Paris SG 1-3 Lyon, l’analyse tactique

Lille, Saint-Etienne et le PSG. Au sortir de la piteuse élimination de leurs favoris face à l’APOEL Nicosie, cette série avait de quoi inquiéter les supporters lyonnais. Et pourtant, deux semaines après la désillusions, les joueurs de Rémi Garde en sont sortis avec trois victoires à la clé. Après un début d’année 2012 compliqué, le jeune entraîneur devait réinventer son équipe pour ne pas la voir sombrer. Il est en train d’y parvenir.

Les compositions :

– Gestion de groupe oblige, Carlo Ancelotti avait décidé de faire tourner son groupe pour ce quart de finale de Coupe de France. Après un passage en 4-4-2 du côté de Caen, les Parisiens sont revenus à leur 4-3-2-1. Bodmer et Jallet étaient associés à Thiago Motta dans l’entrejeu : Douchez (1) – Bisevac (4), Lugano (15), Alex (33), Armand (22) – Thiago Motta (8), Bodmer (12), Jallet (26) – Nenê (10), Ménez (7), Gameiro (19).

– Du côté de l’OL, Rémi Garde ne pouvait pas se permettre de se passer de ses cadres : au vu des déceptions, la Coupe de France est devenue un véritable objectif. Excepté Bastos, tous étaient présents dès le coup d’envoi. Décisif à Saint-Etienne, Gomis a été récompensé en retrouvant le onze-type aux côtés de Lisandro : Lloris (1) – Reveillère (13), Lovren (5), Umtiti (23), Cissokho (20) – Gonalons (21), Grenier (7), Kallström (6), Briand (19) – Lisandro (9), Gomis (18).

Défense protégée, solidité retrouvée :

Entre la désillusion de Nicosie et la victoire contre Lille en championnat, l’Olympique Lyonnais a changé de système. Complètement inoffensifs et facile à déséquilibrer, son 4-2-3-1 est devenu 4-4-2 avec quelques changements de postes pour ne pas simplement retrouver ce qui était proposé en début de saison. Ainsi, Kallström, inamovible dans l’axe jusqu’ici, a été décalé sur l’aile gauche. Grenier a récupéré sa place dans l’axe et Michel Bastos s’est retrouvé sur le flanc droit où il a déjà fait montre de sa capacité à faire la décision en revenant sur son pied gauche pour trouver des passes à l’intérieur du jeu. Face au PSG, le Brésilien est resté sur le banc, remplacé par un Jimmy Briand en relation plus directe avec ses attaquants. Mais ce changement d’homme n’a pas empêché le jeu lyonnais de conserver ce qui a fait sa force depuis maintenant trois rencontres.

Très compact en phase défensive, le 4-4-2 de l’OL a positionné Lisandro et Gomis dans la zone des milieux de terrain parisiens afin d’empêcher ces derniers de trouver leurs créateurs (Nenê ou Ménez) dans la profondeur. Forcés de ressortir le ballon via leurs latéraux (en blanc ci-dessous), les Parisiens se sont ensuite retrouvés enfermés sur les côtés : l’excentré lyonnais fermait face au latéral servi (ci-dessous, Kallström -6- face à Bisevac -4-), et le reste du milieu lyonnais coulissait vers la zone de jeu de manière à s’opposer à toute solution dans l’intervalle pouvant être proposée (en jaune) par Jallet -26-, Bodmer -12- ou Thiago Motta -28-. Les défenseurs lyonnais n’avaient dès lorsplus qu’à serrer le marquage sur Nenê, Ménez et Gameiro pour couper toute solution de jeu vers l’avant (en noir et blanc).

Conséquence de cette organisation défensive, les Parisiens se sont retrouvés dans la même configuration que Lille avait connu il y a dix jours : à l’instar de Hazard et Cole, Nenê et Ménez ont été à la fois sevrés de ballons et d’espaces et ont dû multiplier les décrochages (à hauteur de la ligne de relance) pour tenter de changer le cours des choses. Le jeu parisien s’est alors enfermé dans une latéralité peu efficace, multipliant les renversements de jeu de latéral à latéral (en orange) afin de faire courir le milieu de l’OL pour créer des espaces à l’intérieur du jeu. Mais la première ligne de quatre des Gones est toujours restée bien en place, recevant parfois le concours de Lisandro pour combler les brèches. Il n’y a que lorsque Nenê lançait des attaques depuis sa moitié de terrain (ouvertures pour Gameiro ou Ménez) que le danger semblait pouvoir arriver sur les cages de Lloris : logique, les latéraux lyonnais privilégiaient le repli défensif au pressing dans le camp adverse, libérant ainsi des positions de passe pour le Brésilien depuis ses 40 mètres…

Possession lyonnaise :

Depuis le début de la saison, le Paris Saint-Germain est connu pour sa capacité à fatiguer l’équipe adverse, qui finit très souvent par craquer en fin de partie. Malgré plusieurs poussées en deuxième mi-temps après l’entrée en jeu de Pastore (voir par ailleurs), ils n’ont cette fois pas réussi à revenir sur des Lyonnais en tête à la pause. Car outre sa solidité défensive, le bloc mis en place par Rémi Garde a contrôlé les débats et le tempo de la partie durant toute la première mi-temps. Là encore, le 4-4-2 s’est avéré déterminant pour profiter du surnombre dans l’entrejeu face au milieu à trois du PSG. Par rapport aux précédentes organisations lyonnaises, Rémi Garde a une nouvelle fois quelques petites modifications intéressantes à souligner.

La première d’entre elles a concerné la relance : alors que Gonalons et Kallström s’en chargeaient face à l’APOEL, le travail de première passe est cette fois revenu à un trio formé par Lovren, Gonalons et Umtiti (le moins concerné des trois). Devant eux, les autres joueurs ont eux travaillé au quadrillage du terrain à partir de la ligne médiane. Les latéraux lyonnais ont offert des solutions dans les couloirs avec, juste devant eux, les milieux excentrés. Grenier a lui pris place dans le rond central afin de fixer le milieu de terrain parisien. Assez anodin au vu de l’influence du joueur dans l’entrejeu, ce positionnement a pourtant posé beaucoup de problèmes aux Parisiens durant la première mi-temps.

Les attaquants parisiens fermant les relances axiales, les Lyonnais ont envoyé le jeu se construire sur les ailes, via les duos Kallström-Cissokho et Briand-Réveillère. Une fois le ballon dans les couloirs, le milieu excentré du PSG sortait sur le porteur de balle (ex : Jallet sur Cissokho côté gauche). Dans l’axe, Grenier emmenait avec lui le milieu axial parisien. Dès lors, un intervalle pouvait se créer entre les deux milieux du PSG, permettant le décrochage d’un attaquant (Lisandro ou Gomis, voire Briand sur certaines phases de jeu). Ces mouvements ont offert aux Lyonnais la supériorité dont ils avaient besoin dans l’entrejeu pour tenir le ballon.

Face à cette organisation, Carlo Ancelotti a modifié ses plans. Il a d’abord fermé son flanc gauche en opposant Ménez à Réveillère. Mais ce changement a fait reculer Paris, libérant les relanceurs de l’OL. Gonalons et Lovren se sont alors mis à exploiter eux-mêmes les intervalles entre les milieux parisiens -entre Bodmer et Motta ou Bodmer et Jallet-, en sollicitant des appuis dans les couloir. Nenê restant dans l’axe, le flanc gauche de l’attaque lyonnaise (Cissokho-Kallström) est aussi resté libre et en surnombre face à un Jallet trop seul pour limiter son influence. Buteur et passeur, le Suédois a aussi beaucoup pesé sur le jeu, faisant office de rampe de lancement désaxée très intéressante -à l’instar de ce que peut faire Bastos à droite- pour les appels de Lisandro ou Gomis.

Deuxième mi-temps :

Pas de temps à perdre pour les Parisiens à la reprise : tout juste entré en jeu, Pastore a rapidement pesé sur les débats. Au fil des minutes, le PSG s’est réorganisé en 4-2-3-1 (avec Matuidi-Motta à la récupération). Beaucoup plus haut, le bloc parisien a mis la relance lyonnaise en difficulté, enfermant les latéraux (Ménez vs Reveillère, Nenê vs Cissokho) et faisant couvrir la ligne médiane par la paire Matuidi-Motta, Pastore ajoutant lui une pression supplémentaire dans l’axe. Offensivement, les déplacements de l’Argentin ont aussi posé beaucoup de problèmes à la défense lyonnaise, sa mobilité permettant de créer le surnombre dans certaines zones (notamment avec la formation de triangles sur les côtés en soutenant les joueurs de couloir).

Face à une pression parisienne grandissante, les Lyonnais n’ont eu d’autre choix que de patienter et d’adapter leur système en fonction de l’évolution de la partie. Mis en difficulté par l’entrée en jeu d’un Pastore naviguant entre ses lignes, le 4-4-2 s’est transformé en un 4-3-2-1 après l’entrée de Dabo, se calquant alors sur l’organisation parisienne. Grenier et Kallström s’opposaient à Matuidi et Motta. Gonalons gérait les déplacements de Pastore et, sur les côtés, Bastos et Dabo s’opposaient aux montées des latéraux. Ce changement a eu le don de permettre à l’OL de passer un dernier quart d’heure plus simple que les précédents, et surtout ponctué d’un troisième et dernier but dans les arrêts de jeu.

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2 réponses

  1. samirheny dit :

    R.Garde commence a gagné en maturité et en expérience! sinon bonne analyse, j’ajouterai juste un détail, l’OL a fini le match en 4-5-1 aprés la rentrée de Koné. bravo les gônes .

  2. François dit :

    Une belle victoire Lyonnaise.

    L’OL a bien réagit après l’élimination à Nicosie !

    Paris a du chemin avant le titre de champion !

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