Marseille 0-1 Arsenal, l’analyse tactique

Les deux équipes se craignaient. Elles craignaient aussi de sombrer à cause de leurs propres défauts. Résultat, la rencontre entre Marseille et Arsenal a été assez pauvre en rebondissements : l’OM a mis la pression avant de la relâcher. Arsenal a tenu le ballon mais n’a pas su attaquer, la faute à des Marseillais maîtres dans leur surface. Finalement, un détail a fait basculer le match : un centre envoyé avec un joueur supplémentaire dans la zone de vérité. Analyse-éclair.

Les compositions :

Aucune surprise n’est à signaler dans le onze de départ phocéen. A l’inverse de la précédente sortie face à Dortmund, Dider Deschamps laisse Kaboré sur le banc, au profit d’un retour de Cheyrou au sein d’un milieu à trois avec Diarra et Lucho : Mandanda (30) – Azpilicueta (2), Diawara (21), Nkoulou (3), Morel (15) – Diarra (4), Cheyrou (7), Lucho (8) – Valbuena (28), Ayew (20), Rémy (11).

Du côté d’Arsenal, Arsène Wenger doit une nouvelle fois composer avec des absences en défense et au milieu de terrain. Le jeune Jenkinson remplace Sagna dans le couloir droit. Au milieu, Rosicky est préféré à Ramsey, resté sur le banc : Szczesny (13) – Jenkinson (25), Mertesacker (4), Koscielny (6), André Santos (11) – Song (17), Arteta (8), Rosicky (7) – Arshavin (23), Walcott (14), Van Persie (10).

Pression marseillaise :

A l’instar de Dortmund ou de Tottenham, Marseille entame son match face aux Gunners de la meilleure des façons : en imprimant un pressing important sur les deux premières lignes de relance adverses. Les Marseillais font même plus fort puisqu’ils réussissent à aller chercher leurs adversaires très haut.

Pour ce faire, la répartition des rôles est facilitée par le calquage du milieu marseillais sur celui d’Arsenal. Si Diarra reste en retrait (aux alentours du rond central) pour suivre les déplacements de Rosicky, Lucho et Cheyrou n’hésitent pas à aller jusqu’aux abords des 30 derniers mètres adverses pour mettre la pression sur Song et Arteta.

Devant eux, les trois joueurs à vocation offensive (de gauche à droite : Ayew, Rémy,Valbuena) mettent la pression sur les défenseurs adverses en tentant de se mettre sur les lignes de passes latérales (ou en diagonale) ou en se répartissant comme ceci : si Mertesacker (4) a le ballon, Rémy lui met la pression tandis que Ayew prend Jenkinson et Valbuena rentre à l’intérieur pour venir dans la zone de Koscielny.

Là encore, le but est de casser le bloc-équipe d’Arsenal en obligeant la défenseurs à allonger. En cas de relance longue vers l’avant, les Marseillais ont l’avantage dans les airs. En cas de transversale vers le défenseur laissé libre par les trois attaquants, c’est au bloc marseillais de faire l’effort pour arriver avant (ou en même temps pour ne pas être dépassé) que les solutions de passes ne se présentent au nouveau porteur.

Première réponse d’Arsenal :

Malgré plusieurs moments chauds pour la défense d’Arsenal, l’OM ne parvient pas à ouvrir le score durant son temps fort du début de partie. Petit à petit, Arsenal trouve des solutions au milieu de terrain pour que les Marseillais relâchent leur emprise dans le camp adverse.

Ainsi, pour les Gunners, la rencontre démarre dès lors que Rosicky change de registre. De meneur de jeu/attaquant de soutien chargé de relayer les ballons remontés vers Van Persie et les attaquants, le Tchèque se mue en un véritable troisième milieu de terrain. Son travail ne se limite plus à la dernière passe qui va créer le décalage ; il quitte la zone de Diarra pour venir créer des surnombres dans les zones de Song, Arteta et ses latéraux, permettant ainsi à Arsenal de se sortir du pressing adverse.

Du coup, un joueur doit reprendre son rôle de relais entre le milieu et l’attaque. Et c’est Arshavin qui va s’y coller. Sitôt la possession de balle assurée, le Russe quitte son aile gauche pour rentrer entre les deux lignes marseillaises. Son objectif : se rendre disponible pour ses milieux de terrain et accélérer le jeu en relâchant le ballon en une ou deux touches pour Van Persie ou Walcott. Mais ses transmissions manquent de justesse.

Résultat, Arsenal se retrouve déséquilibrée dans son animation offensive. Personne n’aide André Santos dans le couloir gauche, le Brésilien n’a donc jamais pu monter pour faire montre de sa qualité de centre. Dans l’axe, le déchet d’Arshavin et la domination du trident Nkoulou-Diarra-Diawara ne permettent pas à Van Persie d’être servi dans de bonnes conditions. Reste donc le couloir droit où tout se joue sur des accélérations de Walcott ou des décalages de Jenkinson. Mais aucun de ses centres n’arrive à destination : l’OM domine dans sa surface de réparation.

Deuxième mi-temps :

A la reprise, Arsène Wenger décide de rééquilibrer son animation offensive. Même s’ils vont permuter, les deux ailiers (Arshavin et Walcott puis Gervinho) restent la plupart du temps dans leur couloir. Dans l’axe, les choses changent en même temps que le bloc marseillais recule.

En effet, alors que l’on aurait pu s’attendre à des Marseillais aussi entreprenants à la reprise qu’en début de partie, ceux-ci évoluent beaucoup plus bas qu’en première mi-temps. Les trois attaquants ne sortent plus autant et les milieux en font de même : Ayew, Valbuena, Cheyrou et Lucho forment désormais une ligne de quatre joueurs intercalée entre Diarra en sentinelle et Rémy en pointe. Finie la pression sur les buts de Szczesny et la défense londonienne.

Le bloc plus bas des Marseillais permet aussi à Arsenal de prendre ses aises au milieu de terrain. Song opère dans l’axe tandis que Arteta et Rosicky se placent de manière à trouver les intervalles présents dans la première ligne marseillaise. L’objectif est de franchir ce premier rideau pour trouver l’ailier ou le latéral qui sont ensuite chargés de faire des différences dans les duels. Là encore, le jeu penche à droite avec Jenkinson-Walcott puis Djourou-Gervinho.

Logiquement, de l’autre côté du terrain, l’autre ailier se recentre pour tenter de peser dans la surface aux côtés de Van Persie. Mais deux hommes ne suffiront pas. Et c’est sur l’une des rares actions développées côté droit sans l’aide de l’ailier (Walcott ou Gervinho) que le but interviendra : Djourou envoie un centre que reprend… Gervinho qui décale Ramsey complètement seul au second poteau. Loin d’être un hasard.

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