Lyon 0-1 Paris SG, l’analyse tactique

19 ans après, le PSG est allé chercher son troisième titre de champion après une prestation très sereine sur la pelouse du rival lyonnais. Bousculés dans le premier quart d’heure, les Parisiens ont pris les choses en main en se regroupant autour de Thiago Motta avant de punir leurs adversaires en contre-attaque. Comme à l’aller…

Excepté Lisandro, remplacé par Gomis, Rémi Garde a reconduit au coup d’envoi le onze de départ qui était allé facilement s’imposer à Nancy la semaine dernière (Lopes – Fofana, Koné, Umtiti, Dabo – Mvuemba, Gonalons – Benzia, Grenier, Gourcuff – Gomis). Côté parisien, Carlo Ancelotti devait faire sans Thiago Silva et Verratti mais pouvait compter sur le retour de Thiago Motta au milieu de terrain (Douchez – Jallet, Alex, Sakho, Maxwell – Pastore, Thiago Motta, Matuidi, Lavezzi – Ménez, Ibrahimovic).

L’OL en surnombre :

Comme annoncé dans l’avant-match (lire : OL-PSG : les clés de la rencontre), c’est l’OL qui est le mieux entré dans cette partie en utilisant son surnombre au milieu de terrain (4-2-3-1 + Gourcuff en faux ailier contre le 4-4-2 parisien). Durant le premier quart d’heure, les Lyonnais ont souvent utilisé les relais de Gourcuff sur l’aile gauche, dominateur dans ses prises de balle face à Jallet, afin d’amener le ballon dans le camp parisien avant d’utiliser les relais de Mvuemba et Gonalons pour distribuer le jeu. Profitant du repli inégal de Ménez et Ibrahimovic, les deux hommes ont eu beaucoup de liberté en début de partie, Thiago Motta et Matuidi devant limiter leur pressing afin de contrôler les déplacements de Grenier et Gourcuff devant la défense parisienne. Matuidi s’est notamment retrouvé pris « entre-deux » à chaque fois que Mvuemba mettait le pied sur le ballon.

Gourcuff et Grenier sont dans l'axe pour occuper la zone de Matuidi et Thiago Motta. L'international français se retrouve pris entre Grenier et Mvuemba, libre de toute pression puisque Ménez est hors de position (en bas de l'image).

Gourcuff et Grenier sont dans l’axe pour occuper la zone de Matuidi et Thiago Motta. L’international français se retrouve pris entre Grenier et Mvuemba, libre de toute pression puisque Ménez est hors de position (en bas de l’image).

A défaut de trouver des solutions dans la profondeur, Gonalons et Mvuemba ont utilisé les espaces abandonnés dans les couloirs par les déplacements de la première ligne de quatre parisienne. Et comme le jeu arrivait dans le camp adverse par Gourcuff sur l’aile gauche, c’est Fofana qui se retrouvait souvent libre côté opposé (Lavezzi suivant le déplacement de ses milieux dans l’axe). Plusieurs fois, l’ancien Havrais s’est retrouvé décalé sur l’aile et en bonne position pour centrer, mais aucune de ses tentatives n’a inquiété Maxwell et le reste de la défense parisienne.

Mis en infériorité dans l’axe, Paris a tenu grâce à l’imperméabilité de sa défense et au bon repli de ses milieux de terrain : si Fofana n’attaquait pas immédiatement son vis-à-vis, Lavezzi revenait rapidement dans la zone pour soutenir Maxwell. De la même façonMénez est revenu se placer devant Mvuemba après que ce dernier ait tenté de s’infiltrer dans les 30 derniers mètres parisiens en combinant avec Benzia et son latéral droit.

Les Lyonnais ont accompagné leurs mouvements offensifs par un pressing efficace sur les relances parisiennes. En retrait des phases offensives la plupart du temps, Gonalons et Mvuemba formaient un double pivot coupant les transmissions au sol à destination de Ménez ou Ibrahimovic. Leur travail était complété par celui des défenseurs qui, sur les longs ballons, ont été présents dans les duels.

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L’OL dans son temps fort : Grenier sort au pressing sur Thiago Motta. Derrière lui, Mvuemba et Gonalons sont au marquage de Matuidi et Ibrahimovic qui a décroché de sa position d’attaquant. Les joueurs de couloir sont aussi en place, prêts à mettre la pression sur leurs adversaires directs.

Une fois le bloc lyonnais en place, Grenier et Mvuemba s’opposaient aux prises de balle de Thiago Motta et Matuidi afin de les empêcher d’aller de l’avant. Sur les côtés, Gourcuff et Benzia se repliaient afin de fermer les couloirs à Jallet et Maxwell ; ils permettaient ainsi à Dabo et Fofana de se rapprocher de leur défense centrale en cas de besoin (ex : diminuer l’intervalle défenseur-latéral face aux incursions de Ménez ou sécuriser un pressing sur Ibrahimovic).

Paris refait surface :

Gênés par le pressing lyonnais, les Parisiens ne parvenaient à créer le danger que sur des contres consécutifs à des pertes de balle des milieux lyonnais (Gonalons, 16e). Il a fallu attendre le quart d’heure de jeu pour qu’ils commencent à faire surface au milieu de terrain : avant ce moment charnière, l’OL avait la possession de balle (62/38). A la mi-temps, le PSG a ramené ce chiffre à 52/48 en sa faveur. Pour y parvenir, il a moins recherché la profondeur (Ménez, Ibrahimovic en première intention) et s’est attaché à poser le jeu dans les couloirs.

Des deux côtés, Pastore et Lavezzi se sont rendus disponibles en décrochant dans les zones gardées par Gourcuff et Benzia pour offrir des solutions à leurs milieux de terrain. Ménez étant capables de créer le danger en plongeant dans leur dos, les latéraux lyonnais étaient contraints de lâcher leurs adversaires directs. Les deux Argentins ont ainsi été libres de se déplacer dans le camp lyonnais, revenant à hauteur de Thiago Motta et Matuidi (ex : Pastore) ou recherchant les espaces dans le dos des milieux lyonnais lorsque ces derniers sortaient au pressing (ex : Lavezzi dans le dos de Mvuemba).

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Pour défaire la pression lyonnaise sur l’axe Thiago Motta-Matuidi, les Parisiens se rendent disponibles sur toute la largeur du terrain. Ici, six joueurs se rendent disponibles à Sakho et Thiago Motta sur moins d’une vingtaine de mètres (de profondeur). Des distances assez courtes qui permettent au destinataire de la première passe d’être rapidement soutenu.

Alors que Thiago Motta distribuait le jeu depuis le rond central, deux triangles se sont formés dans les couloirs. Pastore, Jallet et Ménez-Ibrahimovic animaient l’aile droite, répondant au travail de Maxwell, Lavezzi et Matuidi de l’autre côté. A défaut de réellement mettre en danger la défense lyonnaise, les Parisiens ont fait courir les milieux lyonnais, utilisant les relais de Thiago Motta dans l’entrejeu pour passer d’un triangle à l’autre et multiplier les temps de jeu.

Grâce à ce travail de conservation, les Parisiens se sont installés dans le camp parisien et ont à leur tour mis en place un pressing efficace. Thiago Motta s’est chargé d’éteindre Grenier, accompagné par Jallet, Matuidi et Maxwell sur Gourcuff, Mvuemba et Benzia. Pris au milieu, Lyon a dû se résoudre à balancer pour chercher Gomis… Mais l’attaquant lyonnais manquait cruellement de soutien face à Alex et Sakho. Moins vifs que leurs adversaires directs, jamais Gourcuff ou Benzia n’ont pu lui proposer des solutions rapides.

Après la pause :

Malgré la mi-temps, les Gones ne sont pas parvenus à retrouver l’intensité qu’ils avaient pu mettre en début de partie. Ils ont même joué plus bas : au lieu de reprendre son travail sur Thiago Motta, Grenier évoluait désormais aux côtés de Mvuemba, laissant le soin à Gomis de limiter l’influence du milieu de terrain parisien. Sans grand succès. Malgré ce redémarrage décevant, l’OL semblait toutefois en mesure d’assurer le point du match nul grâce à son organisation devenue très conservatrice.

Mais finalement, et comme au match aller, le PSG a su faire la différence sur une attaque rapide consécutive à une perte de balle de son adversaire. Au mois de décembre, c’était un duel gagné par Thiago Silva dans sa surface qui avait lancé l’action se terminant sur le but de Matudi. Cette fois, c’est une récupération de balle de Thiago Motta dans les pieds de Gonalons qui a été à l’origine de l’ouverture du score. Après un relais avec Ibrahimovic, l’international italien a décalé Ménez qui a fini le travail d’un tir croisé (53e).

Après ce but, les lignes n’ont quasiment plus bougé. Rémi Garde a joué son va-tout en passant en 4-4-2 (entrée de Lisandro à la place de Mvuemba, 64e) mais les Parisiens ont conservé l’ascendant dans la majorité des duels. Ils ont donc pu savourer leur titre de champion au cours d’un dernier quart d’heure peu rythmé et finalement sans grand suspense.

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1 réponse

  1. 13 mai 2013

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