Marseille 1-0 Chelsea, l’analyse – Voir l’OM sans Lucho et s’endormir

Comme on pouvait le craindre, le Marseille-Chelsea de mercredi soir s’est résumé au retour de Didier Drogba au Stade Vélodrome. De l’émotion avant le match (sans doute, j’étais pas là), de l’émotion après (peut-être, j’étais pas là non plus) et des applaudissement à la sortie de l’Ivoirien à l’heure de jeu : un peu léger pour tenir en haleine le téléspectateur que j’étais. Face à l’ombre du Chelsea du début de saison, Marseille a gagné grâce à Brandao. Lucho était alors sur le terrain. Transition parfaite, cela me permet de vous parler de l’OM sans son maître à jouer, celle qui a débuté la partie.

Les formations :

Comparé à son équipe-type supposée, Chelsea fait sans Anelka (remplacé par Kalou), sans Lampard (remplacé par McEachran), sans Alex (remplacé par Bosingwa qui laisse Ivanovic dans l’axe) et sans Cole (remplacé par Ferreira). Le jeune McEachran est placé en relanceur devant la défense des Blues au sein d’un milieu à trois qui va régulièrement permuter. Devant, on permute aussi entre Kalou, Malouda et Drogba, les deux ailiers n’hésitant pas à rentrer dans l’axe pour jouer en soutien de Drogba ou prendre la profondeur lorsque celui-ci décroche. On remarquera aussi les nombreuses montées de Bosingwa sur le côté droit.

Côté Marseillais, le 4-3-3 est toujours là mais l’OM doit faire sans son maître à jouer laissé au repos. Numériquement, c’est Abriel qui prend la place de Lucho poste pour poste. Devant, Deschamps fait confiance au trio Rémy – Brandao – Valbuena, qui va bouger tout au long de la rencontre comme on va le voir. Aux côtés d’Abriel, on retrouve Cheyrou. N’Diaye conserve sa place devant la défense. Derrière, c’est du classique même si M’Bia n’est pas de la partie : Heinze avec Diawara, Kaboré et Taïwo sur les côtés. Bref, on se croirait en 2009.

L’habitude :

Ce schéma pas forcément très lisible (j’attends vos avis là-dessus d’ailleurs) dégage dans les grandes lignes les zones de jeu des quatre offensifs du système habituel de l’OM… Ou, en tout cas, du système que j’ai vu le plus souvent à l’oeuvre cette saison. Ayew (en jaune) prend le couloir gauche. Brandao (en rouge) combat dans l’axe entre la défense et le ou les milieux défensifs. Valbuena (en rose) se replace à droite mais rentre régulièrement à l’intérieur, parfois jusqu’à couvrir toute la largeur du terrain. Enfin, Lucho (en noir) prend les intervalles, soit vers la droite pour combiner avec Valbuena et le latéral, soit dans l’axe pour se retrouver dans un rôle de 9 et 1/2 capable de faire la décision.

A la découverte de la composition du onze marseillais face à Chelsea, la question était de savoir si Abriel allait reprendre exactement le rôle de Lucho dans le collectif ou si l’animation allait s’adapter à l’absence de l’Argentin. Trêve de suspense : elle s’est adaptée. Et on va voir comment, en quelques questions.

Sans Lucho :

– Qui pour prendre les intervalles ? Habituellement, l’Argentin se déplace constamment dans les espaces laissés par l’adversaire, entre le milieu et la défense le plus souvent. Face à Chelsea, ce n’est pas Abriel ou Cheyrou qui ont rempli ce rôle mais Rémy et/ou Valbuena. Selon l’endroit où était le ballon, l’un ou l’autre (Valbuena le plus souvent) se rapprochait de Brandao dans l’axe pour tenter d’offrir la dernière touche ou le décalage. A noter aussi les nombreuses permutations entre les deux hommes.

– Les milieux ? Avec trois offensifs parfois très recentrés, les deux milieux relayeurs arrivaient dans le dernier tiers du terrain pour écarter le jeu et, au choix, centrer eux-mêmes ou décaler le latéral venu aux avants-postes. L’apport offensif de Cheyrou et Abriel intervenaient le plus souvent lorsqu’il ne restait plus qu’une ou deux passes pour terminer le mouvement et envoyer la dernière passe dans la surface de Chelsea. Souvent des centres, facilement renvoyés d’ailleurs. Ces montées, en dernier recours, avaient pour avantage de minimiser les risques de contre rapide en cas de perte de balle dans le camp adverse.

A l’arrivée, l’OM a été plutôt intéressant en début de partie lorsque l’enthousiasme du grand match a rendu Valbuena ou Rémy très difficiles à contenir pour les défenseurs adverses. Petit à petit, les choses se sont calmées et l’animation marseillaise, tributaire du rendement du trio offensif pour déstabiliser l’adversaire, a plus joué par à-coups.

Côté Chelsea :

Parce qu’il faut bien parler de l’adversaire un peu… On était évidemment à des années-lumière du Chelsea d’il y a quelques semaines, certains diront avant l’éviction de Wilkins. Le milieu à trois a plus ou moins tenu dans l’axe, envoyant les Marseillais sur les ailes pour tenter des centres qui n’ont jamais trouvé preneurs. Offensivement, les Blues ont gâché une bonne poignée de grosses situations sur des ballons récupérés au niveau de la ligne médiane avec Kalou et Malouda en bons fossoyeurs.

– Content de revoir Bosingwa à droite, le Portugais a réalisé plusieurs montées intéressantes en profitant du mouvement constant des ailiers pour lui créer de l’espace. Malheureusement, aucun de ces centres n’a abouti. Notamment à cause du manque de soutien des milieux de terrain : Essien est surtout Ramires ont eu du mal dans leurs tentatives. Petite mention au jeune McEachran dans son rôle de rampe de lancement : très intéressant.

Conclusion :

Je n’aurais peut-être pas dû regarder TF1.

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