Milan AC 2-0 AJ Auxerre : l’analyse au fil du match

Soixante-six minutes. C’est le temps qu’il a fallu au Milan AC pour trouver la faille dans le bloc auxerrois. Les hommes de Jean Fernandez ont eu cinq minutes d’euphorie en début de partie, avant que Milan ne reprenne les choses en main jusqu’à la 39ème minute et le manque de lucidité horrible de Steven Langil. L’AJA repart de San Siro sans point mais aussi sans valise et avec un petit peu plus d’expérience sans doute. En tout cas, il est forcément le club français qui sort avec le moins de regret de cette soirée de mercredi. Analyse du match à partir des grandes lignes de son film.

Cinq minutes de bonheur :

Jean Fernandez appréhendait le début de la rencontre. Il a très vite été rassuré. Les Auxerrois débutent magnifiquement la rencontre face à des Milanais sans doute surpris d’une telle adversité. Les deux lignes de quatre de l’AJA sont bien en place, tous les Auxerrois gagnent leurs duels dans leur camp. Mais surtout, Birsa abat un gros travail de harcèlement sur les milieux milanais dans le rond central. Résultat, c’est tout le bloc auxerrois qui se montre conquérant dans la foulée du Slovène et qui va même jusqu’à mettre la pression dans le camp du Milan. Encourageant.

A tel point que l’on a l’impression que les Milanais ne peuvent être dangereux qu’en contre-attaque. C’est déjà pas mal certes, mais carrément inattendu. Et les Bourguignons ne prennent que très peu de risques dans la circulation du ballon : parmi les défensifs, seul Hengbart prend des risques en s’aventurant dans le camp adverse… Mais le latéral combine uniquement le long de sa ligne de touche avec Oliech et le duo Ndinga-Pedretti. Si bien que lorsqu’il perd le ballon, c’est généralement sur un arrêt de jeu qui lui permet ensuite de se replacer (touche ou coup-franc).

Ambrosini sort sur blessure :

Sans doute, a posteriori, le premier tournant de cette rencontre. Le remplacement de l’Italien par Kévin Prince Boateng va complètement changer l’organisation du milieu de terrain milanais. Fini Pirlo bien dans l’axe (et donc dans la zone de Birsa), le Milan passe de une à deux rampes de lancement : Seedorf à gauche et Pirlo à droite. En insistant sur les côtés, et grâce à l’apport de Antonini et Zambrotta, les Milanais réussissent enfin à franchir la première ligne auxerroise pour s’approcher de la surface de Sorin. Mais les visiteurs tiennent le choc malgré quelques moments de chaleur.

La différence est notamment faite dans les duels décisifs, tous à l’avantage des Auxerrois. Dans et devant la surface, Ibrahimovic se fait complètement manger par la doublette Mignot-Coulibaly tandis qu’au milieu de terrain, Boateng peine à exister entre Ndinga et Pedretti. Sur le flanc gauche de la défense, Grichting résiste à Pato tant bien que mal (récoltant au passage un carton jaune). De l’autre côté, Hengbart maîtrise Ronaldinho en ne se faisant pas éliminer pour obliger le Brésilien à centrer. Des ballons tous renvoyés puisque la défense centrale est souveraine.

39ème minute, Langil fossoyeur :

Le Milan AC obtient un corner après une nouvelle accélération côté droit. Le public pousse son équipe en plein temps fort. Auxerre sort le ballon et amorce un contre à quatre contre deux. Jelen a le ballon et sert Oliech à droite qui fixe son défenseur et glisse dans la profondeur à Langil venu à sa droite. L’angle est complètement fermé, mais l’ancien Caennais a la solution Jelen complètement seul en retrait. Il décide de frapper. Inexplicable, et toujours inexpliqué. Auxerre loupe l’unique chance de bonifier son excellente première période.

C’était l’occasion ou jamais. Car au retour des vestiaires, le Milan va accélérer petit à petit. Les différences ne sont pas énormes mais quelques détails changent. Le pivot Ibrahimovic n’est plus recherché dans les airs mais au sol. Le pressing n’est plus du tout auxerrois mais 100% italien : Pedretti livre de plus en plus de duels avec Seedorf. Birsa a complètement disparu de la circulation, Langil n’avance plus, idem pour Oliech. Hengbart monte beaucoup moins. Mais derrière, la baraque tient encore. En grande partie grâce à Ndinga, auteur d’un match énorme.

Fatal Ronaldinho :

Mais arrive alors la 66ème minute. Ronaldinho hérite d’un ballon côté gauche à une trentaine de mètres des buts de Sorin. Il n’est pas attaqué et envoie un chocolat sur la tête de Boateng, enfin en position d’attaquant de soutien censé amener une présence dans la surface. Coulibaly est éliminé par la passe, Mignot est battu sur la déviation… Et Grichting est en retard sur Ibrahimovic qui n’a plus qu’à conclure. 1-0. Derrière, Auxerre ressort pour tenter de revenir au score, appliquant les mêmes schémas de construction qu’en première période (avec Hengbart à droite).

Mais cette fois, le ballon est perdu dans le jeu et le contre s’amorce. Ronaldinho fixe les défenseurs sur une vingtaine de mètres et décale Ibrahimovic qui glisse le ballon sous Sorin. 2-0 en trois minutes. La rencontre est pliée. (Et votre serviteur décide alors d’aller jeter un oeil sur ce qu’il se passe au Vélodrome, il arrive au bon moment d’ailleurs). De ses 70 minutes, je n’arrive pas à retenir autre chose que la balle de 1-0 gâchée par Langil. Un match aussi rageant qu’encourageant pour des Bourguignons qui ont prouvé qu’ils avaient les tauliers pour ne pas être ridicule à ce niveau de compétition.

En bref :

– Deux équipes à l’animation asymétrique : on construit avec du jeu court d’un côté (Ronaldinho au Milan / Oliech-Hengbart à Auxerre) et on cherche la vitesse et le jeu rapide vers l’avant de l’autre (Pato / Langil).

– Ndinga s’est révélé comme un excellent récupérateur au milieu mais il ne faut pas oublier le travail de l’ombre (pour une fois) de Pedretti qui a coupé de nombreuses trajectoires en couverture du Congolais.

– La 39ème minute m’a complètement traumatisé à tel point que j’en ai oublié la tête sur la transversale de Coulibaly sur un corner quelques minutes avant. Très important les coups de pied arrêtés sur ce match aussi.

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