Manchester City 1-0 Manchester United, l’analyse tactique

A t-on assisté à une passation de pouvoir à l’Etihad Stadium ? Les deux dernières journées de championnat en décideront vraiment mais s’il fallait s’en tenir aux 90 minutes de jeu opposant City à United lundi soir, la réponse serait affirmative. Largement maîtres de leur sujet de la première à la dernière minute, les Skyblues ont dominé des Red Devils incapables de se mettre au niveau, que ce soit sur les plans physique ou technique.

Les compositions :

Manchester City : Hart (25) – Zabaleta (5), Kompany (4), Lescott (6), Clichy (22) – Barry (18), Touré (42), Silva (21), Nasri (19) – Tevez (32), Aguero (16).
Manchester United : De Gea (1) – Jones (4), Smalling (12), Ferdinand (5), Evra (3) – Carrick (16), Scholes (22), Park (13) – Giggs (11), Nani (17), Rooney (10).

Pressing des Rouges :

Le premier quart d’heure de la rencontre a pourtant tourné à l’avantage de Manchester United. Sir Alex Ferguson a vu son équipe tirer les bénéfices de son choix de densifier le milieu de terrain avec la titularisation de Park. En surnombre, les Red Devils ont pu mettre la pression sur leurs adversaires dans l’entrejeu. Park s’est chargé du marquage de Yaya Touré tandis que Scholes et Carrick ont alterné les sorties sur Barry, l’autre rampe de lancement du jeu des Skyblues. Le joueur resté en retrait a lui hérité des courses entre les lignes de Silva ou Tevez. Sur les côtés, Nani et Giggs fermaient eux les couloirs face aux montées des latéraux adverses. Ce pressing, Manchester United l’a uniquement appliqué sur les premières passes de leurs adversaires, évitant les accélérations et calmant ensuite le rythme dès lors que City décidait de jouer en retrait. Dès lors, tout le bloc des Red Devils se repliait dans ses 40 mètres, laissant le seul Rooney en pointe et Park à la poursuite de Touré.

Pour se défaire de la pression adverse, les Skyblues ont usé de plusieurs armes, venues de l’arrière comme de l’avant. Ainsi, dès les premières minutes de la rencontre, Carlos Tevez n’a pas hésité à dézoner pour se rendre disponible, offrant notamment une deuxième solution entre les lignes (en plus de Silva). Plus solide à l’impact que l’Espagnol, l’Argentin s’est révélé être un appui intéressant pour permettre à City de pénétrer dans les 40 mètres adverses avant d’écarter ensuite le jeu sur les ailes où des deux-contre-deux se mettaient ensuite en place.

Autre possibilité pour les Skyblues, la première passe réalisée par l’un de ses défenseurs centraux, Kompany en priorité. Comme évoqué plus haut, Manchester United a fait le choix de ne pas sortir au pressing dans le camp adverse une fois que City décidait de reculer, excepté Park qui ne lâchait pas Touré quelque soit la position de l’Ivoirien. Dès lors, c’est un deux, voire un trois-contre-un lorsque Barry décroche à hauteur de ses défenseurs, qui se jouait à l’avantage des Skyblues face à Rooney pour relancer une nouvelle action. A plusieurs reprises, Kompany s’est ainsi retrouvé à lancer plusieurs mouvements vers l’aile droite, très active, animée par Nasri et Zabaleta. Des passes qui auraient été plus compliquées à réaliser pour le Belge si United avait choisi d’évoluer plus haut, Giggs pouvant dans ce cas alterner entre la couverture de sa zone et de celle de Zabaleta.

Tous ces ingrédients ont permis à Manchester City de prendre  l’ascendant au cours de la première mi-temps, s’assurant la domination territoriale et la possession de balle (60/40 en moyenne). Néanmoins, face à des Red Devils repliés dans leurs 30 mètres, les Citizens ont dû s’en remettre à leurs individualités pour pouvoir créer les décalages. Excepté Park sur Touré et Rooney déchargé des tâches défensives, huit Red Devils se retrouvaient à fermer les intervalles face aux déplacements de six adversaires (le quatuor offensif et les latéraux sur les extérieurs). Les mouvements les plus dangereux en faveur des Skyblues sont venus de dribbles réussis par leurs techniciens. Nasri a été particulièrement inspiré dans l’exercice en première mi-temps, prenant le dessus sur Giggs avant de fixer Carrick et de profiter des courses de Tevez ou Zabaleta pour créer le décalage. Mais à la réception des centres, ce sont les défenseurs de United qui ont été les plus présents, repoussant toutes les tentatives adverses dans le jeu… Sur le dernier corner de la première mi-temps, ils n’ont toutefois pas pu empêcher Kompany de propulser le ballon au fond des filets.

Pressing des Bleus Ciel :

Souvent lorsqu’une équipe domine son sujet mais ne parvient pas à être dangereuse, elle finit pas se faire punir sur une attaque rapide adverse. Cela n’a pas été le cas pour Manchester City qui, malgré des difficultés dans les 30 mètres de son adversaire, a parfaitement su garder la maîtrise du milieu de terrain pour ne jamais être mis sur le reculoir face aux contres adverses. Premier élément d’importance permettant cette solidité, l’excellent travail des quatre axiaux des Skyblues, restant la plupart du temps en retrait sur les attaques : Touré et Barry ont parfaitement su couper les trajectoires des courses de Nani, Giggs ou Evra sur les ailes tandis que Kompany et Lescott ont vite pris le dessus sur Rooney à la retombée des longs ballons de relance de United.

Deuxième ingrédient expliquant la supériorité de Manchester City en première mi-temps, l’apport défensif de Silva, Aguero ou Tevez pour pallier au surnombre de United dans le rond central. Alors que Touré et Barry avançaient ensemble face à la ligne Scholes-Park, les offensifs se repliaient dans l’autre sens afin d’occuper la zone de Carrick, enfermant ainsi les trois milieux de United. Ces derniers, cruciaux dans l’animation des Red Devils, avaient à l’origine pour consigner d’orienter rapidement le jeu vers Giggs ou Nani. Pour se sortir du pressing adverse, ils auraient dû pouvoir compter sur les décrochages de Rooney ou les déplacements à l’intérieur du jeu de Giggs. Mais Kompany, Lescott et Zabaleta n’ont pas laissé un pouce de terrain à leurs adversaires du soir. Résultat des courses, les hommes d’Alex Ferguson n’ont pu combiner efficacement dans l’entrejeu pour pouvoir lancer les offensives dans les couloirs.

Bénéficiant de l’avantage au score, les Skyblues ont reculé de quelques mètres à la reprise pour défendre dans leurs 40 mètres. United en a profité pour revenir dans la partie en terme de possession de balle et d’occupation du terrain, s’appuyant sur Nani pour créer le danger dans le camp adverse. L’entrée de Welbeck (à la place de Park, 58ème) a libéré Rooney dans l’entrejeu, le nouvel entrant occupant désormais les défenseurs centraux des Citizens. Mais, comme en première mi-temps, les Red Devils se sont heurtés à un repli défensif très efficace de leurs adversaires : au lieu de revenir à 50 mètres de leur but pour défendre sur Carrick, Silva et Tevez sont revenus jusque dans leurs 30 mètres pour venir suppléer la paire Barry-Touré, qui s’opposait toujours aux rampes de lancement adverses (Scholes, Carrick). Les entrées en jeu de Valencia et Young n’ont rien changé à la physionomie de la rencontre. Car côté City, Roberto Mancini a aussi limité les prises de risque en faisant entrer De Jong puis Richards pour suppléer sa défense à quatre. Auteur d’une énorme prestation, Yaya Touré n’a finalement manqué que de lucidité devant pour pouvoir tuer la rencontre en fin de partie, alors qu’il évoluait en soutien de Aguero.

Conclusion :

Quinze tirs à cinq, trois tirs cadrés à zéro pour un petit 1-0 au final : ces statistiques peuvent résumer ce derby de Manchester si on les met à coté de celles de possession de balle et d’occupation du terrain. City a dominé l’entrejeu sans véritablement inquiéter De Gea… Mais surtout, les Skyblues ont réussi le tour de force de ne pas laisser la moindre situation de contre à leurs adversaires, pourtant spécialistes dans cet exercice. C’est surtout grâce à cette solidité que les hommes de Roberto Mancini ont triomphé hier soir. Reste désormais à confirmer la passation de pouvoir lors des deux dernières journées qui les verront se déplacer à Newcastle avant de recevoir les Queens Park Rangers.

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4 réponses

  1. Erick dit :

    Déjà une analyse, tu te repose jamais lol

  2. C’est la marque des grands chroniqueurs Erick :lol

    Plus sérieusement, MU a fait une mauvaise opération. Après, à chaque match important Sir Alex joue avec 3 milieux axiaux, on va dire plus simplement en 4-5-1.
    Quant à City ils changent toujours de tactique ! Ils jouaient pas en 4-2-3-1 il y a quelques temps ?

    En tout cas s’ils continuent ainsi et remportent le titre ils feront taire :

    http://www.vestiairesdufootball.fr/man-city-argent-ne-rime-pas-avec-succes/

  3. jojofoot225 dit :

    Le travail de Tevez a été important,tout comme celui de Touré qui a permis de déjouer le piège tendu par Fergusson dans l’entre-jeu…Superbe partie anglaise comme on aime bien en voir

  4. massi dit :

    oui tu a raison

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