Manchester City 1-1 Naples, l’analyse tactique

So close, comme aurait pu dire Darren Tulett depuis le bord du terrain. Le Napoli est passé tout près de réaliser la sensation de cette première journée de Ligue des Champions : à un éclair près, signé Kolarov sur coup-franc, les hommes de Mazarri réalisaient le match parfait face à l’une des deux meilleures équipes du moment en Angleterre. Retour sur les ingrédients qui ont quand même permis aux Italiens de réaliser l’une des bonnes affaires de la soirée.

Les compositions :

Pour son retour dans le grand bain de la C1, Manchester City est au complet. Le onze-type, qui a notamment écrasé Tottenham fin août, démarre la rencontre : Hart (25), Zabaleta (5), Kompany (4), Lescott (6), Kolarov (13) – Barry (18), Touré (42), Nasri (19), Silva (21) – Aguero (16), Dzeko (10).

Face à cette dream-team, Walter Mazzarri décide de ne pas changer ses plans et y oppose son 3-4-3 habituel : De Sanctis (1) – Campagnaro (14), Cannavaro (28), Aronica (6) – Maggio (11), Inler (88), Gargano (23), Zuniga (18) – Hamsik (17), Lavezzi (20), Cavani (7).

Mise en place :

Les premières minutes de la partie voient Manchester City prendre possession du ballon. A l’instar de Barcelone, la formation de Mancini se déploie en passant de quatre à trois défenseurs à l’arrière : c’est la mode du moment, les deux latéraux montent d’un cran et les stoppeurs s’écartent pour laisser l’un des deux milieux défensifs se joindre à la ligne de première relance. L’intérêt de ce schéma est de pouvoir se retrouver avec trois rampes de lancement dans l’axe là où, généralement, l’adversaire n’oppose que deux premiers défenseurs pour bloquer les passes vers l’avant.

Or ici, Naples oppose trois joueurs aux trois relanceurs adverses. Encadrant Cavani, Lavezzi et Hamsik ne se soucient pas des montées des latéraux et les ligne de trois ainsi formée coulisse sur toute la largeur du terrain pour empêcher des passes plein axe et devant le duo Gargano-Inler. Des passes qui, avec les rentrées dans l’axe de Silva et Nasri, la présence naturelle de Touré et celles des latéraux sur les côtés, mettraient l’avant-dernier rideau du Napoli en grande difficulté puisqu’en infériorité numérique.

Conséquence des problèmes crées par le trio offensif napolitain sur la relance mancunienne, celle-ci a besoin de soutiens supplémentaires. Ainsi, Nasri décroche à plusieurs reprises sur son côté gauche et Touré se décale sur le côté droit. Ils offrent ainsi des relais pour permettre d’atteindre et ensuite de combiner avec Kolarov et Zabaleta, très actifs à la construction des actions dans la première moitié du camp napolitain. Les décrochages de Nasri entraîne forcément un manque de solutions à l’avant côté gauche. Une absence que Silva va combler.

Parenthèse – le choix de Zuniga :

A la découverte de la composition des deux équipes, la présence du Colombien Zuniga, habituellement à droite, côté gauche était la principale surprise de la soirée. Si l’on s’arrête un peu sur son profil, elle est facilement explicable. Face à Tottenham, Silva avait régulièrement déchiré le premier rideau adverse en se défaisant rapidement de Assou-Ekotto pour rentrer dans l’axe et combiner avec Nasri (qui faisait le même déplacement depuis l’aile opposée) ou Aguero.

Plus vif que le latéral des Spurs, et surtout sur son bon pied en défense lorsque Silva rentre à l’intérieur, Zuniga peut mieux défendre sur Silva. Mais l’Espagnol ne reste pas longtemps dans sa zone puisque, comme indiqué plus haut, il évolue sur toute la largeur pour notamment aller travailler sur l’aile gauche. Dans ce cas, Zuniga lâche le marquage et recule à hauteur de ses trois défenseurs. Conséquence, il ouvre le couloir à Zabaleta… Mais cela n’apparaît que rarement dangereux puisque si l’Argentin est souvent servi, le soutien n’arrive pas rapidement pour dédoubler dans la zone du Colombien.

Tous en défense… Pour mieux attaquer :

Malgré un surnombre quasi constant dans ces 20 derniers mètres et des défenseurs très lucides, Naples revoit rapidement ses plans. Même si l’animation de l’équipe est déséquilibrée, les surnombres crées par City côté gauche créent le danger. Mais surtout, les Napolitains sont incapables de ressortir de leur moitié de terrain : les distances sont trop grandes et Cavani, joueur le plus avancé, ne peut jouer les points d’appui puisqu’il est dominé dans les duels par Kompany et Lescott.

Du coup, l’Uruguayen va, tout comme Hamsik et Lavezzi, redescendre dans son propre camp pour participer d’une autre manière à l’effort défensif. Désormais, ce premier rideau s’oppose à Touré et Barry avec le même souci de protéger le plus possible Inler et Gargano. Ce retour des trois attaquants augmentent un peu plus la densité dans l’axe dans le camp napolitain, soit dans la zone où Silva ou Nasri ont l’habitude de se déplacer pour lancer les attaques. Sans intervalles, sans vitesse, les deux hommes n’ont quasiment aucune influence dans ces zones de jeu.

Mais surtout, le retour des trois attaquants de Naples les rend plus facilement trouvables pour les défenseurs qui viendraient de récupérer des ballons. Evoluant sur la même ligne que les soutiens aux attaques de City (Touré, Barry), ils sont rapidement soutenus par les montées du latéral à l’opposé de la zone où la balle a été récupérée (ex : relance côté droit, montée de Zuniga à gauche). Ce quatuor, bénéficiant en plus de l’excellente forme de Lavezzi, élimine facilement, grâce à la force du nombre et de la justesse technique, le milieu de terrain de City. Et peut ainsi lancer des contres fulgurants que la défense de City a du mal à négocier.

Deuxième mi-temps :

Les débats reprennent là où les 22 acteurs les ont laissés. Le bloc napolitain reste très compact et condamne City à écarte au maximum. Nasri abandonne ainsi ses espoirs de créer des brèches dans l’axe et se cantonne à un rôle très avancé sur l’aile gauche. Naples oppose parfois à ce nouveau rôle une véritable ligne de cinq défenseurs à l’arrière, très basse pour empêcher des balles en profondeur qui pourraient être envoyées depuis un milieu de terrain moins fourni (lorsque Maggio redescend, lui qui soutient souvent ses milieux pour gêner la circulation de balle adverse, cf. 1-0).

Dans l’entrejeu, Gargano et Inler se retrouvent face à Barry et Touré. Sur les côtés, Hamsik et Cavani (ou Lavezzi) puis Dzemaili à la sortie de l’Argentin, sont là pour défendre face aux latéraux adverses. Devant, l’attaquant restant (Lavezzi ou Cavani) profite des montées des latéraux adverses pour demander des ballons dans leur dos. Une fois servi, en plus d’avoir du champ, les montées de Hamsik et Dzemaili, puis Zuniga ou Maggio, font toujours la différence au moment d’éliminer le premier rideau adverse. Le dernier cité la fait d’ailleurs sur l’ouverture du score de Cavani (70e).

City a néanmoins la faculté de revenir rapidement au score, grâce à un coup-franc de Kolarov. Dans la foulée, le Russe est remplacé par Clichy alors que Johnson remplace Nasri. Le premier doit animer et provoquer sur l’aile gauche, le second sur l’aile droite. Naples ne cèdera plus rien. Mazzarri tentera bien d’apporter de la fraîcheur (Pandev) pour jouer les ballons d’attaque, sans succès. Le point pris lui suffira amplement.

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