Nice 1-0 Lyon, l’analyse – Comment Nice a maîtrisé l’OL ?

Même s’il a fallu attendre les prolongations, l’Olympique Lyonnais a perdu son premier match face à un club français depuis fin octobre. C’était déjà en Coupe et après prolongations face au Paris Saint-Germain. Sur ce match, l’OL avait ouvert le score avant de se faire rejoindre en fin de partie. Hier soir, ils n’ont même pas fait illusion. La faute à des Niçois dont le plan de jeu a complètement éteint l’animation offensive habituelle des hommes de Puel. Explications.

Le plan :

Si vous êtes un habitué des analyses de e-foot/Panenka, vous en connaissez déjà un rayon sur les habitudes lyonnaises lorsque l’équipe a le ballon. Petit rappel néanmoins, quand il s’agit de construire, le 4-3-3 de Puel s’en remet très souvent aux trios « ailier, milieu, latéral » pour lancer les mouvements depuis les couloirs. Hier soir, on avait donc Bastos, Gourcuff, Réveillère d’un côté et Lisandro, Kallström, Cissokho de l’autre. Au bout de ces mouvements ensuite, plusieurs solutions s’offrent au porteur : décaler le latéral, rentrer à l’intérieur balle au pied en sollicitant un appui sur Gomis, trouver un milieu intercalé entre les lignes adverses etc…

Hier soir, rien de tout ça. Les Lyonnais ont été pris par l’agressivité niçoise, bien aidé par un système de jeu qui a poussé l’OL à écarter le jeu plus rapidement qu’il n’en a l’habitude.

Auteur d’un coaching très efficace face à l’OM il y a quelques semaines, Eric Roy a cette fois mis en place un projet défensif adaptée aux forces de l’OL. Plutôt que d’appliquer l’habituel principe qui pousse l’ailier à défendre face aux montées du latéral adverse, l’entraîneur niçois a collé Mounier et Traoré aux basques de Gourcuff et Kallström. Dans le même temps : Clerc, droitier à gauche, s’est occupé de Bastos, gaucher à droite ; Coulibaly a hérité de Lisandro et la charnière Civelli-Pejcinovic s’est partagée la tâche de défendre sur Gomis.

Ce choix dans les adversaires directs à opposer aux Lyonnais a eu plusieurs conséquences. Il a d’abord libéré les deux récupérateurs niçois, Digard et Faé, qui ont pu à tour de rôle aller harceler les Lyonnais dans le rond central. Comme l’indique les flèches, quand l’un montait, l’autre restait en retrait au cas où. Deuxième conséquence, cela a permis à Roy d’aligner deux attaquants qui ont pu s’offrir plusieurs situations en un-contre-un face à la défense lyonnaise. Aussi brouillon soit-il, Mouloungui a énormément pesé sur la charnière Cris-Lovren.

Mais évidemment, c’est surtout sur le jeu lyonnais que les conséquences ont été les plus fortes.

Comme évoqué plus haut, la densité niçoise au milieu de terrain et le repli des ailiers sur les deux meneurs lyonnais a coupé les triangles habituels sur les côtés. Deux solutions s’offraient alors aux Lyonnais. La première, schématisé en haut de l’image ci-dessus, c’est la montée balle au pied du latéral. Sans adversaire direct, Réveillère et Cissokho pouvaient en effet avancer avec le ballon. Mais sans solution vers l’intérieur, leurs tentatives étaient pour la grande majorité stoppée dès lors que le bloc niçois avait coulissé : l’ailier allait s’occuper du latéral-porteur du ballon et le milieu à ses côtés héritait du marquage du meneur adverse.

Deuxième solution, le milieu s’excentre et demande (ou a déjà) le ballon alors que l’ailier rentre dans l’axe. Dans ce cas, c’est l’ailier niçois qui suit le mouvement pour aller faire face au milieu de terrain lyonnais. Là encore, c’est toute la ligne niçoise qui coulisse. Le milieu axial le plus proche passe en couverture et l’autre suit les déplacements de l’autre axial lyonnais. L’OL n’ayant pas de latéral ayant l’habitude de rentrer vers l’intérieur pour offrir une solution, les Niçois ne risquaient rien… Ou presque, les changements de jeu auraient pu les gêner mais ils sont su mettre l’agressivité suffisante dans les duels pour les éviter.

Le changement :

En faisant rentrer Jérémy Pied à l’heure de jeu, Claude Puel a failli réussir son coup. Petit à petit après ce changement, l’OL est passé du 4-3-3 parfaitement éteint à un 4-2-3-1 beaucoup plus vertical et qui a posé des problèmes au bloc niçois avec l’ajout d’un joueur censé évoluer entre les deux lignes niçoises (Gourcuff en l’occurence). Ce dernier a apporté une solution supplémentaire à la fin des mouvements lyonnais et a logiquement attiré à lui l’attention des défenseurs. Cela a notamment eu pour effet de libérer quelques espaces pour des changements de jeu. Notamment celui partant de Bastos pour aboutir sur Pied et qui s’est terminé par la reprise de Gomis miraculeusement repoussée par Letizi.

Conclusion :

Contrairement à ce que France 2 a pu marteler hier soir, l’OL n’a absolument pas eu la maîtrise de la rencontre. Le projet niçois a parfaitement tenu la route et si l’on retient les arrêts de Letizi à 0-0, c’est surtout parce que les Azuréens ont manqué cruellement d’efficacité devant. Car au milieu et derrière, ils ont très certainement délivré la prestation qui devrait inspirer les adversaires de l’OL. Le duo Digard-Faé a été très juste tout au long de la rencontre ; les ailiers, Mounier en tête, ont su travailler au mieux pour casser les triangles adverses ; et les défenseurs, pour finir, se sont montrés intraitables dans les duels. Bref, une qualification amplement méritée pour un collectif qui me paraît très bien travailler sous les ordres d’Eric Roy.

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