France 1-3 Brésil : les enseignements

Pour son premier match de l’année, l’équipe de France s’est heurtée à une Seleçao en pleine reconstruction en vue de la Copa America en juin prochain. Moins « engagés » que leurs adversaires, les Bleus ont été dominés pendant la majeure partie de la rencontre.

Compos et plans de jeu : 

Côté français, Didier Deschamps a dû faire sans Lloris et Pogba, tous les deux blessés. Les deux hommes ont été respectivement remplacés par Mandanda et Sissoko, qui ont pris place aux côtés de ceux que l’on peut qualifier de titulaires habituels. Annoncés en 4-3-3, les Bleus ont plutôt joué en 4-1-4-1.

Dans l’autre camp, Dunga a lui présenté un 4-4-2 avec Neymar associé à Roberto Firmino aux avants-postes. Les Blues Willian et Oscar occupaient les ailes, encadrant Luiz Gustavo et Elias dans l’entrejeu. Derrière, Thiago Silva était le seul Mondialiste toujours au rendez-vous. Danilo, Filipe Luis et Miranda ont débuté à ses côtés.

 

Dès les premières minutes de jeu, ce sont les Brésiliens qui ont été les plus actifs pour perturber la relance française. Neymar et Firmino ont fait les courses pour faire remonter leur bloc et gêner les premières passes de Varane, Sakho ou Schneiderlin.

En face, l’équipe de France a elle positionné son bloc au milieu de terrain. Seul en pointe, Benzema a laissé Thiago Silva et Miranda sans pression. Derrière lui, Sissoko et Matuidi ont généralement attendu leurs adversaires directs (Elias et Luiz Gustavo) aux abords de la ligne médiane. Résultat, le Brésil a pris possession du ballon assez rapidement dans le match ; les Bleus allaient eux procéder en contre-attaque.

La France voulait piéger les couloirs : 

Généralement spectateurs face à la possession des axiaux brésiliens, les Français ont déclenché leur pressing lorsque le ballon arrivait dans les couloirs, sur Filipe Luis ou Danilo. Valbuena et Griezmann devaient sortir sur le porteur, tandis que le reste du bloc coulissait afin de densifier un maximum la zone.

Problème pour les Bleus, les Brésiliens ont fait preuve d’une réelle aisance technique pour se sortir de ces zones de pression et réorienter ensuite le jeu côté opposé. Si le flanc gauche des Bleus a plutôt bien résisté – obtenant même une attaque rapide avortée à cause d’un hors-jeu de Griezmann – le côté droit a pris l’eau en raison des mouvements de Neymar et Oscar.

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Dès que les Brésiliens écartaient le jeu sur Danilo ou Filipe Luis, les Français déclenchaient le pressing pour tenter d’étouffer leurs adversaires dans les couloirs, récupérer le ballon haut et partir en contre-attaque.

Preuve en est le changement tactique opéré par Didier Deschamps après la pause. Les Bleus sont revenus des vestiaires avec l’intention de bloquer la relance brésilienne bien plus haut. Sur ces séquences de pressing, le 4-1-4-1 se muait en 4-2-3-1 avec Valbuena en soutien de Benzema, Griezmann à gauche, Sissoko à droite, couverts par Matuidi et Schneiderlin. Sur les premières minutes de la 2e mi-temps, les Bleus ont d’ailleurs récupéré plus de ballons au milieu de terrain que durant les 45 premières minutes.

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Dès le début de la deuxième mi-temps, les Français ont joué plus haut. Le 4-4-2, permettant d’aller chercher Thiago Silva et Miranda, pouvait se muer en 4-2-3-1 dès que les Brésiliens écartaient vers leurs latéraux. Ci-dessus, un exemple d’évolution lorsque le Brésil passe par Danilo côté droit : Griezmann va vers le latéral, Valbuena redescend d’une ligne afin de bloquer les milieux adverses, accompagné par Sissoko. Matuidi reste lui en couverture aux côtés de Schneiderlin.

Neymar et Oscar :

Sur le papier, le Barcelonais a occupé le poste de deuxième attaquant en soutien de Firmino et Oscar celui de milieu gauche. Mais dans les faits, les deux hommes ont fait beaucoup plus pour l’animation du Brésil. Lorsque le ballon était dans les pieds de Filipe Luis côté gauche, Oscar a souvent profité des déplacements de Neymar sur l’aile pour se défaire du marquage de Sagna et se rendre disponible entre Valbuena et Sissoko.

Milieu excentré gauche à la base, le joueur de Chelsea s’est souvent retrouvé dans la peau d’un troisième milieu axial, apportant la touche créative qui manque naturellement à Luiz Gustavo et Elias. A la manière de son partenaire Fabregas chez les Blues, il a souvent renversé le jeu à destination de Danilo. Sa capacité à se muer en troisième milieu a aussi libéré Filipe Luis, dont les courses vers l’avant ont perturbé l’organisation défensive des Bleus.

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Une animation classique côté Brésil : Neymar s’excentre côté gauche et va occuper la zone de Sagna. Oscar en profite pour décrocher et créer le surnombre au milieu de terrain. Valbuena se retrouve entre deux adversaires (Oscar et Filipe Luis) en attendant le déplacement du reste du bloc français.

Evidemment, cette animation côté gauche a rendu le Brésil moins dangereux dans les 30 derniers mètres. Jusqu’en fin de première mi-temps, les Auriverdes ont buté sur la défense française en tentant de passer de la gauche vers l’axe. Sakho a coupé plusieurs trajectoires, profitant du manque de justesse dans les enchaînements adverses… mais il en a suffit d’un seul, juste avant la pause, pour qu’Oscar ouvre le compteur des Brésiliens et les ramènent dans le match (41e).

Plus globalement, ce côté gauche – son point fort dans ce match – a permis à la Seleçao de s’installer assez aisément dans le camp français. Capable ensuite d’y rester, le bloc brésilien s’est crée plusieurs opportunités grâce à des ballons récupérés haut dans la moitié de terrain des Bleus.

Problème de transition offensive chez les Bleus : 

En difficulté pour récupérer le ballon au milieu de terrain, les Français ont été condamnés à jouer plus bas qu’ils ne le souhaitaient. Ils ont dès lors dû composer avec l’un des points faibles du 4-1-4-1 dans ces conditions : la solitude de l’attaquant de pointe, qui devient la seule solution pour remonter le ballon.

Au cours des premières minutes, Benzema a ainsi récupéré plusieurs relances de ces partenaires… Mais le temps de se mettre dans le sens du jeu et d’orienter la contre-attaque, le Brésil avait largement le temps de se repositionner. Au-delà du cas de l’attaquant madrilène, ces partenaires ont souvent manqué de justesse dans les transmissions, annihilant quelques remontées de balle qui auraient pu être intéressantes.

Une équipe peu inspirée : 

L’ouverture du score de Varane est finalement intervenue contre le cours du jeu (22e) et sur coup de pied arrêté. Une habitude face au Brésil. Dans la foulée, les Bleus ont traversé une période plus positive. Les Brésiliens ont relâché leur pressing et quelques espaces se sont ouverts dans l’axe, zone où jusqu’ici le pressing de Luiz Gustavo et Elias empêchait tout relais efficace.

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Le plan de jeu brésilien en une image : d’abord deux joueurs contre les trois Français chargés de la première passe. Dans l’axe, Luiz Gustavo et Elias sortent sur les adversaires qui touchent le ballon dans le dos de leurs attaquants afin de les forcer à jouer vers l’arrière. S’ils tentent de porter le ballon vers les extérieurs, ils sont enfermés par Willian ou Oscar (en rouge). Si les Bleus choisissent de passer par les côtés, Oscar et Willian sont là pour fermer le couloir, couverts par les autres milieux qui coulissent côté ballon. Ces derniers sont aussi protégés par le retour d’un attaquant dans l’axe (en orange).

Parmi les attaquants, c’est Griezmann qui a été le plus en vue, alors que Valbuena et Benzema ont été le plus souvent forcés d’aller sur les côtés pour toucher le ballon, généralement dans des espaces que les Brésiliens ont su verrouiller. Résultat, très peu d’opportunités pour les Bleus sur jeu placé et une défense auriverde sérieuse dans les airs pour repousser les centres de Sagna, Matuidi ou Evra.

A l’instar de leurs problèmes de récupération au milieu de terrain, les Bleus ont tenté de varier le jeu après la pause, notamment en amenant plus de solutions dans la zone gardée par Luiz Gustavo et Elias. Schneiderlin a joué plus haut, se rapprochant de Valbuena et Griezmann. L’attaquant de l’Atletico s’est d’ailleurs une nouvelle fois signalé sur une tentative de loin (63e) qui a frôlé la lucarne de Jefferson, après avoir su sortir le ballon de cette zone. Il s’agit du seul éclair des Bleus dans le jeu, l’équipe ne créant ses autres opportunités que sur coups de pied arrêtés (en attendant l’entrée en jeu de Fékir et son tir en fin de match).

 

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2 réponses

  1. Mr Pascool du Burkina Faso dit :

    Belle analyse…félicitations… SAGNA a été le véritable point faible de l’équipe, Valbuena, Matuidi et SAKHO ne sont pas du tout à la fête, il va falloir faire confiance à des Garçon comme PAYET, Cabela, Fekir et Kosciany au lieu de toujours jouer avec les mêmes…

  2. Daniel Constance dit :

    Salut,
    Perso, je suis d’avis que l’Équipe de France ne possède pas de joueurs-cadres pour guider les autres sur le terrain. De ce fait, le Brésil a exercé un contrôle presque parfait tout au long du match.

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