Manchester United 2-1 Chelsea, l’analyse tactique

Pour cette première soirée de quarts de finale retour de Ligue des Champions, il n’y a pas eu de surprise. Le Barça s’est offert une victoire pour la forme en Ukraine et Manchester United a pris la mesure de Chelsea à Old Trafford pour confirmer sa qualification. Parfois gênés par la présence des Blues dans l’entrejeu, les Red Devils se sont une fois de plus appuyés sur une défense solide et un réalisme froid devant pour faire la différence. Avec Ryan Giggs et Wayne Rooney en figures de proue.

Les compositions :

On ne change pas une équipe qui gagne. Dans les grandes lignes, Sir Alex Ferguson fait confiance à la même organisation et aux mêmes profils qui sont allés gagner à Stamford Bridge il y a une semaine. Rôle pour rôle, Nani remplace Valencia et prend l’aile gauche. Seul changement, O’Shea est préféré à Rafael à droite de la défense : Van der Sar – O’Shea, Ferdinand, Vidic, Evra – Park, Carrick, Giggs, Nani – Rooney, Hernandez.

Du côté de Chelsea, Ancelotti décide de faire deux paris au coup d’envoi. Il relance d’abord Alex en défense centrale ce qui envoie Ivanovic sur le flanc droit. Devant, il fait le choix d’aligner Torres au détriment de Drogba, l’Espagnol étant soutenu par Anelka, Lampard et, dans une moindre mesure, Malouda : Cech – Ivanovic, Alex, Terry, Cole – Essien, Ramires, Malouda – Lampard – Anelka, Torres.

Chelsea en surnombre :

Même s’ils n’ont pas su se créer de grosses situations sur les buts de Van der Sar, les Blues ont livré un début de rencontre plutôt discipliné et ont même réussi à mettre le milieu mancunien sous pression à plusieurs reprises. Pour y parvenir, Ancelotti avait mis en place une animation plutôt intéressante pour prendre à défaut l’habituel pressing mancunien dans ses 40 mètres, souvent fatal pour l’équipe qui perdrait le ballon dans cette zone.

Essien en position basse et dans la zone de Rooney, le tableau noir nous offrait un tag team match entre les paires Carrick-Giggs et Lampard-Ramires pour la domination de l’entrejeu. Mais l’animation de Chelsea a su créer le surnombre dans cette zone du terrain (en blanc) pour forcer le milieu mancunien à reculer et à subir, sans qu’il puisse imposer son pressing. Anelka et Malouda se sont ainsi recentrés pour aider à la circulation de balle et offrir des solutions à leurs relanceurs. De cette manière, Carrick et Giggs étaient condamnés à attendre sous peine d’ouvrir des brèches devant leurs défenses.

Pour éviter que les deux Français ne puissent ramener les adversaires directs présents dans leurs zones, Cole et Ivanovic montent pour offrir une solution de passe supplémentaire dans les couloirs et mettre Nani et Park entre deux eaux : suivre Anelka ou Malouda qui reviennent dans l’axe mais aussi faire attention à ce qui peut se passer dans leur dos. On retrouve les deux latéraux de Chelsea à la fin des mouvements, la plupart du temps initiés par Franck Lampard. Une fois la possession de balle établie à 40 mètres des buts mancuniens, le numéro 8 venait se placer en soutien de Torres pour devenir le catalyseur des attaques des Blues.

Naviguant sur toute la largeur du terrain, il créait les décalages sur les ailes en étant à plusieurs reprises l’auteur de l’avant-dernière passe censée mettre le latéral ou un autre joueur en position de centrer. Malheureusement pour les Blues, la défense de Manchester United est particulièrement efficace dans l’exercice du renvoi de ce genre de tentatives. Et ce n’est évidemment pas le poids de Torres à la pointe de l’attaque qui a changé quoi que ce soit à la donne.

Rooney/Giggs :

Malgré son bon comportement dans l’entrejeu au cours de la première demi-heure, Chelsea est en sursis : d’une part, parce que ses attaquants sont complètement inefficaces dans la zone de vérité, et d’autre part parce que sa défense n’est absolument pas dominatrice face aux attaquants de Manchester United. Nani et Hernandez ennuient Ivanovic et Terry/Alex dans les duels tandis que les dézonages incessants de Rooney et Park gênent considérablement le bloc défensif londonien.

A partir de la demi-heure de jeu, Giggs commence à se mêler au quatuor et délivre plusieurs passes dans les trente derniers mètres adverses. Il devient rapidement un parfait complément à Rooney dans cette zone. Lorsque le bloc est bas, Rooney évolue en soutien de Hernandez et est chargé d’orienter le jeu. Une fois les Red Devils en place dans le camp adverse, c’est Giggs qui prend le relais dans l’axe comme un véritable numéro 10. Rooney se retrouve lui sur les côtés pour former des duos ou des triangles avec ces joueurs de couloir et réorienter le jeu si nécessaire. Preuves ci-dessous.

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Faits de jeu :

L’expulsion de Ramires à 20 minutes de la fin a forcé Chelsea à passer en 4-4-1 puis en 4-3-2 après l’entrée de Kalou pour épauler Drogba. Ce passage forcé à deux attaquants a d’ailleurs certainement pesé dans le décalage crée sur l’action du 2-1 conclue par Park puisque le Sud-Coréen n’est suivi par aucun adversaire jusqu’à ce qu’il arrive dans la surface et dans le dos d’Ivanovic. Mais de toute manière, Ancelotti était obligé de tenter le tout pour le tout à ce moment du match. Coup de chapeau aussi aux Red Devils qui ont su réagir immédiatement…

Suite et fin :

Sans surprise, Manchester United sera donc au rendez-vous des demi-finales. Parfois gênés au milieu, les Red Devils n’ont en revanche pas tremblé derrière et ont su être aussi efficaces qu’à leur habitude devant. S’il y a encore deux matchs à jouer pour espérer arriver en finale, la perspective de voir United jouer Barcelone fin mai est assez alléchante. Car à l’instar de la tentative d’Ancelotti ce mardi soir, les Catalans ont pour habitude de se créer des situations de surnombre au milieu de terrain. Mais ils ont une force de frappe autrement plus importante quand il s’agit de terminer les actions ensuite…

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