Marseille 2-1 Paris SG, l’analyse tactique

Et un éliminé, un. Battu à Marseille, le PSG est peut-être la première équipe du top 5 à lâcher dans la course au titre et à la Ligue des Champions. Les hommes d’Antoine Kombouaré se sont inclinés au Vélodrome dans un match qui, de part les trois buts inscrits en première mi-temps, semble avoir été le parfait opposé de l’aller. Sans briller, l’OM a donné l’impression de s’imposer sans forcer face à des Parisiens trop peu inspirés dans les 30 derniers mètres adverses et auteurs d’une fin de match manquée sur le plan offensif. Analyse.

Les compositions :

Didier Deschamps ne fait qu’un seul changement par rapport à l’équipe qui s’est incliné mardi dernier à Manchester (voir Manchester United 2-1 Marseille, l’analyse tactique). Lucho sort du onze de départ au profit de Valbuena qui s’installe en soutien de Gignac et devant le duo Cheyrou-M’Bia. Autour d’eux, Ayew et Rémy restent sur les ailes alors que la défense ne bouge pas : Mandanda – Fanni, Diawara, Heinze, Taïwo – M’Bia, Cheyrou – Rémy, Valbuena, Ayew – Gignac.

Côté Parisien, Antoine Kombouaré fait entrer deux joueurs par rapport au onze qui a débuté face à Benfica jeudi. Hoarau remplace Erding à la pointe de l’attaque et Giuly revient dans le onze à la place de Ceara, Jallet passant du poste de milieu droit à celui de latéral. Dans l’axe, Bodmer conserve son rôle de numéro 10 devant un milieu Chantôme-Makelele alors que Coupet est préféré à Edel dans les buts : Coupet – Jallet, Armand, Sakho, Tiené – Makelele, Chantôme – Giuly, Bodmer, Nenê – Hoarau.

Le projet marseillais :

Désireux de faire rapidement une différence devant son public, l’OM met beaucoup d’intensité dans son début de rencontre. Coincé entre Diawara et Heinze, Hoarau fait les frais de cette agressivité marseillaise et ne touche pas un ballon. Idem pour Bodmer, invisible dans la zone de M’Bia. Sans ces appuis, Paris a beaucoup de mal à remonter et à tenir le ballon et laisse son adversaire construire pour approcher les buts de Coupet. Pour y parvenir, l’OM utilise énormément les couloirs. Une fois le pressing parisien déjoué et le ballon propre, quatre circuits de passes sont à distinguer.

Ailier-latéral. Certainement la plus classique sur un côté. Ayew ou Rémy partent en fixation sur leur adversaire direct pendant que leur latéral prend l’espace libéré (à l’intérieur ou à l’extérieur). Généralement, Fanni et Taïwo seront servis sur les extérieurs. Ayew et Rémy ont en effet pour habitude de rentrer dans l’axe afin d’essayer, si possible, de se servir de Valbuena comme d’un point d’appui (en gris) entre les lignes parisiennes avant de lui proposer une solution en profondeur. Malheureusement pour eux, Petit Vélo n’a jamais su trouver d’espace dans le coeur de la défense parisienne.

Gignac. A l’inverse, il a montré la voie à Gignac sur la toute première offensive parisienne en s’excentrant côté gauche. Derrière, le dribbleur marseillais est resté dans l’axe et a laissé le soin à son attaquant de proposer de nombreuses solutions sur les côtés. En s’excentrant constamment, à gauche ou à droite, Gignac a fait d’une pierre deux coups (en blanc). Il a d’abord évité le duel direct et dos au but, dont il ne sort que très rarement vainqueur, et a énormément perturbé la défense parisienne en apportant une solution supplémentaire dans les couloirs.

Présence. Les défenseurs parisiens n’ont jamais su comment négocier ses déplacements. Lorsqu’Armand ne le suivait pas (du côté de Jallet), l’ancien Toulousain n’avait aucun adversaire direct pour s’opposer à lui. Du coup, pas étonnant qu’il ait déposé le ballon du 2-1 sur la tête de Ayew (voir ici). Car, et c’est là la force de l’OM hier soir, les déplacements de Gignac sur les côtés étaient compensées par la présence de deux ou trois Marseillais dans la surface (Valbuena, Rémy, Ayew, en bleu ciel). Juste derrière, Cheyrou occupait une position importante pour récupérer les seconds ballons et gênés les relances rapides et au sol vers Bodmer.

Paris, limité par sa pointe :

On l’a évoqué un peu plus haut, le bon début de match marseillais était notamment dû à la domination du trio Diawara-Heinze-M’Bia sur le duo Hoarau-Bodmer. Devancé dans les duels, les deux Parisiens n’ont commencé à faire surface qu’à partir de la moitié de la première mi-temps (après le 1-0). Immédiatement, le PSG a sorti la tête de l’eau, jouant plus haut et bénéficiant d’une circulation beaucoup plus fluide dans le camp adverse. Petit avant/après pour bien comprendre l’apport des deux hommes.

Avant. Bodmer et Hoarau dominés et l’axe bouché, Paris n’a pas non plus de solution à l’avant à solliciter en profondeur, par-dessus la défense marseillaise. Dès lors, ce sont les ailiers, Nenê et Giuly qui doivent offrir des solutions. Le premier est souvent redescendu à hauteur de ses deux milieux de terrain avant de tenter de se retourner et d’accélérer vers les buts de Mandanda (jaune). Sans grand succès. Giuly est lui resté côté droit et a formé un trio avec Jallet et Chantôme qui a abouti sur quelques décalages dans le dos de Taïwo (orange). Mais aucun Parisien ne s’est montré le plus prompt à la réception.

Après. Généralement, les Parisiens ont commencé à se trouver lorsque Hoarau n’a pas hésité à redescendre dans la zone de Bodmer pour combiner directement avec lui, dans la latéralité. Après un ou deux échanges, les deux hommes voyaient le bloc marseillais reculer et des espaces s’ouvrir pour envoyer le jeu sur les côtés. Logiquement, Nenê et Giuly n’avaient plus à redescendre et pouvaient être servis directement dans le sens du jeu ce qui permettait à la circulation de balle de s’accélérer. Venaient ensuite les latéraux le long de la ligne pour les décalages pour offrir des fausses pistes et terminer les mouvements.

De nouveau menés au score après le but de Ayew, les Parisiens ont passé à gauche par la suite. Bodmer, Nenê et Chantôme ont combiné à plusieurs reprises dans cette zone. Le côté droit était lui laissé à Jallet (qui a livré un gros duel avec Ayew) alors que Giuly se recentrait pour occuper la zone laissé libre par Bodmer derrière Hoarau. Le gros match de Armand et surtout de Sakho a permis aux Parisiens de tenir plus longtemps dans le camp adverse mais les Marseillais sont restés maîtres dans leur surface de réparation, renvoyant tous les centres.

Coaching et conclusion :

Entamé à vingt minutes de la fin, le coaching d’Antoine Kombouaré a complètement annihilé les chances parisiennes. Alors que ses joueurs n’ont trouvé que des positions de centre, l’entraîneur a sorti Hoarau et Bodmer pour faire entrer Erding et Bahebeck (qui s’est quand même signalé sur un raid côté gauche). Derrière, Chantôme, très intéressant dans un rôle de box-to-box, est sorti au profit d’un Clément invisible dans le camp adverse. Pourtant, Deschamps semblait craindre un retour parisien au vu de ses changements ultra-défensifs (Abriel pour Gignac, Kaboré pour Cheyrou). Mais l’entraîneur phocéen a passé une fin de match tranquille.

A l’arrivée, une victoire facile pour l’OM une fois le second avantage acquis. Paris était beaucoup trop dépendant du rendement de sa paire Hoarau-Bodmer pour espérer quoi que ce soit alors que les deux hommes étaient opposés à l’une des défenses les plus fortes dans les duels. Les vingt dernières minutes  n’ont laissé que peu de doutes sur le manque de fraîcheur de cette équipe dont la plupart des joueurs avait participé à la réception de Benfica jeudi dernier. Côté Marseillais, on retiendra le comportement de Gignac à la pointe de l’attaque, dont les déplacements ont beaucoup apporté à l’animation marseillaise. Peut-être un début de réponse pour sa bonne utilisation…

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