Marseille 4-1 Bayer Leverkusen : la première de Bielsa

Après un mois de travail, l’OM a entamé samedi la deuxième phase de sa préparation estivale en disputant son premier match amical face au Bayer Leverkusen. Sans ses internationaux, la formation phocéenne s’en est bien sortie, s’imposant 4-1 face au Bayer Leverkusen. Mais au-delà du résultat, le véritable intérêt de ce match était de découvrir les prémices du système Bielsa.

La composition : 

Pour son premier onze de départ en tant qu’entraîneur de l’OM, le technicien argentin a aligné une équipe résolument offensive. D’abord annoncé dans un système à trois défenseurs centraux, le club phocéen s’est finalement présenté dans le 4-1-4-1 classique de son nouveau coach, positionnant toutefois Payet dans un étonnant rôle de n°8.

L’ancien Lillois complétait le milieu de terrain composé par les jeunes Imbula et Lemina. Devant, Thauvin et Gignac étaient rejoints par la nouvelle recrue Alessandrini, installé sur l’aile gauche. Romao était lui repositionné en défense aux côtés de Lucas Mendes, les deux étant encadrés par Mendy et Dja Djédjé. Samba était dans les bois pour pallier à l’absence de Mandanda.

Les premières minutes : « Droit au But »

L’OM n’a pas perdu de temps pour entrer dans ce premier match de la saison. Les Phocéens ont même surpris leurs adversaires, qui ne s’attendaient certainement pas à autant de mouvements dès les premières minutes de jeu. Sitôt le ballon en leur possession, les Marseillais recherchaient la profondeur le plus rapidement possible.

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L’OM veut aller vite dans le camp adverse. Le jeu est écarté depuis le milieu de terrain afin de lancer Thauvin ou Alessandrini.

Le rythme, clé de la réussite :

Positionné entre les lignes de Leverkusen, Payet se chargeait lui des relais « latéraux », se rendant disponible « côté ballon » pour ensuite renverser le jeu côté opposé ou servir l’un de ses ailiers dans la profondeur. L’ancien Lillois s’est montré particulièrement inspiré dans l’exercice, et ce tout au long de la première mi-temps.

Au bout de quelques minutes, les Phocéens ont subi un premier contrecoup face au pressing mis en place par Leverkusen. Désormais en position pour bloquer la relance Romao-Lemina-Mendes, les Allemands ont mis en exergue le manque de solutions côté marseillais quand il s’agissait de « poser le jeu ».

Quand il n’était pas entre ses défenseurs, Lémina a souffert pour effectuer la transition, perdant plusieurs ballons au milieu. Imbula a lui brillé en faisant la différence en un-contre-un mais ses « dribbles » n’étaient pas non plus sans danger et il a aussi connu l’échec. Payet restait lui assez haut sur ces situations, évoluant en soutien de Gignac, focalisé sur son rôle d’accélérateur dans le camp adverse.

L’OM s’en est du coup remis à ses paires « ailier-latéral » pour ressortir les ballons. Alessandrini et Mendy s’en sont individuellement mieux tirés que Thauvin et Dja Djédjé, ce qui a fait naturellement pencher le jeu côté gauche sur la première mi-temps.

Bref, déjà un semblant de « patte Bielsa » avec une équipe plus efficace lorsqu’elle joue vite de l’avant (verticalité) que lorsqu’elle se retrouve avec le ballon en sa possession. La saison s’annonce éprouvante pour les ailiers, qui devront réaliser d’énormes quantités de courses pour toujours offrir des solutions dans la profondeur et ainsi ouvrir le terrain à leurs deux « accélérateurs » (Imbula pour la percussion dans l’axe, Payet pour l’orientation du jeu dans le camp adverse).

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L’animation de l’OM en quelques flèches : une relance à 5 (3 dans l’axe, 2 sur les côtés) pour débouler rapidement sur les ailes, les relais d’Imbula dans l’axe pour percuter le premier rideau adverse (risque à la perte de balle), et ceux de Payet sur la largeur pour sortir le ballon d’un couloir et l’envoyer côté opposé.

L’OM sans ballon : 

Premier match de la saison oblige, l’OM a travaillé « à l’économie » sur le plan défensif. Pas de pression énorme sur la relance du Bayer, qui s’est reposé sur ses défenseurs centraux. Les Phocéens se sont concentrés sur les joueurs chargés de la transition. Derrière Gignac qui courait entre les défenseurs, Payet et Imbula bloquaient les deux axiaux. Alessandrini et Thauvin fermaient eux les couloirs et les passes vers les latéraux.

Derrière ce premier 4-1 (4 milieux, 1 attaquant), le deuxième se chargeait lui de marquer de près les solutions offensives du Bayer Leverkusen. L’objectif était simple : derrière les 5 joueurs ayant pour tâche de perturber la relance, les défenseurs devaient se montrer plus prompts dans les duels pour récupérer les ballons et permettre ensuite de lancer une contre-attaque. Ils ont toutefois manqué de vélocité dans les duels. Logique face à un adversaire en avant dans sa préparation, mais l’idée est là…

Si l’exécution était différente, ce système défensif de l’OM pouvait rappeler celui des Pays-Bas lors du dernier Mondial. Attaquants et milieux étaient là pour forcer le jeu direct de la relance adverse (Sneijder, De Jong, Wijnaldum…). Et les défenseurs devaient ensuite s’imposer athlétiquement dans les duels, fonctionnant quasiment en individuelle (Martins Indi, Blind, Vlaar, De Vrij…).

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Le premier groupe défensif de l’OM, chargé de limiter les solutions pour la relance adverse, et ainsi faciliter le travail de la défense.

Lemina, Romao, Mendes : 

Positionné devant la défense marseillaise en début de partie, Lémina a eu un rôle capital tout au long de la rencontre, qui en dit certainement beaucoup sur ce qui sera attendu du n°6 de l’OM cette saison. Au lieu de travailler avec ses milieux de terrain, celui-ci était là en effet pour couvrir ses défenseurs centraux, qui quittaient l’alignement défensif pour aller disputer les duels.

Une animation défensive qui n’est pas sans danger puisque l’OM pouvait vite payer un duel perdu par l’un de ses stoppeurs au cas où le repli des autres milieux de terrain était insuffisant. Imbula s’est ainsi régulièrement retrouvé seul dans l’entrejeu, permettant au Bayer de conserver le ballon.

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Romao sort au pressing mais ne parvient pas à devancer son adversaire direct. Lémina a reculé en défense pour compenser l’absence du Togolais. Résultat, un adversaire s’engouffre dans sa zone initiale avant qu’Imbula n’ait le temps de venir combler le vide.

La saison dernière, la Roma de Rudi Garcia pouvait s’articuler de cette manière en phase défensive. De Rossi coulissait en défense centrale afin de couvrir les sorties de Castan et Benatia, qui allaient notamment sur les côtés afin de protéger leurs latéraux. Mais la Roma n’abandonnait pas l’entrejeu grâce au bon repli de Pjanic et Strootman. C’est ce modèle-là que l’OM n’a pas forcément su appliquer sur ce premier match, Payet restant trop haut par rapport à Imbula et « oubliant » de suivre son adversaire direct.

Et c’est peut-être cette raison qui a poussé Marcelo Bielsa à passer à trois défenseurs centraux en cours de mi-temps. Positionné dans l’axe de la défense, Lémina était toujours dans son rôle de « compensateur » par rapport à Mendes et Romao (rôle qui lui sied bien puisqu’il est apparu moins efficace dans les duels que ses deux partenaires). Un choix qui a renforcé l’arrière-garde de l’OM, mais n’a pas réglé les problèmes dans l’entrejeu (voir ci-dessous).

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Lorsque le Bayer relance, Imbula et Payet sont au contact des milieux axiaux adverses. Le Bayer trouve toutefois des solutions sur les côtés grâce à ses paires « ailier-latéral ». Ici, ces derniers sortent le ballon du couloir droit face à Alessandrini et s’infiltrent plein axe : Lémina n’est plus là pour ralentir la progression puisque replacé en défense, et le duo Imbula-Payet est déjà battu. 

La clé pour l’adversaire : annuler le « spare-man » ? 

Avec Lémina dans le coeur du jeu, l’OM s’appuyait donc sur un joueur supplémentaire pour couvrir les courses défensives de ses partenaires. Tactiquement, il permettait de conserver une sécurité en cas de duel perdu par l’un des défenseurs. L’efficacité du système dépendait toutefois des mouvements des adversaires.

Ces derniers pouvaient en effet décider d’abandonner une aile pour justement annuler le surnombre en faveur des Marseillais dans l’axe. C’est ce qu’a fait le Bayer Leverkusen (sans succès toutefois) en cours de première mi-temps. Un ailier se recentrait afin de rejoindre ses attaquants dans la zone de Lémina, Mendes et Romao.

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Jusqu’ici, tout va bien. Lémina couvre Mendes. Tous les axiaux de l’OM sont au contact d’un adversaire, Imbula sort même au pressing sans que le bloc ne soit déséquilibré.

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Le milieu gauche du Bayer repique dans l’axe. Lémina, Mendes et Romao ont un adversaire chacun, tout comme Mendy côté gauche. La défense est complètement désorganisée et l’espace est grand sur l’aile droite (heureusement pour l’OM, une faute viendra couper l’action). 




 

 

 

 

 

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3 réponses

  1. TitiHenry dit :

    Cette équipe est très prometteuse, le fait de ne pas avoir de coupe d’Europe permettra à Bielsa de mieux la peaufiner et de gommer les imperfections.

    J’espère que Payet restera, le duo Payet-Imbua est plus qu’intéressant. Par contre il manque un vrai 6 derrière, un 6 capable de tenir le rôle de 3ème défenseur/relanceur, dans le style d’un Mavuba dans le Lille version Garcia ou De Rossi à la Roma ! Un Medel aurait été parfait, mais l’Inter semble avoir une longueur d’avance, et pourquoi pas Stambouli ? Ajoutez à cela la probable venue de Manquillo, c’est pas mal.

  2. the teacha dit :

    Moi j’adore Bielsa, ce système est trés spectaculaire mais s’il à pu faire briller le chili durant la coupe du monde 2010 avec ce système, c’est parce que dans une coupe du monde, il y 8 matchs maximum.
    La sur une saison, c’est compliqué pour les organismes.
    A Bilbao, la fin de la 1ere saison à été pénible tellement les joueurs étaient crevés avec un pressing fort toute la saison.
    Est ce que les marseillais vont pouvoir gérer ça…..

  3. jorge dit :

    great analysis, thanks!!! keep it up ! bielsa!! yeah!

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