Manchester United 2-1 Liverpool, l’analyse tactique

Samedi, Manchester United s’est emparé provisoirement de la tête de la Premier League en prenant sa revanche sur Liverpool, qui l’avait éliminé de la Cup fin janvier. Face à des Reds conservateurs, les Mancuniens ont une nouvelle fois fonctionné à la manière d’un diesel, rentrant doucement dans le match avant d’accélérer pour prendre le contrôle de la partie en milieu de première mi-temps.

Les compositions :

Nani et Young blessés, Sir Alex Ferguson aligne Giggs et Valencia pour animer les couloirs. Derrière, Evans est associé à Ferdinand. Devant, Welbeck est associé à Rooney. Scholes et Carrick tiennent eux le milieu de terrain : De Gea (1) – Rafael (21), Ferdinand (5), Evans (6), Evra (3) – Valencia (25), Carrick (16), Scholes (22), Giggs (11) – Rooney (10), Welbeck (19).

Du côté des Reds, Kenny Dalglish décide de présenter une formation en 4-3-3 pour ce déplacement à Old Trafford. Suarez évolue seul à la pointe de l’attaque et Spearing est positionné devant la défense derrière une paire Gerrard-Henderson : Reina (25) – Johnson (2), Skrtel (37), Agger (5), Enrique (3) – Spearing (20), Henderson (14), Gerrard (8) – Kuyt (18), Downing (19), Suarez (7).

Liverpool débute bien :

Décidés à ne pas subir d’entrée le jeu de leurs adversaires, les Reds débutent la rencontre de la meilleure des manières en réussissant à prendre possession du milieu de terrain. Deux raisons à cela : l’équipe réussit à bien quadriller le terrain et ce, jusque dans le camp adverse pour gêner les sorties de balle mancunienne dans l’axe et elle parvient à tenir le ballon une fois celui-ci récupéré.

Lorsque Manchester United doit ressortir de ses 30 mètres, les Reds présents dans le camp adverse se positionnent afin de protéger le milieu à trois. Ainsi, lorsque Scholes et Carrick récupèrent les ballons de relance, ils voient Downing ou Kuyt quitter leurs ailes pour venir leur mettre la pression. Conséquences sur le jeu de United, la relation entre Scholes-Carrick et Rooney est coupée -par le milieu à trois de Liverpool- et les deux milieux mancuniens sont gênés dans leur jeu long par le pressing des deux ailiers des Reds.

Avec le ballon, Liverpool profite de son surnombre au milieu de terrain pour enchaîner les phases de possession de balle sur les côtés. Le circuit de passes est simple mais efficace. Spearing joue la rampe de lancement devant sa défense et oriente le jeu vers les couloirs où des triangles se forment et cherchent le décalage dans la défense adverse -Henderson, Downing et Enrique à gauche ; Gerrard, Kuyt et Johnson à droite-. Problème, excepté sur des duels remportés -Johnson face à Giggs-, Liverpool ne réussit pas à concrétiser sa domination dans les 30 derniers mètres : Suarez est introuvable, sauf dans des zones excentrés, et personne n’est là pour le suppléer dans la surface lorsqu’il dézone.

Manchester monte en puissance :

Supérieur dans les duels, Manchester United revient logiquement dans la rencontre en profitant de la stérilité de Liverpool en attaque. Pour ressortir les ballons, les quatre axiaux (Ferdinand, Evans, Scholes et Carrick) mettent à contribution leurs latéraux pour étirer le premier rideau adverse. Giggs, Rooney et Welbeck en profitent pour venir proposer des solutions courtes dans les intervalles qui se créent du coup dans l’entrejeu.

Grâce aux dézonages de ses attaquants, Manchester United règle les soucis qu’il connaissait jusqu’ici dans l’entrejeu. Giggs, Rooney et Welbeck ne sont pas suivis par leurs adversaires directs lorsqu’ils décrochent, la défense à quatre de Liverpool restant bien à plat. C’est en fait tout le bloc des Reds qui se replie une fois Manchester United proprement ressorti de son camp. Face au 4-4-2 mancunien, Liverpool oppose un 4-1-4-1 avec Suarez devant tout le monde et Spearing censé boucher les trous qui pourraient se former entre les lignes.

Une fois le ballon remonté, Manchester United passe en phase de construction. A la base du schéma, quatre joueurs -Ferdinand et Evans pour la couverture, Scholes et Carrick pour l’orientation du jeu- restent dans leur camp, Scholes apportant son soutien sur certaines offensives. Sur les côtés, Evra et Rafael offrent des appuis sur les ailes et soutiennent eux aussi les attaques -Evra excentré pour compléter Giggs, Rafael vers l’intérieur du terrain pour compléter Valencia qui joue les un-contre-un face à Enrique-. Mais surtout, au coeur du jeu, Giggs et Rooney multiplient les déplacements pour perturber le milieu à trois des Reds, alternant décrochages pour permettre les projections de Scholes ou Rafael ou les déplacements latéraux entre les lignes pour créer le surnombre dans la zone de Spearing.

Deuxième mi-temps :

Malgré la perte du milieu de terrain, Liverpool tient le choc face aux offensives adverses grâce à un gros travail défensif. Manchester ne se crée qu’une seule véritable occasion, sur une attaque placée lancée par Scholes-Rooney dans la zone de Spearing conclue par un centre de Giggs repris par Scholes mais repoussé par Reina. Au retour des vestiaires, United fait la différence grâce à Rooney à la réception d’un corner obtenu par Valencia, qui domine Enrique depuis le début de la rencontre. Quelques minutes plus tard, l’Equatorien est au pressing sur Spearing et offre le 2-0 à Rooney.

Manchester United entre alors dans une phase de gestion pour la dernière demi-heure de la rencontre. Rarement mis en danger, les Red Devils vont profiter du passage de Liverpool en 4-4-2 -Spearing remplacé par Carroll, Downing par Bellamy- pour mener quelques contres tambour battant. Malheureusement pour eux, le troisième but du match est inscrit par Suarez à la réception d’un coup-franc de Adam, lui aussi entré en jeu. Un but qui crispe la fin de match mais qui ne changera rien au résultat final et à la victoire de United.

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4 réponses

  1. The teacha dit :

    Mettre 1 seul récupérateur à Old Trafford, c’est limite suicidaire quand on connait les décrochages de Rooney dans la zone du milieu def qui permet alors la pénetration plus facile des giggs ou scholes dans l’entrejeu.
    Il me semble pas que vouloir créer du jeu contre Manchester soit une bonne solution à part pour certaines formations du big four qui en ont les moyens. Quand ils affrontent une équipe au jeu plus direct, avec des adversaires concentrés sur les 2ème ballons, ils ont l’air en plus grande difficulté comme à Newcastle il y a quelques semaines ou ils en pris 3 sec ! L’affrontement contre Tottenham bientot s’annonce alléchant.

    Merci pour la trés bonne analyse

  2. renaud dit :

    Tres belle analyse. cependant je crois que c’est reina le goalkeeper de liverpool…Pas De gea.

  3. The teacha dit :

    Moi j’ai l’impression que le 4-3-3 ne peut plus etre autant pratiqué qu’avant à moins d’avoir des joueurs largement au dessus de la moyenne sur le plan technique. En dehors de l’indetronable barça et de la juve cette année, quelles équipes parviennent à être leader ou bien etre dans le top 4 de leur championnat avec un vrai 4-3-3 ?
    Lille et Liverpool ont du mal des qu’un joueur technique est absent, idem pour le Milan qui a changé de systeme ces derniers mois passant souvent en 4-4-2 vu leurs absents, Porto a cartonné la saison dernière mais a plus de mal aujourd’hui, Chelsea n’y arrive pas non plus et ca ne vient pas de l’entraineur, bref, sur une saison complete en dehors de la juve cette saison, je ne vois pas le 4-3-3 durer!

  4. Actu foot dit :

    Superbe match de la part de Manchester United.

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