Manchester United 2-1 Manchester City, l’analyse du derby

Wayne’s world. Rooney n’a peut-être inscrit que trois buts depuis le début de la saison mais celui ajouté à son compteur ce week-end va forcément rester dans les mémoires. Il faut dire qu’un retourné acrobatique qui offre la victoire dans le derby et qui remet (au minimum) Arsenal à quatre points, c’est un geste encore plus exceptionnel que d’habitude. Mais avant d’arriver à cette 78ème minute, il y a eu un match. Et United a eu plusieurs temps faibles face à une équipe de City beaucoup plus entreprenante et efficace que lors des autres confrontations directes qu’elle avait eu à disputer depuis le début de la saison. Analyse.

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Les compositions :

Est-il frileux ou méfiant ? Toujours est-il qu’au coup d’envoi, Six Alex Ferguson décide d’aligner sa formation des grands : un attaquant (Berbatov) cède sa place à un milieu de terrain supplémentaire (Anderson) chargé de jouer les relais entre le bloc des six défensifs et Rooney seul en pointe. Giggs s’installe à gauche et Nani à droite tandis que Smalling supplée Ferdinand en défense centrale.

Du côté de Manchester City, Mancini doit composer avec l’absence de De Jong. Pour ne pas casser la duo Touré-Tevez devant, Milner prend la place du Néerlandais aux côtés de Barry tandis que Silva prend le flanc droit et Kolarov le flanc gauche. Habituellement latéral, le Serbe laisse son poste de prédilection à Zabaleta qui peut ainsi défendre sur son meilleur pied en cas de dribbles vers l’intérieur de Nani.

Avantage City :

A la surprise générale, c’est City qui débute fort la rencontre. Le système de jeu mis en place par Mancini isole complètement Anderson dans l’axe et force les ailiers mancuniens à reculer pour participer aux efforts défensifs. Tout part du côté droit des Citizens depuis lequel Richards et Silva jouent des rôles primordiaux dans cette domination. Le premier évolue très haut sur le terrain, fixant à la fois Giggs et Evra, et le second rentre dans l’axe pour évoluer en soutien direct de Tevez.

Ces rentrées à l’intérieur de l’Espagnol permettent à Touré de redescendre au milieu de terrain pour travailler avec Barry et Milner ce qui crée ainsi un surnombre conséquent pour City dans cette zone. Ainsi, face aux seuls Fletcher et Scholes, ils peuvent faire circuler le ballon en attendant le déplacement de Silva ou Tevez qui permettra à l’équipe d’avancer dans le camp mancunien.

Lorsqu’ils n’ont plus le ballon, les Citizens s’appliquent à couper la relation au sol entre Scholes – Fletcher et Anderson. Généralement, cela passe par un pressing de Touré et d’un resserrement de la paire Barry-Milner pour couvrir. Cela passe aussi par un milieu gauche (Kolarov) qui se réaxe pour densifier un peu plus le milieu de terrain.

Pris dans l’axe, Manchester fait logiquement appel à ses ailiers pour s’en sortir. Si Giggs souffre à gauche face à Richards, il est par la suite aidé par Evra qui profite des limites du replacement de Silva dans le couloir pour créer le surnombre. A droite, Nani n’a même pas besoin de cela face à Zabaleta. Dès ses premières prises de balle, on sent le Portugais dans une bonne après-midi.

Ecarter pour mieux régner :

Un côté gauche potentiellement en surnombre, un Nani en forme à droite et un City qui bloque l’axe, Scholes et Fletcher s’appliquent donc à faire circuler le ballon d’un côté à l’autre du terrain. Le bloc de City court et coulisse bien mais dès qu’un joueur de MU est sauté dans la construction (ex : Scholes qui va chercher Nani sans passer par Fletcher), le joueur recevant le ballon se retrouve généralement dans une situation de un-contre-un dangereuse pour la défense des Citizens : Nani vs Zabaleta ou Richards vs Giggs (+ Evra).

Paradoxalement, si les ailiers de United prennent pleinement part à l’ouverture du score (passe décisive de Giggs et but de Nani), celle-ci se fera sur l’une des rares relances où Manchester a pu rapidement développer son jeu direct habituel.

Coaching presque gagnant :

Au retour des vestiaires, United reprend le match là où il l’avait laissé : les Red Devils dominent et mettent même la pression sur la relance adverse. Mancini décide de ne pas attendre pour réagir et fait entrer Wright-Phillips à la place de Kolarov (52e). Conséquence de ce changement, Silva passe à gauche alors que SWP anime le côté droit…

… Sauf qu’à la différence de l’Espagnol, qui poursuit dans le même registre que ce qu’il a fait jusqu’alors (rentrées à l’intérieur et travail entre les lignes), Wright-Phillips reste dans le couloir. Richards étant toujours aussi entreprenants, les deux hommes se retrouvent avec des situations de deux-contre-deux (face à Evra et Giggs) et leur puissance physique aidant, ils parviennent à faire la différence, forçant souvent Scholes à s’écarter pour venir compenser.

L’entrée de Dzeko à l’heure de jeu à la place de Milner offre à City offre un profil d’accélérateur de jeu supplémentaire à l’organisation de Mancini. Après Silva et Wright-Phillips, c’est désormais Tevez qui peut s’en occuper, déchargé du marquage serré de la défense mancunienne. Mais le plus important, c’est que lorsque vous avez plusieurs joueurs de ce type, les deux qui ne participent pas à la construction peuvent apporter leur présence dans la surface de réparation. C’est exactement ce qu’il se passe sur l’égalisation de City où Silva dévie avec chance la frappe de Dzeko.

Réaction :

Sentant le match lui échapper, Ferguson réagit immédiatement après l’égalisation : Berbatov remplace Anderson et United passe en 4-4-2. Si United utilise toujours autant la largeur après cette entrée, le Bulgare fluidifie la circulation de balle et offre surtout une présence supplémentaire à négocier pour les défenseurs adverses ce qui libère logiquement Rooney, jusqu’ici pris entre le marteau Lescott et l’enclume Kompany. La suite a déjà fait le tour de la planète.

Conclusion :

Un match pas forcément enthousiasmant mais qui n’en a pas moins été intéressant sur le plan tactique. Du classique à l’entrée avec deux organisations solides, une surprise au milieu avec la domination de City et le bon match de Silva et Richards, un retour à la normale et la période Super Nani (déjà fait, je sais), un sursaut de City avec l’excellente rentrée de Wright-Phillips qui a appuyé là où ça faisait mal avant un final en apothéose avec le retourné de Rooney. United l’a emporté mais City n’a peut-être jamais été aussi près de battre un adversaire direct depuis le début de la saison. Un progrès à noter en vue de la saison prochaine.

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