D’un derby à l’autre, après Manchester, c’est à Londres que se déroulait l’autre grand match du week-end en Premier League. Ici pas question de suprématie sur la ville, Arsenal et West Ham sont là aux dernières nouvelles, mais plutôt de domination du championnat. Auteur d’un sans-faute de puis le début du championnat, Chelsea accueille son rival en tant que leader. Dans le camp d’en face, les Spurs de Tottenham ont réussi leur meilleur départ depuis quelques décennies et doivent confirmer contre un gros, une semaine après la défaite face à Manchester United. Voilà pour le contexte de ce Chelsea-Tottenham, un sommet qui va tourner court en faveur des Blues d’Ancelotti.

Au coup d’envoi, je découvre le Chelsea version Carlo Ancelotti. Sur le papier, cela ressemble à un milieu en losange ; en pratique, on s’approche franchement de l’arbre de Noël milanais avec Anelka et Lampard en soutien de Drogba seul en pointe. Derrière, les trois milieux se nomment Ballack et Malouda pour les relayeurs et Essien pour la sentinelle devant le back four. Derrière, la défense n’a pas changé par rapport à l’année dernière puisque l’on retrouve Cole, Terry, Ricardo Carvalho et Bosingwa devant Cech. A Tottenham, Harry Redknapp compose avec l’absence de son maître à jouer Luka Modric et aligne un 4-3-3 : seul en pointe Defoe est soutenu par Lennon et Keane qui permutent énormément. Derrière eux, une ligne de trois gros travailleurs (Palacios, Jenas et Huddlestone) protègent une défense composée de Corluka, Bassong, King et Assou-Ekotto. Dans les buts, Stamford Bridge retrouve un ancien de la maison, Carlo Cudicini.
Bizarrement pour un match 100% anglais, la rencontre débute sur un faux rythme. Les Blues abandonnent le ballon à Tottenham et patientent dans leur moitié de terrain. Se sachant inférieurs, les hommes d’Harry Redknapp en profitent pour faire tourner tranquillement le ballon au milieu de terrain en attendant une ouverture dans le bloc adverse. Très patient, les Spurs inquiètent Cech à deux reprises sur des frappes lointaines de Huddlestone et Jenas. Quelques minutes plus tard, Huddlestone trouve Defoe parfaitement dans la profondeur mais l’international perd son duel face au portier tchèque. Le ton est donné : l’axe de Chelsea est prenable. Malheureusement pour Tottenham, le premier quart d’heure prouve aussi que Chelsea, même sans le ballon, peut marquer à tout moment. Que ce soit par Bosingwa, qui touche l’arête sur une frappe lointaine, ou Drogba à deux doigts de reprendre un centre d’Anelka.
Petit à petit, les Blues vont évoluer plus haut sur le terrain. De la ligne médiane au début de la rencontre, Didier Drogba se retrouve entre les deux défenseurs centraux de Tottenham aux alentours de la 20ème minute. Avec lui, c’est tout le bloc de Chelsea qui monte d’un cran. On est loin d’un pressing façon Barcelone mais les Blues quadrillent assez bien le terrain pour gêner la circulation de balle de leurs adversaires. Dans l’autre camp, on sent les Spurs encouragés par ce début de match mais toujours sérieux en phase défensive : s’ils n’hésitent pas à mettre la pression sur les relances des défenseurs de Chelsea, ils se replient le plus rapidement possible dans leur moitié de terrain lorsque les hommes d’Ancelotti approchent la ligne médiane. Dans ce rôle précis, c’est Robbie Keane qui se signale en multipliant les courses d’un camp à l’autre. Malheureusement pour eux, les Spurs vont être trahis par leurs joueurs de couloir, beaucoup moins agressifs que les autres sur cette rencontre.
La frappe de Bosingwa sur l’arête de son gardien l’avait pourtant prévenu : face à des joueurs de cette trempe, il ne suffit pas de faire face pour s’en sortir. Sur son côté gauche, Benoît Assou-Ekotto en a fait l’amère expérience. A cause de son manque d’agressivité, l’ancien Lensois est directement impliqué sur les deux premiers buts de Chelsea. Il laisse Drogba ajuster un centre parfait pour Ashley Cole (32e) pour le 1-0. Une mi-temps et vingt-cinq minutes plus tard, lui et son milieu de terrain (Palacios) sont sur la même ligne et ouvrent le couloir à Bosingwa qui sert Anelka pour le centre à l’origine du second but. Entre temps, comme si cela ne suffisait pas, les Spurs perdent Ledley King sur blessure. Harry Redknapp est alors obligé de faire entrer Alan Hutton à droite, plus que moyen, et de faire glisser Corluka dans l’axe. Peu à l’aise à ce poste, le Croate, que j’ai adoré lors du dernier Euro, a souffert en face-à-face avec Drogba comme le montre le troisième but des Blues peu après l’heure de jeu.
Sonnés par l’ouverture du score, les Spurs n’ont quasiment plus construit de la rencontre. Déjà très limites en défense, les latéraux n’apportent rien en phase offensive ; c’est bien simple, en deuxième mi-temps, le rendement offensif de l’équipe est entièrement dépendant de celui d’Aaron Lennon. L’ailier a bien réussi à faire passer quelques frissons dans Stamford Bridge mais tout était déjà joué au tableau d’affichage. L’entrée de Peter Crouch a peut-être laissé un goût d’inachevé à Redknapp ; quand votre attaquant prend le dessus sur Terry et Carvalho sur son premier ballon à 25 minutes de la fin, vous vous demandez peut-être pourquoi vous ne l’avez pas lancé plus tôt dans le match. Pour ne rien arranger, les Spurs perdent e leur second défenseur central, Sébastien Bassong, durement retombé sur la tête après un duel avec Nicolas Anelka. Côté Blues, les soigneurs ont aussi du travail en fin de rencontre avec la sortie de Drogba, touché derrière le genou.
Aucune surprise donc sur cette rencontre. D’un côté, Tottenham a cru faire illusion pendant la première demi-heure en tenant le ballon et en profitant des automatismes défaillants entre la défense centrale, Terry-Carvalho, et la sentinelle Essien dans le nouveau système d’Ancelotti. Incapable de concrétiser à la marque, les Spurs se sont couchés sur l’un des premières accélérations des pensionnaires de Stamford Bridge qui ont su appuyer sur leur point faible. Au passage, malgré le nouvel entraîneur et le nouveau système, Chelsea est aussi impressionnant que la saison dernière. S’ils règlent rapidement leurs problèmes dans l’axe, la Premier League leur tend presque les bras. Vu les joueurs incriminés, Carvalho, Terry et Essien, on a de quoi être optimistes pour eux.



[...] dernier. La parenthèse du debrief du Grand After refermée mardi soir, j’ai pu vous proposer l’analyse de Chelsea-Tottenham mercredi et un premier zoom sur le nouveau look du FC Barcelone [...]Reply – Quote