Manchester City 1-0 Chelsea : Touré éteint le côté fort de Chelsea

C’est la grosse information de la journée en Angleterre : Chelsea n’a pas réussi la passe de six victoires consécutives. Pour leur premier match de la saison face à un favori/outsider du championnat, les Blues sont tombés sur la pelouse de Manchester City sur un but de Carlos Tevez (la vidéo). Ayant profité du week-end pour m’accorder une longue grasse matinée, il était déjà l’heure du coup d’envoi de la deuxième mi-temps lorsque j’ai allumé mon ordinateur. Parfait pour assister à la mise sous l’éteignoir du côté fort de Chelsea (le gauche) grâce au rôle assez spécial de Yaya Touré. Explications.

Préambule nécessaire :

Pour bien comprendre où je vais vouloir en venir dans cet article, je suis forcé d’évoquer les quelques minutes précédant le lancement de City-Chelsea sur mon écran. Un petit tour sur Twitter m’a en effet permis de relever quelques observations et autres remarques plus ou moins bien senties sur la rencontre. Un twitt va particulièrement attirer mon attention. En substance, ça donnait : « City pourrait avoir des problèmes défensifs si Cole décidait à pousser ses montées. Silva (ou Milner en cas de permutations) ne sont absolument pas armés pour défendre sur lui. »

Au coup d’envoi :

Vous l’avez compris de vous-même, je n’étais pas devant ma télé. Néanmoins, je sais que les Citizens sont alors organisés en 4-3-3 (comme Chelsea d’ailleurs). Pas besoin de décrire le back four, si ce n’est de dire que le très physique Boyata est titulaire à droite. Devant lui, trois milieux de terrain : Touré penche à droite, Barry à gauche et De Jong couvre dans l’axe. Encore un peu plus devant, trois attaquants : Tevez est fixé dans l’axe, Milner travaille exclusivement dans les couloirs et Silva se balade sur tout le front de l’attaque à la recherche d’espaces et de joueurs avec qui combiner.

Ci-dessus : en haut, de gauche à droite, Cole et Silva dans le cadre rouge, Touré cerclé de rouge. En bas, Ivanovic et Milner.

Logique même du 4-3-3, en phase défensive, les deux derniers cités doivent se replier sur les côtés pour s’opposer aux possibles montées des latéraux adverses. Du grand classique. Or, du côté de Chelsea, un seul des deux latéraux participe vraiment à la construction et aux accélérations des Blues. Il s’agit évidemment de Cole sur le côté gauche. L’international anglais est le premier défensif de Chelsea à dépasser sa fonction pour apporter le surnombre devant. Et ses montées permettent à Malouda de quitter son couloir gauche pour venir travailler/permuter avec Drogba et Anelka. Bref, bloquer Cole ne peut qu’être bénéfique.

La modification :

Comme je l’ai déjà dit, Mancini va trouver la bonne solution pour bloquer Cole (et ainsi tout le côté gauche de Chelsea) en modifiant le rôle de Yaya Touré. En deuxième mi-temps, l’ancien Barcelone n’est plus du tout cantonné à son rôle de milieu de terrain ayant Essien pour adversaire direct. Désormais, et conjointement avec Boyata (le latéral droit), il va exercer un pressing assez intense sur le côté fort des Blues. Tout ça pour empêcher la mise en place de jeux en triangle entre Malouda, Cole et Essien ou Mikel.

Comme vous pouvez le constater ci-dessus, Touré monte d’un cran pour aller s’occuper de Ashley Cole. Boyata suit désormais Malouda à la trace pour lui mettre la pression. Lorsque ces deux-là mettent la pression dans le camp adverse, c’est De Jong qui glisse en couverture pour surveiller et ratisser tout ballon qui viendrait s’aventurer dans cette zone (cerclée de rouge). Ancelotti essaiera bien de réagir en ajoutant un milieu pour retrouver le surnombre (Zhirkov), rien ne permettra à Chelsea de retrouver la maîtrise qui fait habituellement sa force dans cette zone du terrain.

En faisant ce choix, Mancini s’est malgré tout découvert en plusieurs endroits. Dans le dos du trio Touré-Boyata-De Jong par exemple, Drogba et Anelka ont eu plusieurs ballons intéressants à négocier mais la défense centrale de City a parfaitement tenu le choc. Même topo dans l’axe où le changement de rôle de De Jong aurait pu permettre à Drogba de gagner plus de ballons et ainsi de jouer les points d’appui pour ses milieux de terrain. Malheureusement pour lui, il n’a eu que très peu de soutien direct lorsqu’il était dans ce rôle-là. L’absence de Lampard, remplacé par un Ramires hors du coup, a coûté très cher à ce niveau-là…

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