Manchester United 4-1 Schalke 04, l’analyse tactique

La mission des Red Devils était plutôt simple après leur défaite du week-end face à Arsenal (voir l’analyse tactique). Maintenir l’avantage acquis à l’aller face à Schalke 04 avec une équipe-bis pour pouvoir conserver le onze-type au frais en vue de la rencontre capitale pour le titre face à Chelsea le week-end prochain. Au vu du résultat, la mission a été plus qu’accomplie et Ferguson peut maintenant se projeter sur la rencontre à venir… Et sur la finale du 28 mai prochain face à Barcelone.

Les compositions :

Equipe-bis oblige, Ferguson remanie profondément son onze de départ… Pour ne pas dire complètement puisque l’Ecossais change huit joueurs par rapport au onze qui a débuté à l’Emirates dimanche après-midi : Van der Sar, Nani et Anderson. La ligne de défense est transformée alors que Berbatov s’installe seul devant : Van der Sar (1) – Rafael (21), Smalling (12), Evans (23), O’Shea (22) – Gibson (28), Scholes (18) – Valencia (25), Anderson (8), Nani (17) – Berbatov (9).

Du côté de Schalke, Ralf Rangnick reconduit le schéma de jeu qui s’est révélé impuissant à l’aller malgré de bonnes intentions. C’est ainsi que Papadopoulos se retrouve de nouveau en couverture de Jurado et Baumjohann au milieu de terrain. Derrière, Escudero est préféré à Sarpei pour son profil plus offensif alors que devant, Edu cède sa place à Draxler : Neuer (1) – Uchida (22), Höwedes (4), Metzelder (21), Escudero (3) – Papadopoulos (14), Jurado (18), Baumjohann (11) – Draxler (31), Farfan (17), Raul (7).

Schalke forcé d’attaquer :

A l’aller (voir l’analyse tactique), Schalke avait réussi une bonne entame de match grâce à un bon travail de pressing de la part de ses offensifs (le trio de devant et le duo Baumjohann/Jurado). Pour cette deuxième confrontation, Rangnick a reconduit ce projet initial et y a ajouté, besoin d’attaquer oblige, l’apport des deux latéraux en phase offensive (Uchida et Escudero). Dès lors, la formation applique le grand classique du 4-3-3 avec deux ailiers qui rentrent travailler à l’intérieur pour ouvrir le couloir à leur partenaire.

Ainsi, Farfan et Draxler repiquent régulièrement dans l’axe et se retrouvent sur la même ligne que les deux milieux mancuniens repliés (Scholes et Gibson). Ces deux-là étant déjà au marquage de Baumjohann et Jurado, la logique veut que les ailiers soient suivis par leurs adversaires directs (O’Shea et Rafael). Dès lors, c’est à l’ailier de Manchester de fermer le couloir pour combler l’espace en cas de montée du latéral adverse. A partir de là, c’est tout le bloc mancunien qui se retrouve très bas avec Anderson en pointe de celui-ci et Berbatov esseulé devant (cf. Rooney-Hernandez à l’aller).

Mais le Brésilien ne va justement pas se contenter de rester en pointe pour faire office de première solution de relance. A l’inverse de Rooney à l’aller, il n’hésite pas à se joindre à la première ligne défensive de Man United pour former un trio dans l’axe avec Gibson et Scholes. Sur le schéma ci-dessus , alors que ses deux partenaires sont sur leurs adversaires directs, il resdescend pour couvrir la pénétration dans l’axe de Farfan (en noir). Dès lors, inutile pour O’Shea de suivre le Péruvien. Le couloir reste donc couvert et, en cas de récupération de balle, Nani n’a personne devant lui pour l’empêcher d’accélérer.

Et le schéma peut aussi être le même de l’autre côté avec Valencia même si l’Equatorien sera le plus souvent touché directement dans le camp adverse (fin des mouvements de MU côté droit sur les quatre buts). Une fois la relance passée par l’un des deux accélérateurs, Berbatov devient le premier relais de l’action dans le camp adverse en attendant la remontée progressive du bloc (Anderson-Gibson-Scholes dans l’axe Rafael-O’Shea sur les côtés). Une fois le bloc dans le camp adverse, il faut aussi noter que Manchester met la pression sur la relance adverse jusqu’à ce que celle-ci atteigne les abords du rond central.

Au fil du match, en bref :

– Juste après l’ouverture du score de Valencia (26e), voyant l’inefficacité des offensives de son équipe, Papadopoulos s’autorise quelques montées pour tenter d’apporter le surnombre dans le camp adverse. A la manière (sans la qualité) d’un Song avec Arsenal, il assure la première passe et monte pour tenter d’offrir un appui supplémentaire.

– Finalement, et avec un second but encaisse entre temps, l’égalisation de Schalke vient d’un ballon gagné grâce au pressing haut des offensifs (3+2) avec Baumjohann qui intercepte une passe manquée par Smalling. A noter que cette passe, destinée à Berbatov, est assez téléphonée, le Bulgare étant le seul mancunien hors de ses 30 mètres à ce moments-là. Une remarque à raccrocher à l’importance de l’activité de Anderson permettant de libérer un ailier de ses tâches défensives…

– L’entrée de Edu à la mi-temps, puis de celle Huntelaar (70e) changent complètement le rôle de Raul. En pointe au coup d’envoi et certainement chargé de fixer les défenseurs centraux adverses, l’Espagnol termine la rencontre face au jeu, en étant une deuxième rampe de lancement aux côtés de Jurado. Pour preuve la différence entre le nombre de ballons touchés en première mi-temps (12) et en deuxième (45).

– Loin d’être une coïncidence, le doublé de Anderson (72e, 76e) intervient quasiment entre la sortie de Höwedes pour Huntelaar (70e) et l’entrée de Matip à la place de Farfan (75e). Il s’explique notamment par le replacement de Papadopoulos en défense centrale, libérant complètement le champ au Brésilien en phase offensive puisqu’il n’a plus d’adversaire direct dans sa zone jusqu’à ce que Matip entre en jeu. Au vu de la rapidité de la rectification, il semble assez clair que Rangnick a voulu éviter de voir son équipe sombrer complètement dans le dernier quart d’heure.

Conclusion :

Comme à l’aller, il n’y a pas eu photo. Manchester a largement dominé son adversaire et profité de ses largesses défensives en plus de maîtriser sans trop de difficultés ses tentatives. Dans l’entrejeu, et malgré quelques déchets effarants, Anderson a eu une très grosse activité, très utile pour les autres offensifs. Les autres ont été à leur niveau et on attend désormais le grand final du 28 mai pour voir si l’équipe-une saura terminer le travail face à un adversaire autrement plus gros.

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