Pays-Bas 0-1 Espagne : le fil tactique

Au bout du suspense et dans un match à énorme tension, l’Espagne est donc allé chercher la première étoile de son histoire. La recette néerlandaise, entre free fight au milieu de terrain et football dans le camp adverse, n’a finalement buté que sur un Iker Casillas impérial. Le capitaine de la Roja a su gagner les duels qu’il fallait face à Robben pour permettre ensuite à ses offensifs de faire monter la défense Oranje en pression. Jusqu’à ce qu’elle craque, d’abord avec la sortie d’Heitinga… Puis la volée victorieuse d’Iniesta.

0′ : Découverte des deux onzes de départ. Du grand classique des deux côtés avec du copié-collé des demi-finales (sauf De Jong qui remplace De Zeeuw et Mathijsen pour Ooijer).
1′ : Premier ballon au sol pour les Espagnols. Les Néerlandais mettent une pression folle sur les milieux en position basse (Xavi, Busquets, Xabi Alonso).
6′ : Les Pays-Bas poursuivent leur travail pour couper la relation entre défensifs et offensifs espagnols en mettant en place une ligne de quatre. Pas d’affolement côté Roja, on patiente à l’entrée du camp néerlandais en attendant les mouvement de Pedro qui travaille entre les lignes.
9′ : Lorsqu’ils n’ont pas le ballon, les offensifs espagnols se font moins pressants que face à l’Allemagne. La ligne de récupération en est plus basse.
13′ : Les Pays-Bas utilisent la technique brevetée par l’Inter pour se sortir d’un pressing espagnol : on balance ou on remonte le terrain en utilisant tout sa largeur (changements de jeu, transversales…).

17′ : Le jeu se durcit. Webb sort ses deux premiers cartons en deux minutes : Van Persie sur Capdevila puis Puyol sur Robben.
21′ : Les Pays-Bas utilisent les extérieurs pour tenir le ballon. Là encore, les changements d’aile réguliers sont les meilleures armes pour se défaire du pressing adverse, dont le bloc se resserre autour du porteur.
23′ : Deux autres avertissements tombent : Van Bommel envoie du lourd sur Iniesta et Ramos est en mode fourbasse sur Kuyt.
26′ : Les parallèles continuent : Sneijder retrouve son rôle de harceleur à l’Inter sur Sergio Busquets et Van Persie se retrouve à ses côtés en phase défensive à la manière des Allemands Ozil/Klose.
28′ : Nouveau carton jaune pour de Jong sur Xabi Alonso pour une imitation réussie du Big Boot de l’Undertaker. Oranje : le sens du service.

33′ : L’Espagne reprend peu à peu le contrôle du milieu de terrain et repart à la recherche de failles dans la première ligne néerlandaise qui oscille entre cinq et quatre éléments (quand De Jong descend en couverture.
36′ : Lorsqu’il faut relancer, les latéraux néerlandais jouent très haut pour gêner l’habituel pressing du bloc espagnol.
41′ : Les fautes sont toujours autant présentes dans ce match qui devient de plus en plus haché.
43′ : Busquets remporte un ballon dans le camp néerlandais mais l’Espagne ne peut pas en profiter. La faute à une magnifique obstruction de Sneijder.
46′ : Robben récupère un ballon à l’angle de la surface espagnole. Il frappe sans hésite mais Casillas détourne en corner.

Mi-temps : La Roja a eu la maîtrise du match jusqu’à ce que les Néerlandais sortent la boîte à cartons. En durcissant le jeu, ils se sont offerts quelques phases de possession de balle bien utilisées, sur toute la largeur du terrain. Mais seuls les coups de pied arrêtés et un ou deux éclairs individuels semblent pouvoir mettre Casillas en danger. Côté Espagnol, la belle ligne de quatre orange coupe le soutien habituel à Pedro et Villa qui s’enferment dans des rôles trop axiaux pour inquiéter la défense adverse. La solution viendra des ailes… Mais pas forcément des latéraux.

49′ : L’Espagne est plus haute, récupère le ballon dans le camp néerlandais… Et écarte enfin le jeu avec de multiples combinaisons Iniesta/Capdevila côté gauche et Pedro/Ramos sur le côté droit. Les Néerlandais réussiront à couper les mouvements de justesse mais de façon irrégulière. Dans l’ordre, Van Bommel évitera de peu la correctionnelle tandis que Van Bronckhorst n’échappera pas à la sanction administrative signée Webb.
55′ : Les Pays-Bas continuent de vouloir résister dans l’entrejeu. Les transversales font figure d’atout numéro un pour se défaire du pressing espagnol.
58′ : Les Espagnols insistent sur les côtés pour envoyer du jeu. Le match gagne en tension et en nervosité des deux côtés.
60′ : Suite logique du changement de comportement de l’animation espagnole, un ailier pur (Jesus Navas) remplace Pedro.

61′ : En jouant plus haut, l’Espagne se met en danger dans la profondeur. Van Persie joue un cran plus bas et c’est Robben qui part dans le dos pour un face-à-face… Remporté par Casillas.
67′ : Nouveau ballon gagné dans l’entrejeu par les Néerlandais. Van Persie part sur l’aile droite mais est rattrapé par Capdevila. On aperçoit enfin la lumière dans le jeu pour les Pays-Bas : la victoire passera par le schéma récupération rapide / projection immédiate.
70′ : Navas enflamme l’aile droite depuis son entrée en jeu. Villa manque une énorme occasion d’ouvrir le score.
71′ : Kuyt est remplacé par Elia.
74 : L’animation espagnole penche logiquement à droite depuis l’entrée de Navas. Iniesta évolue quasiment en tant que numéro 10 avec Villa en pointe et le Sévillan à droite.

77′ : Sur le flanc gauche, l’animation espagnole se résume à des relais avec Xavi lorsqu’Iniesta décide de rentrer à l’intérieur, Capdevila prenant parfois le couloir dans le mouvement.
81′ : Les Néerlandais ne sortent plus ou presque. Ils défendent dans leur camp depuis plusieurs minutes. Sneijder sauve les meubles en tant que dernier défenseur sur Iniesta.
83′ : Projection rapide, travail à trois avec déviation de Van Persie et voilà Robben reparti face à Casillas. Troublé par les accrochages de Puyol, il s’incline une nouvelle fois.
86′ : Xabi Alonso est remplacé par Fabregas.
89′ : Les Espagnols paraissent en danger sur chaque contre. Et la sortie de Xabi Alonso affaiblit les couvertures. Attention au trio Sneijder / Robben / Van Persie…

Coup de sifflet final : On aura donc droit aux prolongations pour la deuxième fois d’affilée en finale de Coupe du Monde. Les physionomies se ressemblent aussi un peu avec des Néerlandais qui patientent à l’italienne et des Espagnols qui poussent mais manquent les derniers gestes façon France. L’entrée de Fabregas n’a pour le moment eu pour conséquence que l’affaiblissement des couvertures, on attend que les choses se mettent en place devant. Et le temps presse !

93′ : Action plein axe pour l’Espagne, Fabregas, Iniesta, Villa et Xavi volent les uns après les autres autour de la surface néerlandaise. Pour un corner uniquement.
96′ : Iniesta lance Fabregas dans la profondeur. Le Gunner fossoie un face-à-face alors que Villa était seul dans l’axe. Sur le contre, Robben manque de faire la différence… Sur le corner, Mathijsen manque de catapulter le ballon dans un but laissé vide par une sortie hasardeuse de Casillas.
99′ : De Jong est remplacé par Van der Vaart…

105′ : L’Espagne est en place devant et on distingue deux trios dans l’axe. Le défensif qui couvre avec Busquets, Puyol et Piqué… Et l’offensif avec Fabregas, Iniesta et Xavi qui travaille derrière la première ligne néerlandaise, le dernier cité décrochant parfois pour remonter les ballons. Les latéraux sont plus prudents (lié à la sortie de Xabi Alonso).
106′ : Van Bronckhorst est remplacé par Braafheid et Torres entre à la place de Villa.
109′ : Deuxième carton jaune pour John Heitinga. Van der Vaart passe en défense centrale. L’Espagne a dix minutes pour être championne du monde…

… Et elle le deviendra ! Les Pays-Bas sont pourtant passés tout près avec les ratés de Robben face à Casillas. Le projet de Van Maarwijk a failli fonctionner. Mais Del Bosque a su parfaitement y répondre à partir de l’heure de jeu et l’entrée de Navas qui a offert plus de variétés dans le jeu de la Roja. A partir de là, les occasions se sont multipliées ; l’entrée de Fabregas s’est joué à quitte ou double. Des deux côtés, chaque ballon semblait pouvoir aboutir sur une action ou un coup de pied arrêté dangereux. Finalement, la balance a donc penché côté espagnol grâce à son meilleur joueur : Enfant-Lune forever.

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