Milan AC 2-3 Barcelone, l’analyse tactique

La rencontre aller s’était achevée sur la première surprise de cette Ligue des Champions 2011/2012 avec le nul arraché par le Milan AC au Nou Camp. Dès lors, le retour s’annonçait forcément comme étant à ne pas manquer. Et les vingt-deux acteurs ne nous ont pas déçu.

Les compositions :

Alors que l’on attendait Pato, très dangereux pour les Catalans à l’aller, Massimiliano Allegri préfère aligne un trio Ibrahimovic, Boateng, Robinho en attaque. Le Brésilien prend lui place sur le banc : Abbiati (32) – Abate (20), Nesta (13), Thiago Silva (33), Zambrotta (19) – Van Bommel (4), Aquilani (18), Seedorf (10) – Boateng (27), Robinho (70), Ibrahimovic (11).

Côté catalan, Pep Guardiola n’a pas décidé de jouer le nul au vu de son onze de départ. Malgré l’absence de Daniel Alves, il conserve son 3-4-3 et c’est Thiago qui finit par occuper le couloir droit : Valdes (1) – Puyol (2), Mascherano (14), Abidal (22) – Busquets (16), Xavi (6), Keita (15), Thiago (11), Fabregas (4) – Messi (10), Villa (7).

Pressing milanais :

Barcelone propose donc une défense à trois avec Puyol à droite, Abidal à gauche et le seul Mascherano dans l’axe. Lorsque les Catalans repartent de derrière, celle-ci se déploie sur la largeur du terrain, laissant à Busquets et Xavi le soin de décrocher dans l’axe (devant la zone de Mascherano) pour récupérer et ensuite remonter les ballons (en rouge ci-dessous).

C’est dans cette zone que le Milan va exercer son pressing, notamment sous l’impulsion de Boateng, parfois aidé par Robinho. Derrière, le milieu à trois du Milan se charge de couper les lignes de passe dans l’axe. Aquilani se joint parfois au pressing sur le duo Xavi-Busquets. Dans ce cas précis, Nesta n’hésite pas à sortir de sa ligne de défense pour jaillir sur les ballons qui tenteraient de franchir le milieu de terrain milanais. Quant à Van Bommel, il se charge de suivre les déplacements de Messi lorsque celui-ci décroche pour demander des ballons plein axe.

Du coup, le Barça va logiquement s’en sortir en passant par les côtés, et principalement le flanc droit. Encore une fois, c’est Messi qui va faire la différence : l’Argentin profite de la présence de Thiago ou des déplacements de Fabregas dans la zone de Seedorf pour y apporter un surnombre en s’y ajoutant. Ainsi, il peut démarrer de cette zone, accélérer en rentrant dans l’axe sur son pied gauche et orienter ensuite le jeu en profitant des appels de Fabregas ou Thiago, mais aussi de Villa et Keita qui rentrent eux aussi dans l’axe depuis le côté gauche du terrain.

Le Barça déséquilibré :

Au fil des minutes, l’animation catalane devient plus lisible. Thiago provoque à droite, Villa à gauche et Messi-Fabregas permutent dans l’axe (l’un prenant la pointe quand l’autre décroche). Xavi arrive de son côté en soutien de l’arrière. Puyol et Abidal participent à la circulation de balle dans l’entrejeu mais manquent sur les extérieurs. Le danger vient le plus souvent des dribbles réussis par Messi ou Thiago qui créent le décalage.

De leur côté, les Milanais vont justement profiter du déséquilibre dans le bloc adverse causé par l’absence d’un véritable joueur de couloir côté droit. S’il souffre défensivement, Seedorf n’a aucun adversaire direct pour l’empêcher de démarrer vers son couloir gauche. A l’inverse d’Aquilani qui se retrouve dans la zone de Keita, le Néerlandais profite des déplacements répétés de Thiago sur la largeur pour se retrouver sans adversaire. Devant lui, la vitesse de Robinho et Boateng pour remonter et s’ajouter à la ligne d’attaque symbolisée par Ibrahimovic met souvent la défense du Barça dans une situation de trois contre trois.

La première égalisation milanaise intervient justement lorsque ces deux facteurs (Seedorf libéré et trois contre trois devant) se rencontrent. Tout démarre du côté droit des Milanais qui se défont du pressing catalan au milieu du terrain pour changer le jeu et alerter Seedorf couloir gauche. Au moment où la transversale démarre, ils sont ainsi quatre Milanais intercalés entre la défense à trois et le milieu de terrain barcelonais. Le décalage est donc crée : Seedorf se retrouve face à Puyol et glisse le ballon pour Ibrahimovic qui trompe Abbiati.

Le Barça réagit :

Malgré cela, c’est Barcelone qui revient aux vestiaires avec l’avantage grâce à un penalty transformé par Messi. A la reprise, les Catalans se font beaucoup plus pressants au milieu de terrain. Le projet est simple : empêcher les milieux milanais de se retrouver dans des situations similaires à celles qui ont emmené le but égalisateur, soit jouer plus haut pour ne pas laisser le temps aux Milanais d’opérer des changements de jeu.

Premier symbole de ce Barça beaucoup plus conquérant qu’en première mi-temps : Puyol n’hésite plus à sortir de la ligne de défense pour venir à la rencontre de Seedorf. Thiago, Messi, Xavi, Fabregas et Villa travaillent eux une ligne plus haut pour éviter d’offrir des situations qui permettraient au Milan de jouer dans la profondeur. Résultat, le Milan se retrouve le plus souvent obligé d’allonger depuis ses 40 mètres pour chercher la tête d’Ibrahimovic autour duquel tourne désormais Pato. Mais c’est Boateng, fixé dans le couloir droit, qui égalise après plusieurs duels gagnés par les attaquant milanais dans la surface catalane.

Le Barça ne se désunit pas et reprend l’avantage moins de dix minutes plus tard sur une nouvelle prise de balle de Messi qui sert Xavi entre quelques défenseurs italiens. Forcés d’attaquer, les Milanais cherchent désormais Ibrahimovic en appui dans la zone de Puyol, Zambrotta poussant ensuite ses montées pour dédoubler couloir droit. Après quelques mouvements réussis sur cette aile, Guardiola fait reculer Busquets pour reformer une défense à quatre plus traditionnelle et désormais supérieure en nombre par rapport à l’attaque milanaise. De quoi terminer la rencontre plus sereinement…

Conclusion :

Le Barça s’en sort toujours mais l’écart se réduit avec ses adversaires. L’absence de Daniel Alves a beaucoup pesé : offensivement d’abord, avec l’absence de joueur venant sur l’extérieur pour créer le décalage mais surtout défensivement pour fermer le couloir droit correctement. Le Milan a su en profiter mais il n’a par contre rien pu faire contre le talent de Messi qui, au final, permet encore aux Catalans de finir avec l’avantage au tableau d’affichage.

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