Marquez, ce héros

Ça, c’est fait. Le miracle n’a pas eu lieu ; la France ne sera très certainement pas championne du monde 2010. Un gentil nul, façon Autriche-Allemagne 82, suffira à l’Uruguay et au Mexique pour renvoyer les Bleus à leurs chères études. Pour une fois, l’Equipe n’a pas trop mal résumé le sentiment général avec sa Une « Les Imposteurs » avec une photo de Ribéry au duel avec un Mexicain. Si le journal ose aller jusqu’à faire son mea culpa, puisqu’il a quand même été un de ceux qui ont porté l’envie des cadres, cette élimination les rendra plus sympathique. Dans le cas contraire…

Les onzes de départ :

Une heure avant la rencontre, on découvre le choix du sélectionneur. Ou du moins celui de ses cadres : ces derniers ont obtenu gain de cause, Yoann Gourcuff est sur le banc et Florent Malouda fait son entrée dans le onze de départ. Franck Ribéry évolue dans l’axe en soutien de Nicolas Anelka. Govou est lui accroché à son côté droit comme il l’est depuis le début de la compétition. Pour le reste, c’est du grand classique. Côté Mexicain, Aguirre change les joueurs mais pas le schéma de jeu : Aguilar sort au profit de Moreno et Osorio laisse sa place à ce dernier dans l’axe (merci Ardecho)

A la vue du onze français, on percute très rapidement le projet. Sans meneur de jeu capable d’assurer la responsabilité d’une possession de balle, cette équipe est taillée pour contre-attaquer. Plus elle sera agressive dans l’entrejeu, plus elle récupèrera haut et plus elle aura d’occasions de prendre le Mexique en contre. En revanche, si elle doit repartir de très bas, cela risque de s’avérer compliqué si les Mexicains opèrent un repli plus sérieux que face à l’Afrique du Sud.

L’animation :

Les premières minutes nous éclairent sur les velléités mexicaines : les latéraux, Salcido et Juarez, ne montent pas sans avoir le ballon. Aguirre ne veut pas prendre de risques. L’animation offensive mexicaine tourne autour de Guille Franco, l’avant-centre. A l’instar de Forlan la veille, le futur ex-joueur de West Ham opère en décrochage pour attirer un défenseur et offrir des espaces à Giovani et Vela dans la profondeur. Du très grand classique, faisant partie du b-aBA des déplacements d’un offensif mais un truc impossible à voir côté français.

Car du côté des Bleus, c’est absolument illisible. A l’inverse de ce que la formation pouvait nous laisser prédire, les Bleus n’ont pas la fibre de la contre-attaque. Lorsque la possession est française, le ballon tourne autour de la défense mexicaine à la recherche d’un dribble qui fera la différence et lancera le mouvement final. Evra en passera bien un mais n’en fera rien derrière. Ribéry en tentera plusieurs sans succès (quelle surprise). Bref, au niveau des déplacements, c’est un joyeux bordel. On aperçoit bien une consigne lorsque l’on voit Anelka décrocher et Govou prendre la pointe. Mais après que Diaby ait passé dix minutes sur l’aile droite, je vous avoue que j’ai arrêté d’essayer de comprendre.

Le facteur Marquez :

J’insiste sur mon équipe de France taillée pour le contre. Si vous voulez une équipe de ce genre, il vous faut des gars capables de jouer dans la profondeur. Entre Anelka, Ribéry et Malouda, vous avez des gars qui, sur le papier, sont capables de la prendre sans le ballon et en perforant les lignes adverses. Mais qui était là hier soir pour leur glisser le bon ballon ? Aussi bon soit-il dans son rôle, Toulalan a eu beaucoup de soucis pour jouer vraiment vers l’avant. De son côté, Diaby est un relayeur-dribbleur, loin du passeur dont les Bleus avait besoin.

Côté Mexicain, il y en avait un. Et il a donné une véritable leçon pour tous les amoureux de football. Planté dans son rond central, Rafael Marquez a été au Mexique ce que Pirlo peut être à l’Italie lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens. Entouré par deux gardes du corps (Torrado et Moreno pour Gattuso et Ambrosini), celui qui est défenseur à Barcelone a profité des déplacements de ses attaquants pour leur offrir plusieurs amours de ballon dans la profondeur. On fait simple : la pointe (Guille Franco) décroche ou s’excentre pour ouvrir une brêche dans laquelle s’engouffre le ou les petits gabarits (Hernandez, Vela, Giovani…). Marquez leur met un chocolat, le placement français est approximatif et c’est parti.

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6 réponses

  1. Ardecho dit :

    Si je peux me permettre, il y a une erreur dans votre analyse du Mexique. Juárez n’a évidemment pas joué latéral droit et Moreno n’était pas au milieu de terrain. Les changements opérés par Aguirre étaient les suivants: Moreno a pris la place d’Osorio en défense centrale pendant que celui-ci jouait latéral droit. Juárez a joué à sa place habituelle milieu droit.

  2. admin dit :

    Merci de ta précision. Mes excuses pour cette erreur.

  3. Micah dit :

    Une grosse déception ce match pour le supporter que je suis mais bon : après l’euro la défense était a reconstruire on commence avec Gallas Mexes ça aurai pu être solide mais après un match raté du pauvre Mexes on lui coupe la tête alors que d’autre en ont raté des dizaines alors après on essaye tour et n’importe quoi . Au milieu il faut attendre deux ans pour voir un peu du changement et intégrer des relayeurs mais bon Malouda c’est loin d’être son vrai poste mais Ray cède au caprice de Ribery . Malouda aurait du prendre l’aile gauche depuis longtemps et mettre Ribery a droite et si il en fait qu a sa gueule y’a Menez Valbuena n’importe qui .après en attaque un joueur qui refuse de faire les efforts yavait pas besoin d’autant de temps pour se rendre compte qu’il sert a rien dans cet position pas besoin de s’appeler Ferguson ou Capello et dans la liste aucun attaquant bon de la tête quand on en connait l’importance …

  4. Will dit :

    Bonne analyse qu’on résumera par le Mexique, c’est mucho picante :D
    y’a que les français pour être surpris par le niveau du mexique, et le niveau des bleus …

    Will

  5. L’Adieu aux Bleus

    Nous avons été bien servis, depuis la main qui nous a qualifiés au doigt d’honneur qui nous a fait sortir la tête baissée.
    Raymond ou le ramasseur de ballon avaient à peu près la même force de conviction.
    On ne le répètera jamais assez : la force d’un groupe se mesure à la force du plus faible.
    Ils ne seront plus jamais sélectionnés. Ils auront juste le droit à un hachis Parmentier. Good bye !

    http://www.youtube.com/watch?v=Ny3IiE516HU

  6. Sajoo dit :

    Au prochain tour je sens une énorme surprise du Mexique, cette équipe a beaucoup de coeur et a eu la meilleure préparation pour ce mondial. On sens que c’est un gros collectif avec de très bons automatismes, pour moi ils sont favoris de ce mondial

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