Manchester United 2-1 Chelsea, l’analyse tactique

C’était le grand match attendu par une Premier League encore à la recherche de son souverain pour cette année 2011. Sans surprise, il l’a désigné avec la victoire de Manchester United qui a su capitaliser sur une énorme première demi-heure.

Les compositions :

Au coup d’envoi, Evra est le seul membre habituel de l’équipe-type mancunienne à ne pas être en mesure de répondre à l’appel. Le Français est remplacé par O’Shea côté gauche alors que Fabio est aligné à droite. Devant, c’est du classique. Grand match oblige, Park est présent et c’est Nani qui en fait les frais : Van der Sar (1) – Fabio (20), Ferdinand (5), Vidic (15), O’Shea (22) – Valencia (25), Carrick (16), Giggs (11), Park (13) – Rooney (10), Hernandez (14).

Du côté de Chelsea, Ancelotti peut compter sur tout le monde. S’il fait dans le classique en défense et dans l’entrejeu, il doit faire des choix concernant ses deux joueurs les plus offensifs. C’est ainsi que Drogba et Kalou débutent la rencontre alors que Torres et Anelka restent sur le banc : Cech (1) – Ivanovic (2), David Luiz (4), Terry (26), Cole (3) – Mikel (12), Essien (5), Lampard (8) – Malouda (15), Kalou (21), Drogba (11).

Le facteur Park :

Manchester United débute la rencontre tambour battant avec une ouverture du score au bout de seulement 36 secondes de jeu : Giggs pour Park pour Hernandez qui profite de l’interception manquée de David Luiz pour aller ouvrir le score. S’en suit alors une première demi-heure ou Chelsea ne va pas voir le jour. Au coeur de ce merveilleux temps fort des Red Devils, Park abat un travail absolument exceptionnel.

La première demi-heure de Park : à gauche, les passes ; à droite, les ballons gagnés.

Aligné à gauche sur la feuille de match, le Sud-Coréen profite des non-montées de Ivanovic pour se recentrer lorsque l’équipe n’a pas le ballon. Ainsi, Manchester United se retrouve avec un joueur dans l’axe capable de sortir sur les milieux de Chelsea (Essien, Lampard) sans avoir à casser le duo Carrick-Giggs devant la défense… Et sans avoir besoin du retour de Rooney. A l’inverse, sur le côté droit du bloc mancunien, l’organisation est beaucoup plus classique avec Fabio sur Malouda et Valencia chargé de gérer les montées de Cole. L’Equatorien va d’ailleurs se montrer particulièrement dominateur dans ce duel avec le latéral londonien.

Les transitions des Blues :

30e-45e. Pris dans l’axe, Chelsea réussit à se sortir de la tenaille grâce aux travaux combinés de Malouda et de Essien. Proche de Drogba en début de partie, le Français n’hésite plus à redescendre à hauteur du rond central pour offrir une solution de relance pendant qu’Ashley Cole prend le couloir. De l’autre côté, Essien s’excentre à plusieurs reprises pour apporter une présence supplémentaire dans le couloir, forçant ainsi Park à relâcher la pression sur l’axe des Blues.

45e-90e. Au retour des vestiaires, Ancelotti lance Alex et Ramires à la place de David Luiz et Mikel. Si le premier fait un remplacement poste pour poste, le second permute avec Essien (qui retrouve l’axe aux côtés d’un Lampard à la fois relanceur et finisseur) et prend le rôle de l’animateur du couloir droit. C’est donc désormais lui qui attire Park sur l’aile pour l’encourager à fermer celle-ci (alors que Kalou rentrait à l’intérieur en première mi-temps).

A l’heure de jeu, l’ajout de Torres sur le front de l’attaque apporte un poids supplémentaire devant qui force Manchester à densifier l’axe. Le latéral gauche (O’Shea puis Evans) resserre dans l’axe pour aider sa défense centrale face à Drogba, Torres et Lampard, qui est au lancement et à la conclusion des actions. Du coup, Park se retrouve face à deux joueurs dans le couloir. Ramires l’attire ce qui offre à Ivanovic plusieurs positions pour envoyer des longs ballons dans la surface adverse (trois en profondeur, deux en débordement). Heureusement pour Man U, la défense ne craquera qu’une fois, sur un centre de Ramires.

Suite et fin :

Dans l’autre couloir, Valencia continue à parfaitement contenir les montées de Cole, n’hésitant pas à se joindre à la ligne de défense selon la position du latéral (à plusieurs reprises, l’Equatorien se retrouvera même derrière Fabio, au marquage de Malouda). Son côté fort bloqué, un axe allégé après la sortie de Mikel (Lampard en piston, Essien puis Terry en couverture), Chelsea n’a alors plus que l’aile droite pour espérer mais les centres ne tombent que sur des Mancuniens. Et quand ce n’est pas le cas, Van der Sar est là.

Bref, Manchester s’impose grâce à son énorme première demi-heure. Le choix de titulariser Park s’est une nouvelle fois avéré judicieux au vu de son début de partie et le travail de Valencia est certainement l’une des raisons qui ont poussé Ferguson à se passer de Nani au coup d’envoi. Malgré la domination territoriale de Chelsea en fin de partie, les Red Devils n’ont que très peu tremblé et filent plus que logiquement vers le 19ème titre de leur histoire, le douzième de l’ère Sir Alex…

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