Malaga 0-1 Real Madrid, l’analyse tactique

Deux jours après Barcelone face à l’Espanyol, c’est au tour du Real Madrid de passer l’écueil de l’analyse en ce début d’année 2012 à l’occasion de son huitième de finale retour de Coupe du Roi face à Malaga. Après avoir présenté une formation en sapin de Noël en première mi-temps, José Mourinho est rapidement revenu aux fondamentaux à la reprise. Bien lui en a pris, le Real a beaucoup mieux maîtrisé le second acte et s’est qualifié, presque, sans trembler.

Les compositions :

Côté Malaga, Manuel Pellegrini offre une petite surprise dans son onze de départ avec la présence de Cazorla plus bas qu’à l’accoutumée. L’ancien joueur de Villarreal forme une paire explosive avec Eliseu devant Toulalan et la défense : Caballero (13) – Sanchez (21), Demichelis (5), Mathijsen (14), Monreal (15) – Toulalan (8), Cazorla (12), Eliseu (15) – Fernandez (11), Isco (22), Van Nistelrooy (9).

Fort d’un avantage d’un but acquis à l’aller, José Mourinho décide de présenter le Real avec un milieu renforcé par l’entrée de Diarra. Benzema reste sur le banc au profit de Higuain qui forme le trio offensif avec Kaka et Ronaldo : Casillas (1) – Arbeloa (17), Pepe (3), Sergio Ramos (4), Coentrao (15) – Xabi Alonso (14), Diarra (24), Khedira (6) – Kaka (8), Ronaldo (7), Higuain (20).

Première mi-temps :

Récemment décortiqué à l’occasion de la première sortie du PSG d’Ancelotti, la formation en sapin de Noël fait son retour dans cette analyse puisque les premières minutes permettent de découvrir un Real dans cette configuration. Kaka, Ronaldo et Higuain restent dans l’axe et les latéraux apportent la largeur nécessaire au jeu madrilène. Xabi Alonso et Diarra multiplient les changements de jeu et autres passes sur les extérieurs. Sans le ballon aussi, les signes ne trompent pas : les attaquants madrilènes se replient sur l’axe et ce sont les milieux de terrain excentrés (Diarra à droite, Khedira à gauche) qui s’opposent aux montées des latéraux de Malaga (Monreal à gauche et Sanchez à droite).

Face à cette organisation, Malaga répond par un 4-3-3. Cazorla se retrouve dans l’entrejeu aux côtés d’Eliseu et devant Toulalan. Selon la circulation de balle madrilène, Eliseu sort parfois côté gauche pour bloquer Arbeloa ou resserre dans l’axe aux cas où l’un des trois offensifs adverses serait alerté. Devant, Isco et Van Nistelrooy s’échangent les positions d’attaquant et de soutien. Côté droit, Fernandez s’occupe lui de bloquer les montées de Coentrao.

Malaga ferme bien les espaces dans son camp en début de partie et profite des problèmes tactiques des Madrilènes pour même prendre l’ascendant dans le jeu. Premier souci du Real : la non-compacité du trio offensif. Alors qu’il sont censés limiter les distances dans l’axe pour empêcher la liaison défensif-créateur, Higuain, Kaka et Ronaldo s’éparpillent sur le terrain, l’un jouant plus haut que les autres et l’un de ces autres penchant à gauche.

Deuxième problème : le mauvais positionnement de Khedira, positionné beaucoup trop haut. Alors que Diarra ne va vers son latéral que lorsque celui-ci franchit la ligne médiane, l’Allemagne reste constamment dans la zone du sien. Résultat, Cazorla profite des espaces pour passer dans son dos. Souvent servi par le premier relanceur, il profite du fait qu’aucun milieu ne peut venir dans son dos (Khedira n’étant jamais dans sa zone) pour se rendre disponible, se retourner et percuter. Et Xabi Alonso ne peut pas le suivre sous peine de libérer l’attaquant évoluant constamment dans sa zone (Isco principalement). Partant de ce côté droit, Malaga peut alors renverser côté gauche pour faire courir le milieu à trois madrilène sur la largeur. Dépassés par les montées Monreal qui profite aussi des percussions de Eliseu, Diarra et Arbeloa sont avertis tour à tour.

Cazorla et Khedira, légende : en rouge les trois zones couvertes par les milieux madrilènes. Khedira défend donc plus haut que Diarra. Résultat, il laisse énormément d’espaces dans son dos, symbolisés par la zone en bleu ciel. Cazorla peut donc en profiter, Xabi Alonso étant lui occupé avec Isco dans l’axe. Dès lors, il peut au choix aller de l’avant et jouer en profondeur avec Fernandez ou Van Nistelrooy ou renverser le jeu (en jaune). Dans ce dernier cas, tout se joue au niveau de l’opposition entre Eliseu-Monreal et Arbeloa-Diarra pour poursuivre l’action, Diarra ayant en plus un déplacement latéral à faire pour venir fermer.

Au-delà de son apport offensif, Monreal ose aussi parfois sortir de sa ligne de défense pour aller presser Arbeloa, permettant à Eliseu de densifier l’axe pour aider Cazorla et Toulalan à couper la relation entre milieux et attaquants madrilènes. Les montées du latéral espagnol se joue alors à quitte ou double. Il perd notamment un duel (36ème minute) qui lance Ronaldo dans son dos pour un trois contre trois avec Kaka et Higuain. Mais le Brésilien manque son relais et gâche l’occasion.

Au-delà de ces ballons de contre, le Real n’arrive pas à développer son jeu. Sauf en cas de manqué adverse, Arbeloa a du mal à créer des différences à droite, et Coentrao est bien bloqué côté gauche par Fernandez qui le prend assez haut. Pris sur la largeur, le Real s’en remet à ses trois attaquants pour essayer de faire la différence. Seul Diarra leur remonte quelques ballons pour qu’ils puissent s’exprimer dans les derniers mètres, sans succès. Au final, Malaga ne concède qu’une seule occasion sur la première mi-temps, conclue par une montée sur l’aile gauche et un tir de Khedira. Sur l’action, l’Allemand se blesse et est remplacé par Özil. Un changement qui devient l’une des clés de la rencontre à la reprise.

Deuxième mi-temps :

Au retour des vestiaires, Mourinho procède à un deuxième changement, volontaire celui-là : Kaka quitte la pelouse et est remplacé par Marcelo. La redistribution des rôles est totale : le Real change de système et retrouve un 4-2-3-1 plus traditionnel. Et la différence se fait immédiatement sentir dans la maîtrise de la rencontre. Elle change tout simplement de main.

Première chose, en passant en 4-2-3-1, le Real oppose directement deux adversaires directs aux deux latéraux adverses qui apportaient de la profondeur au jeu de Malaga en première minute (en rouge). Monreal se retrouve bloqué par Coentrao et Sanchez par Ronaldo ou Özil (qui permutent souvent – en noir). Dans l’entrejeu, le milieu madrilène est désormais calqué sur celui de Malaga. Özil (ou Ronaldo) travaille face à Toulalan, Diarra face à Eliseu mais surtout, Xabi Alonso marque de très près Cazorla qui a beaucoup plus de mal à se mettre dans le sens du jeu (en rouge). Derrière cette reprise en main du milieu de terrain, la défense peut évoluer plus haut (en noir) et suivre les déplacements de Isco ou Van Nistelrooy qui tenteraient de soutenir leurs coéquipiers en décrochant.

Les Madrilènes dominent enfin territorialement et assurent ensuite la possession de balle. Excepté Ronaldo assez libre dans son positionnement et Higuain, les joueurs cherchent en majorité à conserver le ballon. Özil travaille intelligemment avec ses deux milieux de terrain et Coentrao pour attirer le milieu de Malaga et ouvrir des espaces côté gauche pour les montées de Marcelo qui poursuit le travail de gestion, ponctué de quelques accélérations.

D’un côté comme de l’autre, les changements ne changeront rien à l’issue de la rencontre, qualifiant le Real. Pellegrini a dégainé le premier en passant en 4-3-1-2 avec l’entrée en jeu de Rondon à la place de Fernandez (Toulalan, Cazorla, Eliseu derrière Isco et une paire Rondon, Van Nistelrooy). Pas de problème pour le Real, qui passe dans la même organisation après l’entrée de Benzema (remplacé par Coentrao au poste de latéral, Marcelo rejoint Xabi Alonso et Diarra au milieu derrière Özil et la paire Ronaldo, Benzema). Le dernier mot revient à Pellegrini avec un double changement qui fait passer son équipe en 4-4-2 (Maresca – Toulalan, Buonanotte à gauche, Cazorla à droite, paire inchangée devant). Ce va-tout inquiètera le Real en fin de partie mais Benzema avait déjà fait une différence définitive en marquant le 1-0 trois minutes après son entrée en jeu.

Conclusion :

Lors des derniers Clasico, le Real a souvent souffert de la comparaison en ne proposant qu’un schéma de jeu rigide là où le Barça pouvait changer trois ou quatre fois de système sur un match. Pour cette première analyse de l’année 2012, Mourinho a pris la bonne décision après la blessure de Khedira. Le passage en 4-2-3-1 a clairement permis aux siens de remettre le pied sur le ballon et la main sur la rencontre pour ne plus la lâcher ensuite.

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6 réponses

  1. Mourinho dit :

    je suis sur que Mourinho va faire passer le Real dans une toute autre dimension.

  2. Jack-Mess dit :

    Peu de chances, avant lui, le Real était l’un sinon le plus grand club de l’histoire du foot européen. Depuis son arrivée, les seuls faits d’arme du Portugais sont une victoire en Coupe du Roi, or cette compétition n’est qu’une sous compétition, et le passage des 1/8 de finales de Ligue des Champions. Sur le plan des titres donc, c’est assez famélique quand on sait qu’il a participé à 4 compétitions déjà (dont 3 perdues au profit du Barça, qu’il était censé stoppé).

    Sur le plan du jeu, le Real ne s’en porte que plus mal, il est très limité tactiquement. Il n’arrive pas à créer du jeu, peu importe l’équipe en face, quand on connaît les joueurs qu’il a à disposition… Son 4-2-3-1 avec 2 milieux défensifs et 4 joueurs de contres devant est connu maintenant mais il ne peut pas passer à autre chose.

    Pour ce qui est de l’image du club, n’en parlons pas. Les incidents et autres déclarations du Mou ont terni l’image de ce club.

  3. Luckinho dit :

    Putain mais ia des mecs énorme sérieux ! Alors pour l historique du réal mon petit tous dabord ce club est toujours situe aux avant poste europeen ensuite ce « grand » réal qui précédait l’arrivée de mou jouait les seconds rôles en liga ces dernières années et passait en coup de vent en ligue des champions ( 8eme de final pas franchit depuis 2004 et l’ère zizou Ronaldo Raoul et compagnie) mou a aussi permis l’éclosion d’ un benzema très juste lors de son arrive ! Le réal est désormais la seconde meilleur équipe au monde derrière le barca et la passation de pouvoirs est imminente ! Alors au lieu de peter sa bouche a tord et a travers et de polémiquer inutilement sur les qualités du barca et du réal complètement aveugle par sa préférence il serait plus judicieux de prendre du recul pour analyser ces 2 équipes ! Sur ceux tchao les asticots

  4. Jack-Mess dit :

    Eh bien, je n’ai pas dis que le Real n’était pas l’un des meilleurs clubs, relies mon message… Toutefois, saches que le Barça a joué plus de finales de coupes continentales, qu’il en a gagné plus et que lors de sa première participation à la C1, il a éliminé ton cher Real Madrid…

    Tu trouves que Mourinho a changé quelque chose ? Le Real reste toujours second dans cette Liga, le classement actuel n’est pas révélateur puisqu’on a encore vu hier qui étaient les meilleurs. Passation de pouvoir ? Laisse moi rire, ici on parle tactique et de ce point de vue-là, Mourinho est encore à des années-lumières du génie Guardiola. 4-2-3-1, 4-5-1 et autres schémas ultras défensifs sont ceux du Portugais quand Guardiola innove à chaque match.

    Benzema est un joueur largement au-dessus de la normale et même sans Mourinho il aurait atteint ce niveau. Et puis Blanc aussi a droit à sa part de gâteau.

    Sur ce, j’espère que tu me répondras avec moins d’arrogance puisque ton équipe a encore montré une image déplorable du football…

  5. The teacha dit :

    Il est pas impossible que le real crée la sensation au match retour en gagnant la bas. Faire du jeu devant son public, le Real du Mou a du mal sauf contre les  » petits » , par contre ils sont bien plus a l’aise a l’exterieur loin de toute pression.
    Le probleme du classico pour les joueurs et public du real, c’est qu’ils se sentent le devoir de gagner bien sur mais avant tout ils se mettent en tete qu’ils doivent rivaliser dans le jeu car c’est du Real dont on parle et il a beaucoup d’orgueil. Or Mourinho a bien dit en arrivant que le barca est un produit fini depuis des années. Si le Real souhaite vraiment rivaliser dans le jeu, il faut que l’equipe reste la meme a 98% pendant 3-4 ans mais en attendant dans le jeu, c’est no comment… le real pourra gagner de temps en temps mais sur coup de pied arretés ou faute individuelle de valdes et pinto comme sur les 2 derniers clasicos

  1. 17 janvier 2012

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