Milan AC 3-0 Naples, l’analyse tactique

Le Milan leader de la Série A face à son dauphin avant cette 27ème journée, à trois longueurs : sur le papier, l’affiche promettait. Les diffuseurs italiens le savaient, en décidant de la programmer un lundi soir pour faire comme les autres (Espagne et Angleterre). Malheureusement pour eux, pour faire une bonne publicité pour le football, il faut deux équipes sur la pelouse. Et hier soir, après un premier quart d’heure plutôt disputé, le Milan s’est retrouvé très seul.

Les compositions :

Allegri fait dans le classique et reconduit le 4-3-1-2 qu’on avait pu apercevoir face à Tottenham il y a quelques semaines. Le système reste le même mais les joueurs changent : Abbiati – Abate, Nesta, Thiago Silva, Jankulovski – Gattuso, Van Bommel, Flamini – Robinho – Ibrahimovic, Pato.

Côté Naples, Mazzarri conserve sa défense à trois alors que Cannavaro, Cavani ou encore Maggio font leurs retours dans le onze de départ après avoir été mis sur le banc face à Villarreal jeudi soir : De Sanctis – Campagnaro, Cannavaro, Aronica – Maggio, Pazienza, Gargano, Dossena – Hamsik, Mascara – Cavani.

Naples en place :

Le premier quart d’heure est à l’avantage des Napolitains. Très bien en place défensivement, ils gênent énormément des Milanais qui, comme face à Tottenham, insistent dans l’axe sans prendre le temps de réfléchir. De Sanctis est tranquille dans sa surface et l’on se dit que les offensifs du dauphin finiront bien par rentrer dans le match pour placer une ou deux banderilles dans les moments importants.

La première force défensive du Napoli, c’est sa base constituée de trois défenseurs et de deux milieux défensifs. Capable de s’adapter à beaucoup de situations, Mazzarri donne trois grosses tâches à ce quinté. Pour les trois stoppeurs, il s’agit de serrer Ibrahimovic et Pato de près, de manière à être constamment en situation de supériorité numérique. Juste devant, Pazienza s’occupe de Robinho et de ses déplacements. Positionné un peu plus haut, Gargano met parfois la pression sur les trois milieux adverses, aidés par Maggio et Dossena.

Plus important, il coulisse selon la circulation de balle milanaise. Les Rossoneri ayant pour habitude de développer leurs attaques placés sur les côtés, l’Uruguayen joue le rôle de couverture lorsque Maggio ou Dossena doivent aller fermer leur couloir. Sur l’exemple (en blanc), Milan développe une action sur sa droite. Dossena ferme le couloir face à la montée de Abate. Gargano coulisse pour récupérer le marquage de Gattuso et Hamsik en fait de même pour couvrir la zone de son coéquipier. Cela permet à Naples de conserver un joueur pour aller mettre la pression sur le relanceur et deux joueurs devant en cas de contre-attaque.

Milan prend l’ascendant :

Malheureusement pour les Napolitains, ce beau schéma ne va pas durer. Milan a retenu la leçon infligée par les Spurs il y a deux semaines : avec Robinho et Pato autour d’Ibrahimovic, le 4-3-1-2 peut rapidement se transformer en 4-3-3… Et faire littéralement voler en éclat le belle mise en place défensive de Mazzarri.

Pour expliquer le mécanisme, prenons l’exemple de l’un des deux attaquants (flèche noire) qui fait un appel vers la droite. Comme l’a très bien fait Naples jusqu’ici, la défense à trois coulisse et le stoppeur gauche devient latéral gauche de fortune. Devant lui, Dossena s’occupe de surveiller les déplacements du latéral droit du Milan. Problème, si votre défenseur devient latéral gauche, il vous faut quelqu’un pour couvrir à droite. Maggio est donc obligé de reculer et de lâcher la surveillance de son milieu de terrain pour fermer le côté opposé.

Partant de là, on se retrouve dans une situation compliquée à gérer pour Gargano. Ses deux latéraux sont occupés à fermer les ailes (Dossena au milieu, Maggio derrière). Il se retrouve donc avec le devoir de surveiller deux milieux de terrain susceptibles de se projeter vers l’avant (Flamini ou Gattuso). L’un des deux sera récupéré par l’un des soutiens de Cavani (ici Flamini, en haut de l’image)… Mais si Gargano va au marquage de l’autre, il faudra quelqu’un pour couvrir l’axe : un rôle forcé pour l’autre soutien d’un Cavani désormais plus esseulé que jamais entre Van Bommel et le duo Thiago Silva/Nesta.

Pour ne rien arranger, Robinho se déplace aussi sur toute la largeur du terrain. Il entraîne avec lui Pazienza ce qui ouvre des brèches dans l’axe, obligeant (en plus) Gargano à jouer plus bas pour pouvoir les colmater. A l’arrivée, c’est donc tout le bloc de Naples qui recule et il n’est pas étonnant de voir, en fin de première période, des lancements de jeu de Thiago Silva ou Nesta depuis les abords de la moitié de terrain adverse. Malgré tout, la défense de Naples tient le choc grâce à sa capacité à rivaliser dans les duels et à quelques arrêts de De Sanctis.

La suite ?

Au retour des vestiaires, le penalty rapidement sifflé facilite évidemment la tâche des Milanais (49e). La suite de la rencontre se résume à un Milan AC qui fait tourner tranquillement et un Napoli qui met du temps à comprendre qu’il doit forcer sa nature et sortir pour pouvoir revenir au score. Mazzarri place Mascara à hauteur de Cavani et crée une doublette Hamsik-Maggio côté droit pour appuyer sur le côté présumé faible du Milan (avec Jankulovski), mais sans succès.

Quelques minutes plus tard, Zuniga remplace Mascara et échange son rôle avec celui de Hamsik pour se retrouver côté droit. Malgré un raid intéressant, le Colombien n’apportera rien de nouveau dans le marasme offensif du Napoli. Côté Milanais, Allegri remplace Robinho par Boateng pour que ce dernier fasse parler sa fraîcheur au moment de prendre les intervalles crée par les attaquants. Banco : il inscrit le 2-0 sur un service de Pato. Le Brésilien clotûrera le score deux minutes plus tard, après un dernier changement offensif (Sosa pour Maggio) qui finira de découvrir la défense du Napoli.

Conclusion :

75 minutes à sens unique après un quart d’heure d’incertitude. L’incapacité de Naples à s’adapter aux déplacements latéraux de Robinho et Pato lui a coûté son assise défensive. Fatal quand, en plus, les attaquants étaient montés à l’envers sur ce match. L’absence de Lavezzi, à l’activité beaucoup plus importante que Mascara, a certainement pesé dans cette très mauvaise soirée passée par les offensifs du Napoli.

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