Milan AC 0-0 Naples, l’analyse tactique

Malgré l’absence de buts, cette rencontre de Série A a offert un spectacle tactique très intéressant. Doucement mais sûrement, le Milan a pris la mesure d’un adversaire toujours en verve face aux gros et aurait certainement pu l’emporter sans l’expulsion de Ibrahimovic à l’heure de jeu. Par la suite, les Milanais ont su tenir tête des Napolitains peu inspirés en phase offensive pour aboutir sur un partage des points finalement mérité.

Les compositions :

Pas de surprise à signaler dans le onze de départ du Milan AC. Pato étant blessé, il est remplacé par Emanuelson qui se joint à Robinho et Ibrahimovic pour former la ligne offensive du champion en titre. Derrière, Mexès est titulaire en défense centrale aux côtés de Thiago Silva : Abbiati (32) – Abate (20), Mexès (5), Thiago Silva (33), Antonini (77) – Van Bommel (4), Nocerino (22), Seedorf (10) – Emanuelson (28), Robinho (70), Ibrahimovic (11).

Du côté de Napoli, Walter Mazzarri aligne son équipe-type à une exception près. Inler reste sur le banc de touche, Dzemaili en profitant pour s’installer à sa place dans le onze de départ. Autour de lui, c’est du grand classique avec la reconduction du 3-4-3 habituel : De Sanctis (1) – Campagnaro (14), Cannavaro (28), Aronica (6) – Maggio (11), Dzemaili (20), Gargano (23), Zuniga (18) – Hamsik (17), Lavezzi (22), Cavani (7).

Première mi-temps ou comment le Milan a fait reculer son adversaire

D’un côté comme de l’autre, les formations présentées au coup d’envoi ne surprennent pas. Le Milan est dans son 4-3-3 habituel avec Van Bommel devant la défense encadré par Seedorf et Nocerino. Le Napoli oppose lui son traditionnel 3-4-3 avec le trio formé par Lavezzi, Cavani et Hamsik en pointe, censé protéger le paire de récupérateurs (Gargano et Dzemaili). Concentré sur les relances axiales et verticales des Milanais, la première ligne napolitaine (Lavezzi, Cavani et Hamsik) laisse le champ libre aux remontées de balle sur les côtés, via Antonini côté gauche et Abate côté droit, l’objectif étant d’enfermer ensuite le Milan dans le couloir.

Anticipant le projet des Napolitains, les Milanais organisent leur phase de remontée du terrain d’une certaine manière. A la base de celle-ci, on retrouve les trois défensifs axiaux (Mexès, Thiago Silva et Van Bommel) qui envoient le ballon dans les couloirs pour Antonini et Abate. Alors qu’ils sont attendus au coeur du jeu, Seedorf et Nocerino évoluent très haut et dans des positions le plus souvent excentrées et opposées. De là, ils offrent un appui à leurs latéraux afin de combiner dans les couloirs, normalement uniquement couverts par Maggio et Zuniga côté napolitain.

Dès lors, le Napoli est obligé de s’adapter, sous peine de se retrouver avec des trois contre trois à négocier constamment dans l’axe. En effet, si Dzemaili ferme côté droit face à Nocerino et Gargano côté gauche face à Seedorf, c’est un trois-contre-trois qui se joue plein axe entre les trois attaquants milanais (Robinho, Emanuelson et Ibrahimovic) et les trois défenseurs napolitains (Cannavaro, Campagnaro et Aronica). Conséquence, afin de conserver le surnombre dans cette zone, Hamsik recule d’une ligne et vient se placer à la gauche de Dzemaili et Gargano.

Naples est mis sur le reculoir mais ne subit pas le jeu pour autant. Bien protégés par Gargano dans leurs 30 mètres, les défenseurs napolitains se montrent très à leur avantage dans les duels, face à Robinho et Emanuelson mais aussi face à Ibrahimovic. Il faut attendre un second ajustement dans l’animation du Milan AC pour voir le Suédois et ses partenaires trouver des espaces au coeur du jeu. Aux alentours de la demi-heure de jeu, Van Bommel laisse ses partenaires de la défense (axiaux et latéraux) gérer la relance et monte d’une ligne afin d’évoluer entre la paire Lavezzi-Cavani et la zone devant la défense gardée par Gargano.

De cette position, le Néerlandais offre un premier point d’appui pour les relanceurs, les relayeurs qui voudraient revenir dans l’axe et les attaquants dos au but. Non-marqué par Lavezzi ou Cavani, il combine ainsi avec Seedorf, Nocerino ou Ibrahimovic avant que Gargano ne se décide à sortir sur lui pour limiter son influence. Dès lors, la défense est moins protégée, les attaquants milanais trouvent des positions décrochées pour toucher les ballons et créer le danger dans l’axe. Sur les ailes, les appels de Emanuelson et Robinho sur les extérieurs étant suivis par leurs adversaires directs, les milieux du Napoli doivent coulisser pour couvrir ses derniers… Et les attaquants doivent en faire de même pour couvrir leurs milieux.

Deuxième mi-temps :

Malgré ces mouvements de fin de première mi-temps, le Milan ne parvient pas à prendre le dessus au tableau d’affichage. Même s’il concède quelques décalages, le bloc du Napoli reste maître dans ses 25 derniers mètres de réparation, notamment grâce à un excellent repli défensif. Néanmoins, les Napolitains se sont montrés de moins en moins dangereux au fil des minutes. Normal, puisque l’animation milanaise a entraîné le recul de l’un des attaquants… Au retour des vestiaires néanmoins, Naples redémarre dans sa configuration initiale. Et le Milan va en profiter.

Cette fois, les Milanais adoptent un jeu beaucoup plus direct qu’en première mi-temps. Sitôt le ballon récupéré, Ibrahimovic est immédiatement recherché dans les airs par une relance longue (des 30 mètres jusque dans le camp adverse, après le rond central). Supérieur à Cannavaro dans le domaine aérien, le Suédois gagne les ballons et peut ensuite distribuer à Robinho et Emanuelson dont les courses vers l’extérieur profitent des espaces laissés par les montées obligatoires de Maggio et Zuniga lorsque Naples est en phase offensive (construction et finition).

Robinho manque ainsi une énorme occasion d’ouvrir le score cinq minutes après la reprise. Le rythme du match est plus enlevé durant le premier quart d’heure, jusqu’à l’expulsion d’Ibrahimovic jusqu’ici indispensable aux attaques rapides du Milan. Les coachs entrent alors en scène. En plusieurs changements, le Napoli passe en 4-2-3-1 : Hamsik en soutien de Cavani et les paires Zuniga-Lavezzi à gauche et Maggio-Pandev à droite. Le Milan passe lui en 4-4-1 avec l’entrée d’Ambrosini à la place du Seedorf, les attaques partant des prises de profondeur d’Emanuelson côté droit ou de Robinho sur les extérieurs. Bien regroupés dans ses 30 mètres, le Milan ne tremble pas malgré l’infériorité numérique et se montre même plus dangereux que des Napolitains incapables de trouver la solution.

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4 réponses

  1. The teacha dit :

    J’n’ai pas vu ce match mais apparemment ca été un vrai catenaccio à l’ancienne.
    Respect à Mazzari pour imposer un 3-4-3 dans ce championnat si tactique et même contre le grand Milan, champion en titre.
    Dernièrement dans un article, j’ai lu que la défense à 3 revenait bien en Italie. Je trouve que ca ramène un peu de fraicheur car ce sont des systèmes qui pronent l’offensive et qui peuvent permettre de rajouter un milieu de terrain supplémentaire dans l’entrejeu.
    En Angleterre, je crois qu’il y a aucune equipe qui joue a 3 derrière, ni en Espagne a part le barça of course! En France, je crois que Francis Gillot met le systeme en place depuis cet hiver et Nancy qui joue dans un 5-3-2 se retrouve vite en situation offensive avec un 3 5 2 egalement.

    J’espere que Naples continuera a montrer en ligue des champions aussi que le foot est fait pour marquer et pas mettre un systeme en place juste pour ne pas encaisser.

  2. samirhenry dit :

    Bsr, moi aussi je n’ai pas pu voir le match, oui en France ,y a Francis Gillot qui joue en 3-5-2, depuis l’arrivée du brésilien mariano au mercato, mais bon les deux de devant ne sont pas trop terribles (surtout Maurice belay, et Jussié).Il doit dénicher un attaquant voir deux beaucoup plus puissants devant, genre Ideye Brown (son ancien joueur a Sochaux aujourd’hui en Ukraine)

  3. erick dit :

    Bsr, post hors sujet, bilbao s’est qualifié en finale, ça sent bon l’analyse tactique contre le barça (s’il passe également) lol

  4. hicham dit :

    SVP je voudrais voir un article sur Chelsea et les causes de son Déclin Cette Saison (tactiquement parlant) SVP SVP SVP

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