Manchester United 8-2 Arsenal, l’analyse tactique

Une humiliation, une volée… Les qualificatifs ne manquent pas pour évoquer la déroute d’Arsenal à Old Trafford dimanche après-midi. Amoindrie par les absences, la formation d’Arsène Wenger a littéralement explosé face à des Mancuniens qui ont parfaitement récité leur partition. Malgré l’écart entre les deux équipes, ce match a permis de dégager plusieurs détails tactiques intéressants, d’un côté comme de l’autre.

Les compositions :

On ne change pas une équipe qui gagne à Manchester, surtout quand cette équipe est désormais assez jeune pour enchaîner les matchs. Sir Alex Ferguson reconduit les onze joueurs qui ont dominé Tottenham lundi dernier : De Gea (1) – Smalling (12), Evans (6), Jones (4), Evra (3) – Nani (17), Cleverley (23), Anderson (8), Young (18) – Rooney (10), Welbeck (19).

Côté Arsenal, les absences obligent Arsène Wenger à reconstruire plusieurs secteurs de jeu. Traoré rentre sur le flanc gauche de la défense et Coquelin fait ses débuts en Premier League dans l’entrejeu. Koscielny fait son retour : Szczesny (13) – Jenkinson (25), Djourou (20), Koscielny (6), Traoré (30) – Coquelin (39), Ramsey (16), Rosicky (7) – Walcott (14), Arshavin (23), Van Persie (10).

Arsenal veut tenir :

A l’instar de son projet (a priori) initial face à l’Udinese, les Gunners débutent la rencontre avec le projet d’attendre leurs adversaires repliés dans leur moitié de terrain. Mis à part Van Persie qui reste devant pour récupérer les ballons qui seraient renvoyés par la défense, tous les joueurs travaillent dans leur camp une fois que l’équipe n’est plus en possession du ballon.

Le problème, c’est qu’en défendant aussi bas, Arsenal permet à Manchester de remonter jusqu’au milieu de terrain sans opposition. Alors que la présence d’une sentinelle (certes, ce n’était que Coquelin) aurait pu permettre au milieu d’Arsenal de mettre la pression sur Anderson et Cleverley, ceux-ci ont pris le partie de fermer les angles de passe vers l’avant. Qu’à cela ne tienne, Manchester United passe par les côtés. Le bloc d’Arsenal évoluant dans son camp, les couloirs sont ouverts pour les montées des latéraux qui peuvent monter pour participer à la circulation de balle dans l’entrejeu.

Si Evra reste en retrait (menace Walcott oblige), Smalling offre un appui extrêmement efficace sur l’aile droite. Souvent sollicité par Cleverley ou Nani, le latéral droit prend pour habitude de remettre le ballon instantanément dans l’axe avant que Arshavin n’ait le temps de fermer la porte. Une fois le ballon délivré, c’est l’accélération de ses partenaires qui fait la différence ; ses derniers anticipant la remise, ils arrivent le plus souvent avant que leur adversaire n’ait le temps de se replier, créant ainsi le danger en éliminant la première ligne défensive adverse.

Côté gauche, l’animation est quelque peu différente. Vu la retenue de Evra, Young travaille dans tout le couloir, tant à la remontée des ballons, qu’à la circulation. A la finition en revanche, il a pour habitude de revenir sur son pied droit pour chercher des appuis dans l’axe au coeur de la défense adverse (ou envoyer des frappes enroulées dans la lucarne opposée). Rooney est évidemment l’un de ses soutiens privilégiés. Derrière, Anderson évolue plus bas que ses partenaires du milieu de terrain et opère en soutien pour permettre les ressorties de balle ou pour traîner sur les seconds ballons (cf. 1er but).

Rosicky, joueur-clé :

Dominé dans tous les compartiments du jeu et mené au score, Arsenal réussit quand même à se créer des situations dans le camp mancunien. Les décrochages de Van Persie combinés aux prises de profondeur de Walcott et aux rentrées dans l’axe de Arshavin permettent aux Gunners de donner un minimum la réplique à Manchester United en première mi-temps. Grâce à un Rosicky souvent bien placé face au premier rideau adverse.


by Guardian Chalkboards

Déjà important dans la deuxième mi-temps d’Arsenal en Italie en milieu de semaine, le Tchèque est à l’origine de la majorité des bons mouvements d’Arsenal dans ce match. Les déplacements d’Arshavin et Van Persie, associés à la présence de Ramsey et aux montées des latéraux offrent à Arsenal une situation de surnombre face au milieu de terrain adverse (six contre quatre). Cette situation permet à Rosicky de se dégager du marquage adverse à plusieurs reprises pour tenter de trouver Walcott, seul joueur à apporter de la profondeur dans cette équipe. Juste avant la mi-temps, le Tchèque offre ainsi l’égalisation à son partenaire. Quelques minutes plus tôt, Arsenal avait bénéficié d’un penalty sur une action développée sur le même schéma : circulation de balle devant le premier rideau, libération d’un joueur et ballon en profondeur.

Menés 3-1 à la mi-temps, Arsenal revient ensuite sur la pelouse avec l’intention de prendre des risques, quoiqu’il se passe ensuite. Fini le repli rigoureux dans les 40 mètres, l’équipe se montre beaucoup plus agressive durant le premier quart d’heure de la deuxième mi-temps. Symbole de ce regain d’agressivité, Djourou et Koscielny n’hésitent pas à sortir de leur ligne de défense pour jaillir sur leurs adversaires directs dos au but. Durant cette période, les Gunners manquent plusieurs ballons de 3-2. Manchester United continue de faire des différences face au pressing adverse : côté droit, Nani est de plus en plus efficace dans ses dribbles. Et finalement, le match bascule définitivement dans le camp des Red Devils lorsque Rooney ajoute son second coup-franc de la journée.

Conclusion :

La suite ne mérite pas vraiment analyse. Arsenal s’effondre définitivement. Les joueurs ne gagnent plus un seul duel et Manchester peut dérouler dans son style le plus pur et efficace. L’addition est très corsée mais les carences défensives étaient énormes côté Arsenal, particulièrement sur les côtés où Jenkinson et Traoré n’ont pas existé dès lors que leur équipe n’avait plus le ballon. Mais ce début de saison catastrophique ne doit pas occulter le fait qu’Arsenal compte encore dans ses rangs des joueurs de très haut niveau : les titulaires à gauche et à droite ainsi que dans l’entrejeu n’étaient pas là. Et les recrues non plus…

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