Manchester United 1-0 Arsenal, l’analyse : La théorie de l’évolution du milieu de terrain

Deux semaines après le Clasico espagnol, c’était au tour de l’Angleterre de décaler son match au sommet entre Manchester United et Arsenal au lundi soir. La comparaison s’arrête là, au choix de la date. Car sur la pelouse d’Old Trafford, Red Devils et Gunners ont offert un spectacle très décevant. Principale cause, le déchet technique était hallucinant au vu de la qualité présumée des onzes de départ. Deuxième raison, le projet de jeu de Man United qui a privé Arsenal de ballon et maîtriser la rencontre de A à Z. Conclusion : les saisons passent mais les résultats restent. Retour sur la grosse prestation du système mis en place par Ferguson.

Les formations :

Comme d’habitude lorsqu’il croise la route d’Arsenal, Sir Alex Ferguson avait troqué son 4-4-2 des familles pour un 4-5-1. Son quintuplé n’a pas suffi : Berbatov s’est retrouvé sacrifié sur l’autel de la solidité au milieu de terrain au profit de Carrick. Ce dernier est accompagné de Fletcher et Anderson dans l’entrejeu tandis que Park et Nani encadrent Rooney devant.

Côté Gunner, Arsène Wenger garde une formule qui a déjà fonctionné cette saison. L’équipe s’organise en 4-2-3-1 avec le duo Song-Wilshere devant la défense et derrière un quatuor offensif qui va beaucoup bouger en cours de match. Au coup d’envoi, Chamakh est en pointe, Arshavin à gauche, Nasri à droite et Rosicky joue les pistons dans l’axe.

Darwinisme contre créationnisme :

Pardonnez-moi cet intertitre un peu foireux, il est 1h du matin au moment où j’écris ses lignes. Plutôt que de vous faire une analyse de A à Z, pas forcément intéressante, j’ai décidé de me pencher sur ce qui a fait, à mon sens, basculer la rencontre en faveur de United : la capacité du milieu de Manchester à évoluer comparativement à celui d’Arsenal qui a subi la plupart du temps.

La première demi-heure :

Pour bien comprendre cette évolution, nous allons d’abord nous pencher sur la première demi-heure de jeu. L’intensité n’est pas vraiment là, les deux équipes se jaugent mais Manchester prend déjà l’avantage au milieu de terrain. Pourquoi ? Deux réponses. Durant cette période, les trois milieux des Red Devils forment un triangle dont la pointe est orientée vers les buts d’Arsenal.

Cette pointe, il s’agit d’Anderson. Le Brésilien suit le pressing effectué par Wayne Rooney et se retrouve parfois en position de deuxième attaquant. De fait, il se retrouve dans la zone de Song dont il gêne naturellement la relance. Lorsque Man U récupère la balle, il reste aussi assez haut et pèse sur toute la largeur du terrain dans le camp adverse.

Dans le même temps, le duo Carrick-Fletcher est surtout présent dans l’entrejeu, le plus souvent aux abords du rond central. Ils héritent des ballons récupérés par leurs défenseurs et distribuent depuis cette zone sans prendre de risques inconsidérés. Durant cette période, un seul credo anime les deux équipes : ne pas se mettre en danger dans l’entrejeu, car l’adversaire sait être létal dans ce genre de situations.

(Anderson – Carrick – Fletcher)

Comme vous pouvez le constater, les zones annexes couvertes par Carrick et Fletcher ne sont absolument pas les mêmes. Pour l’expliquer, il suffit de se pencher sur le profil des ailiers. Nani travaille haut et dans le couloir, obligeant Fletcher à proposer des solutions dans l’axe. Park, de son côté, couvre une plus grande zone, n’hésitant pas à repiquer dans l’axe lorsque la situation le permet.

Ce premier tiers-temps, United va en sortir avec ce qui était certainement son objectif : confisquer le ballon à Arsenal. Le positionnement haut de Anderson a rajouté un adversaire dans la zone des rampes de lancement que sont Song et Wilshere. Les Gunners trouvent une parade en ressortant par les côtés mais le repli des Mancuniens est tout aussi efficace : Nani et Park suivent les latéraux pendant qu’Anderson revient à hauteur de ses deux milieux de terrain pour compléter le bloc défensif. Pendant quelques minutes, Chamakh va offrir une solution en décrochant entre Fletcher et Carrick. Un pivot plus tard et Rosicky ou Wikshere se retrouvaient dans le sens du jeu pour pouvoir accélérer. Mais rapidement, Vidic va suivre le Marocain dans ses tentatives.

La suite :

La majorité de la possession de balle assurée, Manchester va alors lancer des mouvements légèrement plus ambitieux. Evitant soigneusement d’attaquer plein axe, toujours la peur de se faire contrer (Arsenal ayant eu quelques fulgurances dans la verticalité jusqu’alors), les Red Devils vont petit à petit former des paires sur les côtés. En clair, du triangle Carrick-Fletcher derrière Anderson, on passe à un triangle Carrick derrière Fletcher et Anderson. Le premier joue les sentinelles, le second bosse avec Nani côté droit et le troisième en fait de même avec Park sur le côté gauche tout en conservant son rôle de harceleur des milieux adverses.

Ce changement permet à Manchester de se montrer plus tranchant, notamment sur l’aile droite où le duo Fletcher-Nani fait des ravages. Il faut dire qu’Arsenal ne trouvant pas la faille avec son quatuor, le milieu défensif censé couvrir la zone (Wilshere) la quitte régulièrement pour tenter d’apporter le plus offensif qui permettra de prendre à défaut la défense mancunienne. Sans succès comme on le sait déjà.

Résultat de ces montées à répétition, Clichy passe une soirée extrêmement compliquée face à Nani. Il est fixé sur le but et concède un penalty sur un nouveau un-contre-un. Que ce soit par ses dribbles ou pour gêner la sortie des ballons, le Portugais a d’ailleurs été un véritable poison pour les Gunners. Dommage qu’il fasse autant de mauvais choix dans les trente derniers mètres…

Mais revenons-en plutôt au milieu mancunien qui n’a pas perdu en efficacité défensive avec le passage de deux à un seul récupérateur. Pourquoi ? Tout simplement parce que les Red Devils ont dominé constamment leurs adversaires dans les duels. Que ce soit les latéraux sur les ailiers londoniens, les ailiers sur les latéraux ou les stoppeurs sur les attaquants, ils ont été plus forts, de A à Z.

Et la capacité du trio de l’entrejeu à s’adapter au déroulement de la partie leur a permis de faire la différence et d’appuyer là où Arsenal se retrouvait dans l’obligation de se découvrir pour résister dans l’entrejeu. Comme évoqué plus haut, je pense à cette fameuse zone qui mettait aux prises Rafael, Fletcher et Nani d’un côté et Clichy, Wilshere et Arshavin de l’autre.

Conclusion :

Comme d’habitude, United s’est adapté à Arsenal. Et comme d’habitude, United a battu Arsenal. S’il peut paraître chanceux vu le but, le 1-0 n’est en aucun cas illogique. Manchester a dominé Arsenal et n’a surtout jamais été mis en difficulté durant les quelques temps faibles qu’il a connu en deuxième période. Dans ces moments-là, il s’en est remis à l’omniprésence de Vidic et Ferdinand dans leur surface pour renvoyer les nombreux centres adverses. Bref, le onze de Fergie n’est pas le plus séduisant mais il est, de loin, le plus difficile à bouger en Angleterre en ce moment. En même temps, leur parcours parle pour eux non ?

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3 réponses

  1. 16art dit :

    La guerre du milieu a été remportée par United, plus expérimenté, plus solide. Evra a donné raison à son équipe !
    Et aussi sur le match vous pouvez lire cela http://tourl.fr/abpe

  2. Didier dit :

    Salut,

    Elles sont super ces analyses. J’essaie de faire pareil sur mon blog mais j’arrive pas à analyser et à mémoriser tous les faits et gestes des 22 joueurs. Comment tu fais ?

    Cordialement,

    Didier

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