Paris SG 2-2 Montpellier, l’analyse tactique

En clôture de la 24ème journée de Ligue 1, le PSG et Montpellier se sont séparés dos à dos au Parc des Princes. Un résultat logique si l’on s’en tient à ce qu’il s’est passé dans les deux zones de vérité. Mais dans l’entrejeu, le collectif héraultais a offert une énorme résistance à son adversaire, imprimant la plupart du temps le tempo de la rencontre.

Les compositions :

– Côté parisien Carlo Ancelotti doit composer avec l’absence de Bodmer et le retour de blessure de Pastore. L’Argentin débute la rencontre sur le banc, laissant Gameiro en pointe devant le duo Nene-Menez : Sirigu (30) – Bisevac (4), Alex (13), Sakho (3), Maxwell (17) – Thiago Motta (28), Matuidi (14), Sissoko (23) – Nenê (10), Ménez (7) – Gameiro (19).

– Du côté des visiteurs, René Girard peut compter sur l’intégralité de ses forces pour aborder ce choc. Sans surprise, il lance donc son équipe-type pour débuter sur la pelouse du Parc des Princes : Jourdren (16) – Bocaly (2), Yanga-Mbiwa (3), Hilton (4), Bedimo (5) – Saihi (23), Estrada (13) – Camara (19), Belhanda (10), Utaka (7), Giroud (17).

Pression montpelliéraine :

Les premières minutes de la rencontre permettent de découvrir une équipe de Montpellier sans complexe, qui pose des problèmes que les Parisiens auront du mal à résoudre pendant une bonne partie de la rencontre. Fidèle à ses habitudes, la formation héraultaise se distingue notamment par un excellent quadrillage du terrain et beaucoup d’agressivité -dans le bon sens du terme- dans l’entrejeu.

Commençons par le quadrillage. L’équipe mise en place par René Girard cible son pressing sur la ligne des trois milieux de terrain du Paris Saint-Germain -Sissoko, Thiago Motta et Matuidi-. En pointe, Belhanda et Giroud se positionnent devant Thiago Motta, l’empêchant ainsi de trouver la profondeur. Sur les côtés, Camara et Utaka viennent respectivement fermer face à Matuidi et Sissoko, se positionnant aussi de manière à enfermer le latéral adverse au cas où celui-ci serait sollicité par l’un des deux joueurs Parisiens (en rouge).

Derrière cette première ligne de quatre, Montpellier se retrouve avec quatre joueurs positionnés de manière à jouer les duels. Dans les couloirs, Bedimo et Bocaly évoluent très haut pour prendre les latéraux parisiens le plus tôt possible (en rouge) pour ensuite essayer de jaillir en contre -ce que fera Bedimo à plusieurs reprises en partant dans le dos de Bisevac-. Dans l’axe, Saihi et Estrada sont eux chargés de suivre les courses et les décrochages de Ménez et Nenê (en blanc). Derrière, Yanga-Mbiwa et Hilton doivent eux surveiller les déplacements de Gameiro, qui pourraient notamment profiter des espaces dans le dos des latéraux.

Mais la bonne tenue de la première ligne par les attaquants montpelliérains empêche la relance parisienne de sauter ses relais -latéraux, Nenê et Ménez- pour trouver directement Gameiro que ce soit sur les ailes ou dans l’axe. Résultat, Ménez est même obligé de descendre devant cette première ligne pour tenter de créer des brèches dans l’excellent bloc défensif montpelliérain (en jaune).

Un bloc qui explose ensuite grâce aux montées de Bedimo et Bocaly qui sont les premiers soutiens des attaquants, Saihi et Estrada étant plus conservateurs de manière à couvrir Nenê et Ménez. Les deux Parisiens ne se repliant pas de la meilleure des manières, le milieu parisien doit coulisser sur la largeur pour éviter de prendre l’eau sur les côtés. Dans l’axe, Belhanda en profite pour faire des différences en un-contre-un (voir contre deux ou trois aussi).

Temps forts parisiens :

Au fil des minutes, le PSG s’adapte à ce que propose Montpellier et revoit notamment son organisation à la relance. Une révision qui modifie aussi les mouvements dans le camp adverse, et fait naturellement reculer le bloc montpelliérain. A l’arrivée, sur le plan de l’opposition tactique, la rencontre a alterné les phases avec un Montpellier assez haut et des Parisiens trouvant ensuite des espaces dans le camp adverse pour rééquilibrer les débats.

Pour résister au plan de jeu adverse, Paris revoit donc son projet de jeu à son fondement : la relance. Censé occuper les couloirs et laisser la relance à leurs relayeurs, Bisevac et Maxwell évoluent désormais plus bas, formant un quinté de relance avec Sakho, Alex et Thiago Motta. L’objectif de ce groupe est simple : sauter ou transpercer le premier rideau montpelliérain pour trouver les milieux relayeurs ou les créateurs. Outre le fait que la relance s’effectue désormais sur toute la largeur du terrain, ce repositionnement des latéraux entraîne plus de mouvement dans le camp adverse.

Alors que Bisevac et Maxwell évoluent toujours dans la même zone lorsqu’ils sont dans le camp adverse, Sissoko et Matuidi apportent du mouvement par leurs courses, que ce soit dans la profondeur pour compenser les déplacements de leurs créateurs -Nenê et Ménez- ou sur les extérieurs directement, afin d’occuper la zone entre l’ailier et le latéral montpelliérain (en blanc). Un déplacement qui peut obliger ce dernier à sortir, libérant de l’espace dans son dos pour l’appel d’un attaquant ou d’un des meneurs…

La sortie de Gameiro à l’heure de jeu au profit de Hoarau confirme les envies parisiennes de sauter la première ligne montpelliéraine, pour construire ensuite grâce à des appuis et à la formation de triangles avec le soutien des relayeurs et des latéraux. Dans cette optique, Pastore entre ensuite en tant que relayeur à la place de Sissoko. Côté montpelliérain, bien que le bloc soit plus bas, l’équipe parvient à repliquer grâce à la paire Belhanda -au sol- et Giroud dans les airs. Niveau coaching, Girard changera ses trois milieux axiaux -Stambouli pour Estrada, Marveaux pour Saihi et Cabella pour Belhanda- pour ne pas trop subir le contre-coup physique dans le money-time. De la récupération à la relance, l’entrée en jeu de Stambouli aura d’ailleurs été une très bonne réussite.

Conclusion :

Une opposition qui a, enfin pour un choc en Ligue 1 cette saison, véritablement été à la hauteur des attentes. Le collectif montpelliérain, forts de trois saisons d’expérience, a véritablement dicté le rythme de la rencontre -temps forts/temps faibles-. S’ils ne l’ont pas toujours subi, les Parisiens ont plus semblé dans la réaction et peuvent remercier le coup de génie de Ménez en fin de partie, à l’origine de l’égalisation. En résumé, un match qui a sans doute opposé le meilleur collectif de L1 à ce qui est pour le moment la plus belle addition d’individualités dans un projet de jeu intéressant : pas étonnant que les deux équipes soient là où elles sont aujourd’hui…

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14 réponses

  1. The teacha dit :

    L’action de Menez a sauvé les meubles pour Paris. Ils n’ont absolument rien rien montré pour moi dans cette affiche et se sont fait bouffés de A à Z et pourtant j’aime bien Paris.
    Pour en venir au sujet tactique, j’pense qu’il faut vraiment qu’Ancelotti utilise Jallet ou Caera sur le coté droit et donc avoir 2 purs latéraux sur les cotés jouant trés haut.
    Dans ce systeme et quand Paris n’a pas le ballon, c’etait à Menez et Néné de bloquer la largeur sur Bedimo et Bocaly , c’est surtout de la qu’est venu le souci pour les Parisiens. En revanche quand Paris a le ballon, j’aurais aimé que thiago Motta pénetre plus dans l’axe comme le fait desfois Bodmer ou Pirlo à la juve, par sa vision et sa qualité de passe, il emmènerait un plus et apporterait du surnombre plutot que de faire du jeu depuis son camp. Je pense que si Pastore ne revenait pas de blessure, il serait certainement rentré plus tôt car son entrée à fait du bien tactiquement meme s’il n’est pas trop en jambes,il a su fixé un milieu def de Montpellier ce qui a laissé un peu plus de liberté à Néné et Menez.

    Sinon perso, je suis pas trop d’accord avec l’intro, je trouve pas que le score soit logique mais c’est juste mon avis, Montpellier méritait largement les 3 pts

  2. samirhenry dit :

    bjr, moi aussi je trouve que Montpellier mérité amplement le gain du match, Paris a encore une fois fait étalage de ses difficultés immenses dans le jeu et ce n’est pas ce 4-3-2-1 qui va arranger les choses. collectivement y avait pas photos entre les deux équipes!
    Tactiquement, on savait que si le PSG arriverai à égaliser, la différence sera faite en plain axe, j’aurai préféré que Girard densifie encore son milieu de terrain après le but d’Utaka, en faisant rentré Pitau a la place de S.Camara (Belhanda glisse sur le coté). Mais bon… .

  3. ezeki4l dit :

    Globalement d’accord dans l’ensemble, mais je pense que beaucoup d’analyses de ce match n’ont pas mis en lumière la relative faiblesse offensive du côté droit montpelliérain hier soir. Si Bedimo et Utaka ont été au four et au moulin sur l’aile gauche, on ne peut en dire autant de Bocaly et Camara qui, même s’ils ont assuré le service minimum en phase défensive, n’ont pas eu, à mon sens, le poids offensif suffisant. Je pense d’ailleurs que Camara aurait pu céder sa place à Cabella ou Pitau pour la dernière demie-heure, par exemple.

    Qu’en penses-tu ?

  4. François dit :

    La lutte s’annonce quand même dure et sera longue.
    Qui des deux sera champion ? Le PSG et sa force financière ou le challenger Montpellierain ?
    Pour ma part Montpellier me fait penser à Lille l’an passé une équipe qu’on attendait pas comme candidate au titre et pourtant par son beau jeu surprend et gagne.
    Cette saison la Ligue 1 me semble beaucoup plus attractive avec ce duel!

  5. Camara a en effet été en-dessous du niveau de ses partenaires sur le plan offensif. Je suis moins sévère avec Bocaly, qui a eu quelques montées intéressantes mais pas la même activité que Bedimo en raison, je pense, du rendement de son ailier justement.

  6. The teacha dit :

    Camara à été choisi surtout pour contrer Maxwell dans ses montées car je pense qu’il est plus apte à répéter les efforts physiques contrairement à Cabella qui est plus léger dans ce domaine. Et vu que coté droit, Bisevac n’est pas le roi de la montée, il est normal qu’on est beaucoup plus vu Utaka et Bedimo profiter du manque d’initiative du coté droit parisien et donc se lacher plus offensivement.
    @françois: Je pense quand meme que sur les 3 derniers mois restant, Paris sera en mesure de tenir la cadence, ils n’ont meme pas le choix au vu du foot francais vu la strategie employée dans les transferts et l’eviction de kombouaré. Si paris n’est pas champion, ils seront la risée de toute l’europe

  7. samirhenry dit :

    Concernant S.Camara, je pense que Florent et the teacha ont tout dis! d’ailleurs je rejoins leur avis sur ca.
    Hors sujet: est ce que la qualification de Montpellier pour la C1 est dans l’intérêt du foot français ?

  8. Parfum Bio dit :

    Je suis de ton avis Samirhenry

  9. ToujoursVert dit :

    « Si paris n’est pas champion, ils seront la risée de toute l’europe » Ah bon? Tu penses que Chelsea était la risée de toute l’Europe après leur première année sous l’ère Abramovitch? Et le Manchester City d’aujourd’hui alors? Pareil? L’objectif du PSG pour cette année, je le rappel, c’est d’être qualifié pour la prochaine LDC. Le titre serait en avance sur la road map. Arrêtons avec cet anti parisianisme primaire, ça ne grandit personne.

  10. samirhenry dit :

    @ Toujoursvert: quand notre ami « the teacha » a dit cela: « si paris n’est pas champion, ils seront la risée de toute l’europe », je pense qu’il a dit ca en faisant référence au limogeage de A.Kamboiré a la tréve, qui a laissé le club a la 1ere place (avec 3point d’avance je pense). quand on vire un entraineur dans ce contexte pour faire appel a un autre, je pense que le nouvel entraineur n’a pas le droit a l’erreur. Même si je comprends ce changement a la tête du staff technique (un soucis de grandeur), ca devait arrivé un jour, donc autant le faire a la trêve et donner 6 mois a Carlo pour se préparer la prochaine participation a la C1.

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