livrer sur la possession de balle précédente. En prenant l’intervalle sur un aile, Özil libérait un espace dans l’axe dans lequel pouvait s’engouffrer Podolski ou Muller, très à l’aise dans ces situations. Derrière, un autre intervalle se créait et le jeu allemand de se déployer…

Le cas du 4-4-2 :

Dans un 4-4-2 à plat, étudier le partage des tâches entre les deux joueurs les plus offensifs (puisque c’est un peu de ça que l’on cause depuis le début) revient tout simplement à se pencher sur les automatismes et le travail des deux attaquants. Dans la majorité des cas, ces derniers se partagent le terrain dans la hauteur : le premier prend la pointe et le second opère en décrochant en position de 9 et 1/2. Exemple : le duo Rooney-Berbatov de Manchester United. A l’arrivée, la relation se développe ici de la même façon qu’elle peut se développer dans un 4-2-3-1. Voir les exemples déjà présentés ci-dessus et dans l’article précédent.

Beaucoup plus rare dans le football actuel, les attaquants peuvent se partager le terrain dans la largeur pour ne pas se marcher sur les pieds. Généralement, cela se fait souvent au sein d’équipes possédant des flèches capables de prendre la profondeur devant. Cela implique donc un bloc assez bas, de manière à ouvrir des solutions aux attaquants dans le dos des défenseurs adverses (généralement dans le dos des latéraux, cf Özil). Le dernier exemple qui me vient est celui de Lorient (oui, c’est un autre standing) avec son duo Gameiro-Kitambala que j’ai vu à l’oeuvre face à Bordeaux.

Rien de bien compliqué dans le schéma d’explication. En rouge et en blanc, vous voyez d’abord l’appel qui déclenche l’action et la remontée du bloc (la flèche qui va dans la zone correspondant à sa couleur) : lorsqu’il est bien réalisé, l’attaquant a toutes les chances de se retrouver en un-contre-un face à un défenseur central excentré. C’est à la fois sa vitesse d’exécution et celle de ses soutiens les plus proches (milieu excentré, milieu axial) qui décidera ensuite du sort de l’action. De son côté, l’autre attaquant vient prendre l’axe pour compenser le déplacement sur l’aile de son coéquipier… A l’ailier opposé de venir ensuite s’installer au second poteau.

PS : Je rappelle que ce dernier schéma de jeu ne prend son sens que lorsque l’équipe qui l’utilise s’attend à être dominée et donc à aligner des ailiers qui devront abattre un gros travail de repli défensif pour compenser les montées des latéraux adverses. Dans le cas où l’équipe jouant de cette façon dominerait, la présence de deux attaquants sur le front de l’attaque obligerait les joueurs de couloir à écarter un maximum le jeu pour éviter le fameux entonnoir dans l’axe. En gros pour garder l’exemple lorientais : dans le premier cas, on a Amalfitano à droite ; dans le deuxième, on a Monnet-Paquet…

La suite dans le troisième et dernier épisode…

Spoiler alert : On s’occupera du fameux 4-4-2 en losange et des organisations en 4-3-3, alors ne le ratez pas !

5 réponses

  1. arthur dit :

    Encore une analyse très intéressante. A quand la troisième partie, avec l’étude du 4-3-3 qui m’intéresse particulièrement (la formation dans laquelle je fais jouer mon équipe) ?
    Merci !

  2. erick dit :

    oui a quand le 4-3-3???

  3. Je me replonge dans le bain au plus vite… Il faut que je relise bien mes précédents écrits théoriques histoire d’être le plus complet possible.

  4. Kobbi dit :

    Est-ce possible de timber sur un article qui dècrit e rôle de 9 1/2 et des AC ds les #sys
    Merci
    [email protected]

  1. 28 mars 2013

    […] Llorente dans le Bilbao de Bielsa), de leur technique (Berbatov à Manchester, dans un rôle de 9½ derrière l’attaquant), ou de leur placement reculé (c’est toute la responsabilité de Totti dans le jeu de la Roma […]

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