Nice 1-0 Marseille : De l’importance du coaching

Sept buts en deux matchs pour deux larges victoires face au Spartak et à Montpellier : ça y est, l’OM était lancé. Leur première place allait leur donner les ailes nécessaires pour écraser à Rennes à domicile avant d’aller gagner facilement à Nice. Et la L1 connaîtrait enfin son vrai patron. Mais en fait non. Mercredi, les Marseillais ne sont pas passés loin de la correctionnelle face aux Bretons… Ils n’y ont pas échappé dimanche sur la pelouse de Nice : la faute à des Aiglons qui ont fait avec leurs armes, et à un Eric Roy dont le coaching hors pair a fait basculer la rencontre. Retour sur ce point précis de la rencontre.

Jusqu’à la 70ème minute :

Après une dizaine de minutes d’observation, les rôles se sont naturellement distribués. Marseille a pris la possession du ballon et la maîtrise de la partie et Nice s’est attaché à surtout bien défendre. Rarement mis en difficulté sur son côté droit, le bloc niçois a surtout souffert des déplacements de Lucho dans les zones laissées libres par le trio Sablé-Faé-Traoré de l’entrejeu. Généralement, cela aboutissait à des décalages dans le dos de Gace, le latéral gauche, pour des centres de Valbuena ou Kaboré. Heureusement pour le Gym, sa défense est resté maître dans sa surface : Civelli et Paisley puis Pejcinovic renvoyant les tentatives lorsqu’Ospina ne sortait pas pour faire lui-même le travail.

Dans l’autre moitié de terrain, Ljuboja était évidemment esseulé à la pointe de l’attaque niçoise, pris entre le marteau M’Bia, l’enclume Diawara mais aussi la masse N’Diaye. Censé être ses deux premiers soutiens, les ailiers Mounier et Mouloungui fournissaient de gros efforts défensifs pour couvrir les montées des latéraux adverses. Et sitôt le ballon récupéré, généralement très bas, ils avaient un voire deux Marseillais sur le dos. Le duel âpre Mounier-Kaboré a d’ailleurs été l’un des points marquants de la première mi-temps.

La reprise et la réponse :

Sentant que leurs centres n’arriveront jamais à destination, les Marseillais vont petit à petit s’essayer dans l’axe. Lucho partage désormais la vedette avec Valbuena et Ayew qui se rapprochent de Brandao pour essayer de combiner avec lui. Charge ensuite aux latéraux de continuer d’animer leurs couloirs respectifs, chose qu’ils vont faire de moins en moins les minutes passant. L’action de la 68ème minute (centre de Kaboré, remise de Brandao et frappe de Valbuena) marque cette nouvelle animation phocéenne.

Deux minutes plus tard, le coach du Gym décide de faire entrer Digard à la place de Ljuboja. Le message est clair : la domination marseillaise est de plus en plus forte, la défense doit absolument tenir. L’ancien Parisien s’installe devant la défense aux côtés de Sablé et doit stopper les combinaisons entre les attaquants de l’OM. Les entrées en jeu coup sur coup de Rémy et du petit frère Ayew côté marseillais ne changent rien à la donne. Digard colmate les brèches dans les 30 derniers mètres et l’on revoit les Marseillais tenter, sans succès, de passer sur les ailes (par Rémy notamment).

A noter aussi : le replacement de Traoré sur l’aile droite à la place de Mouloungui, passé en pointe.

Temps faible et coup de grâce :

Les minutes passent et la pression marseillaise diminue. Ospina réalise deux-trois interventions et Ayew envoie un ballon derrière la ligne de but mais en position de hors-jeu. Marseille baisse clairement de pied et Roy le remarque. Il reste sept minutes à jouer et l’entraîneur azuréen décide de faire rentrer Ben Saada (un gaucher) à la place de Sablé. Nice retrouve son schéma tactique du coup d’envoi avec un milieu à trois Digard, Faé, Traoré et un trio 100% gaucher devant (Mounier, Ben Saada et Mouloungui en pointe). Le but, faire rentrer un pourvoyeur de ballons frais capables de faire la première différence face à des Marseillais qui donnent tout devant. La suite c’est un coup-franc gagné par Digard dans le rond central face à Brandao qui emmène une touche côté droit.

Preuve que les Niçois ont décidé de jouer ce coup à fond, Mounier traverse tout le terrain pour venir apporter une solution supplémentaire au lanceur (Traoré). On se retrouve avec une situation avec deux Niçois comme solution pour trois Marseillais. Dans la surface, même topo : Mouloungui et Faé attendent dans la surface avec Diawara, M’Bia et Kaboré.

D’abord pris par N’Diaye, Ben Saada profite de son pied gauche pour se retourner et l’éliminer. Dans le même temps, le Tunisien surprend un autre Marseillais qui pensait lui aussi être venu pour l’empêcher de se retourner vers le but. Plus qu’un seul gars à éliminer : Ben Saada se retrouve en un contre un et profite du déplacement de Mounier pour lui glisser le ballon dans l’intervalle.

Le côté gauche marseillais éliminait, les glissements font leur office. M’Bia va au-devant de Mounier et, du coup, laisse Faé complètement seul dans la surface. Au contact de Ben Saada, N’Diaye donne l’impression de sentir le mauvais coup venir et tente de se replier au plus vite vers l’intérieur pour fermer l’angle de passe à Mounier. Trop tard.

Conclusion :

Généralement, on entend parler d’un « bon coaching » uniquement lorsque le joueur entrant en jeu se montre décisif d’une manière ou d’une autre (sauvetage pour un défenseur, mais surtout but ou passe décisive pour un offensif). Sur cette deuxième mi-temps, le coaching d’Eric Roy est un exemple qui aurait mérité plus d’éloges. Gérer temps forts et temps faibles, savoir contenir puis attaquer… Bref, « sentir le match » : c’est surtout ça un bon coaching.

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1 réponse

  1. Guess dit :

    Quelle lecture graphique.

    Tu devrais être coach ma parole.

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