Manchester United 1-6 Manchester City, l’analyse tactique

Deux ans que cela n’était jamais arrivé. Manchester United a perdu à Old Trafford. Les Red Devils sont tombés sur des Skyblues parfaitement préparés et un Roberto Mancini particulièrement inspirés dans la composition de son onze de départ. Car au-delà du doublé de Balotelli, la performance de Milner a énormément pesé dans l’entrejeu pour permettre à City de faire la différence avant de voir sa tâche facilitée avec l’expulsion de Evans au retour des vestiaires.

Les compositions :

La semaine dernière, Sir Alex Ferguson avait décidé de faire tourner son effectif face à Liverpool. Suite logique, c’est le onze-type qui débute ce dimanche après-midi pour ce match au sommet de la Premier League : De Gea (1) – Smalling (12), Ferdinand (5), Evans (6), Evra (3) – Fletcher (24), Anderson (8), Nani (17), Young (18) – Rooney (10), Welbeck (19).

Du côté de Manchester City, Roberto Mancini fait deux choix importants dans son onze de départ. En pointe, Balotelli est préféré à Dzeko sur la forme du moment. Et au milieu, Milner est préféré à Nasri pour densifier l’entrejeu : Hart (25) – Richards (2), Kompany (4), Lescott (6), Clichy (22) – Barry (18), Touré (42), Milner (7), Silva (21) – Aguero (16), Balotelli (45).

La bataille du milieu :

Une semaine avant l’ouverture de la saison, les deux formations s’étaient rencontrées lors du Community Shield. Manchester City avait remporté la première mi-temps (2-0) face au 4-4-2 de United avant de sombrer au retour des vestiaires, lorsque Ferguson avait décidé de faire entrer en jeu un troisième milieu de terrain en la personne de Tom Cleverley. Cette fois, l’expulsion de Evans a complètement bloqué les possibilités de coaching de l’Ecossais.

Car en appliquant une autre recette, Manchester City a remporté la bataille du milieu en première mi-temps. Milieux excentrés sur la feuille de match, Milner et Silva n’hésitent pas à rentrer dans l’axe pour tenter d’enfermer la paire Anderson-Fletcher, chargée d’organiser le jeu des Red Devils. Logiquement, des espaces s’ouvrent sur les côtés pour les montées des latéraux de United (Smalling et Evra) ; durant le premier quart d’heure, le danger vient très souvent de Young qui met à contribution Richards en profitant des montées de Evra.

Dans l’axe, les décrochages de Rooney à hauteur de ses milieux de terrain fluidifient la circulation de balle. Les permutations sont nombreuses dans la première moitié du camp de City mais aucune action n’aboutit pour United. Face à eux, la ligne Barry-Touré protège parfaitement sa défense centrale, empêchant à ses adversaires de donner de la profondeur à leur jeu. Pour preuve le bilan de la première mi-temps de Rooney et Anderson qui n’ont quasiment jamais réussi à jouer vers l’avant. Autre gros souci, la participation nécessaire dans l’entrejeu des attaquants de United entraîne un manque de présence dans la surface…

City prend l’ascendant :

Après un début de match que l’on qualifiera de conservateur, City prend au fil des minutes la mesure de son adversaire. Rassuré par sa maîtrise dans l’entrejeu, symbolisée par les décrochages forcés de Rooney et le manque de profondeur général côté United, les joueurs de Mancini vont petit à petit sortir la tête de l’eau et approcher des cages de De Gea. Toujours selon le même schéma.

Pour remonter les ballons, il y a d’abord deux solutions. Allonger pour tenter de trouver l’un des deux attaquants (Aguero ou Balotelli), qui ont ensuite un duel à gagner pour permettre au mouvement de se poursuivre, ou trouver Silva côté gauche qui va tenter de ramener le ballon dans le camp adverse pour trouver les attaquants au sol. Une fois dans le camp adverse, l’Espagnol évolue plus haut que les trois autres milieux de terrain, dans un rôle qui lui permet de travailler sur toute la largeur du terrain. Derrière lui, les trois milieux de terrain restant (Milner, Barry, Touré) combinent ensemble et profitent du surnombre dans l’entrejeu face au duo Anderson-Carrick.

Cette grosse présence dans l’axe oblige la première ligne de United à se resserrer autour de ses deux milieux de terrain. Conséquence directe, d’énormes espaces se créent dans les couloirs pour permettre les montées de Richards et Clichy sur les ailes. Toutes les attaques de City en première mi-temps ont ainsi démarré de la même façon : un travail de fixation opéré dans l’axe par des échanges entre les milieux et/ou les attaquants puis un décalage grâce à un joueur venu de l’arrière sur l’aile pour faire la différence. Ainsi, les latéraux permettent d’accélérer sur des ballons libérés par les milieux de terrain… Et Milner en fait de même sur un ballon de Silva pour offrir le premier but de la partie à Balotelli.

Surmotivés par l’ouverture du score, City enchaîne avec une période de pressing qui fait très mal au milieu adverse. Touré et Barry n’hésitent pas à sortir sur Anderson et Carrick ; derrière; Kompany et Lescott suivent le mouvement en cas de décrochages des attaquants et c’est tout le bloc de Mancini qui évolue plus haut sur le terrain. Un travail qui dure une dizaine de minutes et qui suffit pour empêcher United d’avoir des munitions pour revenir dans la foulée de l’ouverture du score. Lorsque l’arbitre renvoie tout le monde aux vestiaires, United n’a tiré que depuis l’extérieur de la surface.

Au retour des vestiaires :

A défaut d’une balle de break, l’expulsion de Jonathan Evans tue le suspense seulement deux minutes après la reprise. Car City continue sur sa lancée. Silva réalise un nouveau numéro au coeur du bloc adverse pour décaler Milner qui sert Balotelli pour faire le break (60e). La formation de Mancini conserve ses habitudes d’animation : trois joueurs face à deux milieux, deux attaquants mobiles et un milieu évoluant entre les lignes. Et elle répète parfaitement ces gammes sur le troisième but.

Sixième seconde ci-dessus : l’action démarre avec la passe de Touré vers Silva. Alors que ses deux milieux étaient face à leurs deux adversaires directs, le décrochage de l’Espagnol offre une solution à son partenaire pour éliminer Rooney et Fletcher. Manchester réduit à dix, Richards passe toute l’action dans le camp adverse : obligé de le suivre, Young est très loin de Silva qui peut dès lors se retourner et orienter le jeu à sa guise. Préférant gérer, ce dernier remet à Touré qui fait la différence sur une passe qui traverse le milieu de United.

En remise, Balotelli trouve Milner (le fameux milieu entre les lignes, il avait permuté avec Silva pour une fois…) qui est désormais très loin de ses deux adversaires directs : Young est battu sur la passe de Touré. Derrière, Evra est au marquage de Balotelli en raison de la sortie de Jones sur Milner. Résultat, Richards est tout seul et n’a plus qu’à s’appliquer pour servir Aguero pour le 3-0. Inutile d’ajouter quoi que ce soit sur les vingt dernières minutes.

Conclusion :

Pour leur second duel de la saison,les deux formations ont offert une belle opposition de 47 minutes. Manchester United a beaucoup mieux démarré mais a payé la dispersion de ses attaquants, très présents à la création, dans la zone de vérité. Après une vingtaine de minutes compliquées, City a pris la direction des opérations à partir de l’ouverture du score de Balotelli. Déjà plus forts dans les duels et ayant la maîtrise du nombre dans l’entrejeu, les Skyblues ont ensuite maîtrisé sans trembler.

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2 réponses

  1. miller dit :

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  2. Novec dit :

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