Paris SG 5-0 Saint-Etienne : l’analyse tactique

Décevant la semaine dernière face à l’ETG, le PSG s’est rattrapé devant son public en faisant exploser l’AS Saint-Etienne en clôture de la 4ème journée. Christophe Galtier avait tenté « un coup » en alignant son équipe en 3-5-2 mais plusieurs erreurs individuelles ont plombé son projet de jeu et offert une victoire facile au double champion de France en titre.

Compositions :

Côté parisien, avec le retour d’Ibrahimovic, c’est quasiment l’équipe-type de ce début de saison qui commençait la partie sur la pelouse du Parc des Princes. Thiago Silva blessé, Marquinhos était titulaire aux côtés de David Luiz. Pastore a lui aussi eu l’occasion d’enchaîner après ses bonnes prestations, l’Argentin étant préféré à Matuidi pour compléter le milieu de terrain aux côtés de Thiago Motta et Verratti.

Dans l’autre camp, Christophe Galtier a donc tenté de surprendre son adversaire en alignant un 3-5-2 qui positionnait Tabanou et Monnet-Paquet dans les couloirs. Devant, Van Wolfswinkel et Erding étaient associés et avaient pour mission de convertir en occasions les ballons remontés par Clément, Lemoine et Cohade. Derrière, Sall était encadré par Théophile-Catherine et Pogba.

Saint-Etienne pour bloquer la transition parisienne : 

Les Verts ne sont pas les seuls à avoir tenté de gêner le PSG en utilisant un tel système de jeu. Avant elusieurs équipes étaient déjà venus au Parc des Princes en 3-5-2 : fin août 2012, Bordeaux avait ramené un point (0-0). En novembre dernier, Lyon avait eu beaucoup moins de réussite (4-0). Face au PSG, le principal avantage du 3-5-2 est qu’il permet de bloquer assez efficacement le milieu de terrain parisien. Le milieu à trois peut contenir les deux relayeurs et la présence de deux attaquants permet de s’opposer à la fois à Thiago Motta et aux joueurs qui pourraient l’aider à remonter les ballons (Verratti, Thiago Silva…).

En première ligne, Erding et Van Wolfswinkel se positionnaient d’ailleurs à hauteur du milieu de terrain parisien. Derrière eux, Lemoine et Cohade se retrouvaient dans les zones de Pastore et Verratti. Lorsque ces derniers redescendaient à hauteur de Motta, les Stéphanois restaient en position, laissant à leurs attaquants la tâche de mettre la pression sur les deux milieux parisiens. Sur les côtés, Tabanou et Monnet-Paquet devaient bloquer la progression de Van der Wiel et Maxwell lorsque ces derniers étaient servis. Ils laissaient ainsi à Pogba et Théophile-Catherine le marquage de Lucas Moura et Cavani.

Jusqu’à l’erreur de Ruffier, qui a offert l’ouverture du score à Paris (1-0, 24e), Saint-Etienne n’avait pas concédé la moindre occasion. Preuve de l’efficacité de leur organisation, le PSG avait dû s’en remettre aux décrochages d’Ibrahimovic pour trouver des solutions au sol au milieu de terrain. Chargé de le suivre lorsqu’il redescendait, Clément ne pouvait que le contenir, à défaut de pouvoir lui prendre le ballon pour offrir des situations de contre à ses partenaires.

Solide au milieu de terrain durant les 20 premières minutes, l’ASSE était néanmoins en difficulté dès lors qu’il récupérait la possession de balle. Sans être dangereux, les Parisiens ont eu peu de déchets, limitant de fait les attaques rapides stéphanoises. Les Verts ont récupéré la majorité des ballons dans leur moitié de terrain, ce qui les obligeait ensuite à repartir de leurs défenseurs. Or sans Perrin derrière, la qualité de relance laissait à désirer.

Autour d’Ibrahimovic qui restait dans l’axe, les Parisiens ont ainsi mis la pression sur les rampes de lancement stéphanoises : Cavani à gauche face à Sall ou Théophile-Catherine, Verratti à droite face à Clément. Maxwell et Van der Wiel bloquaient Monnet-Paquet et Tabanou sur les ailes, Pastore se retrouvant face à Lemoine dans l’axe. Seul Cohade, sur quelques déplacements, semblait en mesure de perturber l’organisation parisienne mais la paire Erding-Ricky était ensuite dominée dans les duels par la défense parisienne, empêchant le développement d’actions dans le dernier tiers du terrain.

Le second but : 

Il a fallu attendre le second but du PSG pour voir enfin une action collective digne de ce nom (Ibrahimovic, 41e). Sur cette phase de jeu, partant de la droite pour finir par un centre de Maxwell côté gauche, les hommes de Laurent Blanc ont réalisé exactement ce qu’il faut faire pour prendre à défaut un 3-5-2.

Avant l’illustration, rappel théorique : ce système demande aux latéraux de sortir à tour de rôle au milieu de terrain. Quand le latéral gauche sort (Tabanou), il est couvert par le stoppeur gauche (Pogba) ; à l’opposé, le latéral droit doit redescendre afin de compléter la défense (à 4 joueurs – sur cette situation, de gauche à droite : stoppeur gauche-défenseur axial-stoppeur droit, latéral droit). Pour prendre à défaut un tel système, l’adversaire doit donc réussir à renverser rapidement le jeu de manière à profiter du champ libre abandonné au milieu de terrain par le latéral droit.

Saint-Etienne bloque l’axe avec ses milieux et ses attaquants. Le ballon va jusqu’à Van der Wiel. Comme demandé par le système, Tabanou sort afin de le bloquer, laissant Pogba avec Lucas Moura en couverture.

Un mouvement se met en place côté droit entre Van der Wiel (qui donne le ballon et prend la profondeur), Lucas Moura (qui récupère la balle) et Verratti (qui offre une solution à l’intérieur). Côté stéphanois, on réagit à ces déplacements. Pogba et Tabanou suivent leurs adversaires directs et échangent leurs positions. Les axiaux coulissent vers le côté : Clément pour couvrir, Cohade pour suivre Verratti.

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Lucas Moura fait la différence : il se défait du marquage de Pogba (qui reprend sa place dans la défense) et passe devant Cohade (focalisé sur Verratti). Clément est trop loin pour le stopper, Lemoine doit lâcher Pastore pour aider son partenaire.

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Le décalage est fait : Pastore est servi dans le sens du jeu. Devant lui, ils ne sont plus que trois Stéphanois face à Cavani et Ibrahimovic. En défense depuis le début de l’action, Monnet-Paquet ne peut s’excentrer pour bloquer la montée de Maxwell. Conséquence, le latéral brésilien est complètement seul et peut déborder sur l’aile gauche sans opposition.

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Monnet-Paquet est trop loin pour empêcher le latéral parisien d’assurer son centre pour Ibrahimovic. Le Suédois fait ensuite la différence dans la surface de réparation en prenant le meilleur sur Pogba et Sall. 2-0 pour le PSG.

Le faux-procès du système : 

Christophe Galtier a-t-il fait une erreur en faisant le choix du 3-5-2 ? Les 20 premières minutes de la partie ne lui donnaient pas tort, le PSG ayant beaucoup de mal à franchir le milieu de terrain. Tactiquement, l’ASSE a toutefois souffert d’un déséquilibre sur son côté gauche. La présence de Lucas Moura sur l’aile a poussé Tabanou à jouer plus bas au fil des minutes, afin de ne pas laisser le Brésilien en un-contre-un face à Pogba. Cela a laissé plus d’espaces à Van der Wiel et forcé Cohade à s’excentrer pour bloquer le latéral néerlandais.

Remontant le ballon par la droite, Paris renversait ensuite côté gauche en utilisant les relais de Pastore dans l’axe (comme sur le second but analysé ci-dessus). Côté droit, les Stéphanois ont beaucoup mieux résisté dans l’entrejeu. Cavani n’étant pas une menace lorsqu’il évolue sur l’aile, Monnet-Paquet sortait sans risque afin d’aider ses milieux de terrain en bloquant Maxwell. Cela permettait à ces derniers de rester dans l’axe afin de s’opposer aux incursions des milieux parisiens.

Mais au-delà de ce déséquilibre tactique, les Stéphanois ont tout simplement commis beaucoup trop d’erreurs individuelles pour espérer pouvoir ramener quelque chose de ce déplacement. Si les deuxième et quatrième buts parisiens ne doivent rien à personne, les premier et troisième sont offerts par Ruffier et Monnet-Paquet. Quant au cinquième, il est venu punir une équipe complètement désorganisée, comme en témoigne la distance séparant Verratti – qui lance Ibrahimovic – et Cohade qui était jusqu’ici chargé de le suivre.

Conclusion : 

Si le score reflète bien l’écart qui séparait les deux formations hier soir, la performance parisienne est à relativiser. Peu inspirés en début de partie, les hommes de Laurent Blanc ont été mis sur le bon chemin par l’énorme erreur de Ruffier, qui leur a permis d’ouvrir le score (le plus dur face à une équipe stéphanoise qui était en difficulté lorsqu’elle devait construire). Les Parisiens pourront toutefois retenir que leur défense a largement dominé les duels, tant dans l’axe que sur les côtés, bien aidée en cela par le travail du reste du bloc pour gêner la construction stéphanoise.

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3 réponses

  1. denis dit :

    Bonjour, avec Ibrahimovic, Cavani et Pastore en attaque, je comprends comment le PSG a pu s’imposer. La formation de Laurent Blanc est fantastique !

  2. ASSE Stats dit :

    Très bonne analyse du match, mais le résultat fait toujours aussi mal :/

  1. 1 septembre 2014

    […] tout est plus simple avec Zlatan Ibrahimovic20minutes.frL’Equipe.fr -France Info -Les Chroniques Tactiques244 autres […]

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