Marseille 0-2 Bayern Munich, l’analyse tactique

Dire qu’il y avait une classe d’écart entre les deux formations n’est certainement pas suffisant. Malgré sa volonté en défense, l’OM n’avait tout simplement pas les armes pour espérer réaliser quelque chose face au Bayern. Les Phocéens ont d’abord subi les conséquences de l’expulsion de Mandanda en fin de première mi-temps avant de toucher les limites de leur plan de jeu pendant tout le second acte.

Les compositions :

La surprise Andrade n’en étant plus une depuis l’annonce de Didier Deschamps à la veille de la rencontre, c’est un OM classique qui s’est présenté sur la pelouse du Vélodrome. Incertain jusqu’en milieu d’après-midi, Rémy était titulaire à la pointe du onze de départ : Andrade (16) – Azpilicueta (2), Fanni (24), Nkoulou (3), Morel (15) – Diarra (4), Mbia (17) – Amalfitano (18), Valbuena (28), Ayew (20) – Rémy (11).

Du côté du Bayern, Jupp Heynckes a décidé de se passer des services de Schweinsteiger, qui revenait tout juste de blessure. La plaque tournante des Bavarois est restée sur le banc, ce qui a fait le bonheur de Kroos qui a débuté au coeur du jeu aux côtés de Luiz Gustavo : Neuer (1) – Lahm (21), Boateng (17), Badstuber (28), Alaba (27) – Luiz Gustavo (30), Kroos (39) – Robben (10), Muller (25), Ribéry (7) – Gomez (33).

L’OM en défense : résistance dans l’axe et prises à deux sur les ailes

Pour ce match, l’OM a ressorti les ingrédients qui lui ont permis de venir à bout de l’Inter Milan au tour précédent : un axe défensif très fort sur le plan athlétique, afin d’empêcher toute possibilité de jeu entre les lignes, et une double fermeture des couloirs pour pallier aux montées des latéraux adverses. Si Lahm et Alaba, les latéraux du Bayern, ne sont que très peu montés, les Marseillais avaient de toute façon fait le choix d’opposer deux joueurs à Robben et Ribéry.

Sans surprise, le travail de soutien des latéraux, face à Robben et Ribéry, est revenu aux deux milieux excentrés, Ayew à gauche et Amalfitano à droite. Mais sachant que les deux hommes étaient aussi les premiers soutiens des offensifs (Rémy et Valbuena), la formation de Didier Deschamps se devait de ralentir les sorties de balle des Allemands afin de leur laisser le temps de se replier pour fermer les couloirs et limiter les situations de un-contre-un pour les deux dribbleurs du Bayern. Dans cette optique, Valbuena ne s’est jamais projeté dans la surface adverse en première mi-temps, laissant Rémy seul, afin de ne jamais vraiment quitter Luiz Gustavo. De son côté, Diarra sortait de son camp afin de monter sur Kroos pour fermer les angles des passes les plus dangereuses (en rouge).

Tant que les Marseillais ont réussi à ralentir le jeu vers l’avant des Allemands, ils n’ont quasiment pas eu à s’inquiéter. Seuls les déplacements de Muller sur l’aile droite pouvaient perturber le bloc marseillais, le temps pour Mbia de venir fermer avec Ayew face à Robben, Morel héritant du marquage du n°25 allemand (en jaune). Deuxième source d’inquiétude pour les Marseillais, les rares projections de Lahm qui, n’étant pas attaqué, est passé tout près de faire la différence en fin de première période en un une-deux à l’entrée de la surface avant d’être stoppé.

Concernant Ribéry et Robben, le plan marseillais a en fait fonctionné tant que la prise à deux a été tenue sur le Néerlandais. Dès qu’elle a été lâchée, ce dernier s’est immédiatement montré dangereux. Les deux buts sont des exemples criants. Sur le premier, le Bayern sort en contre : Ayew et Valbuena sont éliminés dès le début de l’action. Robben est servi à hauteur de Morel et Mbia n’a pas le temps de venir fermer à l’intérieur. Derrière, l’appel de Gomez fait le reste et le Néerlandais n’a plus qu’à le lancer. Sur le second but, Robben est accompagné dans sa montée par Lahm qui reste sur l’extérieur. Mbia et Morel tentent de fermer, non sans savoir que le décalage est possible s’ils se livrent. Du coup, personne ne sort sur Robben qui sollicite un superbe une-deux à l’intérieur avec Muller pour aller finir lui-même le travail.

Marseille en attaque, quelles munitions ?

Limitant les prises de risque au maximum sur ce premier match, les Marseillais n’ont évidemment pas été les plus ambitieux avec le ballon. Pour ne rien arranger, leurs adversaires n’ont pas laissé grand chose hasard. Après avoir été inquiétés sur quelques passes en profondeur, venues de la droite et à destination de Rémy, qui ont donné de l’espoir au Vélodrome (en jaune), les Bavarois ont resserré leur pressing au milieu de terrain en ciblant les couloirs.

Amalfitano s’était en effet signalé en première mi-temps par quelques tentatives en profondeur, où il profitait de l’absence de pressing d’Alaba afin d’essayer de lancer Rémy. Au fil des minutes, les Bavarois se sont rapidement adaptés et ont enfermé le milieu droit de l’OM : Alaba sortait de la défense, Kroos coulissait pour fermer la passe vers l’intérieur et Ribéry se repliait pour complètement encercler le porteur du ballon, gênant ainsi la passe en retrait vers Azpilicueta qui aurait pu aboutir sur un décalage dans l’axe, l’OM profitant alors du premier déplacement de Kroos. Résultat, Amalfitano s’est retrouvé à plusieurs reprises enfermé le long de la ligne de touche (en rouge), recevant parfois le concours de Valbuena. Une aide peu utile puisque le meneur de l’OM était de son côté suivi de près par Luiz Gustavo (en rouge).

Valbuena était aussi au centre de la deuxième phase offensive la plus fréquente côté marseillais. Lorsque l’équipe ne cherchait pas immédiatement Rémy, elle sollicitait un relais de sa part dans l’axe pour envoyer le jeu sur l’aile gauche où Ayew pouvait profiter de l’espace entre Lahm et Robben pour se lancer balle au pied (en orange). Malheureusement, les débordements du Ghanéen n’ont pas abouti sur grand chose -excepté des corners sur lesquels l’OM s’est montré dangereux-. La faute à un gros manque de présence dans la surface pour des raisons déjà évoquées plus haut (limiter les prises de risques et avant tout ralentir les relances adverses afin de permettre le repli des attaquants).

Conclusion :

Sans forcer son talent, le Bayern est déjà en demi-finale de la Ligue des Champions. Si l’OM n’avait pas les armes, les Bavarois n’ont pas non plus étalé tout leur arsenal. Leur pressing n’était que ciblé sur certains joueurs-clés (Valbuena, Amalfitano) afin de sevrer Rémy de ballons et, offensivement, les latéraux ont plus participé à la construction des actions (au milieu de terrain) qu’à la finition comme ils peuvent le faire habituellement. En clair, le calvaire n’est peut-être pas terminé pour les Marseillais et le retour de Mandanda ne sera pas de trop la semaine prochaine.

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4 réponses

  1. The teacha dit :

    Je pense que l’analyse aurait pu être plus courte tant ce qui ont vu le match ont du être frappé de la différence de niveau et de classe entre ces 2 équipes tant au niveau technique que tactique. On aurait dit une séance de décrassage du bayern, et je suis d’accord quand tu dis que l’OM n’avait clairement pas les armes pour ce genre d’adversaire.
    Tactiquement, les déplacements de Muller dans les intervalles ont quand même fait mal également.
    Offensivement, si Cheyrou avait été aligné d’entrée, il aurait pu apporter un plus et du surnombre entre kroos et gustavo par sa technique et ses déplacements vers l’avant. Or le choix de Deschamps d’aligner 2 milieux defs musclés n’a pas aidé dans la créativité, c’est dommage.

  2. Il est vrai que ce match a opposé deux niveaux différents.

    Le Bayern, grand d’Europe, quasi-intraitable en Allemagne.

    L’OM, qui pas n’est maître de son championnat et se défend en Champions League avec sa défense, et présente beaucoup de lacunes. Rien à voir l’OL qui était un sérieux challenger à l’époque.

  3. Footix dit :

    Belle analyse… Franchement, j’ai beau ne pas être fan de l’olympique lyonnais, le temps ou ils offraient une vraie qualité de jeu en Europe (à défaut de réussite) me manque vraiment. Vivement que le PSG (et à moyen terme le néo-russe/riche monaco?) prenne de l’envergure et nous fasse rêver !

  1. 2 avril 2012

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