Lyon 3-1 Bordeaux, l’analyse tactique

Dominés par l’OL en championnat, les Girondins ont fait mieux cette fois en poussant leurs adversaires jusqu’en prolongations. Malgré une formation très défensive, ils ont réussi à ouvrir le score mais ont ensuite trop reculé pour véritablement empêcher un retour des Lyonnais. Le banc de ces derniers a ensuite fait la différence durant les prolongations, permettant aux Gones de se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe de France.

Les compositions :

La Ligue des Champions approchant, Rémi Gard aligne un onze hybride entre titulaires et remplaçants habituels. Lisandro, Kallström, Réveillère et Lloris tiennent notamment leurs places, les autres membres de l’équipe-type sont sur le banc : Lloris (1) – Réveillère (5), Koné (4), Cris (3), Dabo (2) – Fofana (7), Kallström (6) – Lacazette (11), Gourcuff (8), Ederson (10) – Lisandro (9).

Côté bordelais, Francis Gillot réserve lui aussi quelques surprises dans son onze de départ avec les absences de Nguemo et Maurice-Belay. Les deux hommes sont respectivement remplacés par Sertic dans l’entrejeu et Gouffran devant : Carrasso (1) – Mariano (6), Henrique (5), Planus (3), Ciani (2), Trémoulinas (7) – Plasil (8), Sertic (11), Obraniak (4) – Jussiê (10), Gouffran (9).

Bordeaux comme Naples :

Malgré quelques velléités offensives en début de partie par des combinaisons entre Plasil et Mariano, les Girondins rentrent dans la rencontre en limitant les prises de risques. Les deux joueurs de couloir -Mariano et Trémoulinas- s’alignent avec les trois défenseurs centraux. Et cette défense à cinq joueurs est protégée par le travail des trois milieux de terrain, qui coulissent sur toute la largeur du terrain en fonction de la circulation de balle lyonnaise.

A l’instar de Naples face au Milan AC dimanche, les deux milieux excentrés -Plasil et Obraniak- aident les latéraux -Mariano et Trémoulinas- à la fermeture des côtés. Ces derniers se retrouvent donc au marquage des joueurs de couloir -Ederson ou Lisandro quand il s’excentre à gauche pour Mariano ; Lacazette pour Trémoulinas- et les milieux excentrés s’occupent des soutiens venus de l’arrière -Plasil face à Dabo et Obraniak face à Réveillère-. Dans l’axe, les Girondins conservent du coup le surnombre surnombre dans leurs 30 derniers mètres, opposant quatre joueurs -trois défenseurs centraux et Sertic- à seulement deux Lyonnais -Gourcuff et Lisandro-.

Bien en place derrière, les Bordelais ont néanmoins des difficultés pour tenir le ballon et aller créer le danger dans le camp adverse. La plupart des relances sont longues et recherchent directement les attaquants qui, dans les airs, sont dominés par la défense centrale lyonnaise. Finalement, cette dernière est la première à craquer -erreur de Koné- et Jussiê va ouvrir le score pour Bordeaux. S’en suit alors un léger temps fort pour les Girondins.

Bordeaux plus haut, Lyon en difficulté :

Galvanisés par l’ouverture du score, les Girondins évoluent plus haut et tentent d’enfoncer des Lyonnais certainement refroidis par le but de Jussiê. Les distances entre les attaquants en première ligne et les trois milieux de terrain se resserrent. Là où les Lyonnais faisaient circuler le ballon tranquillement en début de partie, Bordeaux crée une situation de trois contre trois -Plasil, Obraniak et Sertic face à Kallström, Fofana et Gourcuff- qui gêne le milieu lyonnais.

Conséquence logique de ce temps de jeu plus fort des Girondins, les couvertures changent derrière. Mariano et Trémoulinas évoluent désormais une ligne plus haut afin de s’opposer aux montées des latéraux lyonnais. Dans leur dos, Henrique et Ciani couvrent respectivement face à Ederson et Lacazette. Pendant une dizaine de minutes, Bordeaux se montre donc plus pressant et plus tranchant en contre, les distances étant diminuées entre les joueurs censés contre-attaquer -attaquants, milieux, et latéraux-.

Le travail de Gourcuff et Ederson  :

Mais ce temps fort bordelais ne dure pas et l’OL reprend sa maîtrise du début de partie dans l’entrejeu, notamment grâce aux déplacements combinés de Yoann Gourcuff et Ederson. Le premier quitte ainsi très souvent sa position avancée pour venir se placer à hauteur de ses milieux de terrain, dans des zones non-couvertes par le pressing des milieux bordelais. Non-suivi par Sertic dans ces déplacements latéraux, l’ancien Bordelais vient apporter un premier surnombre au milieu de terrain (face à la ligne Plasil-Obraniak) et peut se mettre dans le sens du jeu aisément, sans adversaire direct pour l’arrêter.

Les déplacements de Gourcuff sont ensuite complétés par ses partenaires. Si Lacazette reste majoritairement sur le flanc droit pour profiter des errements de Trémoulinas, Ederson quitte régulièrement son aile gauche pour venir travailler dans l’axe et accroître le surnombre en faveur des Lyonnais. Souvent, ces retours à l’intérieur du terrain sont combinés avec les appels du l’aile gauche de Lisandro. Sans adversaire direct, les latéraux lyonnais montent eux à loisir pour occuper les couloirs en position haute et proposer des relais à leurs milieux de terrain.

Au final, c’est véritablement un six contre trois -ou cinq- qui se joue dans la première moitié du camp bordelais : les deux relayeurs lyonnais, Gourcuff, Ederson et les latéraux qui font circuler le ballon face aux trois milieux girondins -parfois mais rarement aidés par la sorties de Trémoulinas et Mariano-. Des positions favorables se dégagent alors sur les ailes -le milieu bordelais se concentrant sur l’axe-. Et sur une passe de Réveillère, Gourcuff fait la différence au coeur de la défense bordelaise pour se retrouver à l’origine de l’égalisation.

Lyon pousse, Bordeaux recule et s’adapte :

Au retour des vestiaires, Lyon continue sur sa lancée de la fin de la première période et prend même plus de risques en cassant la paire Kallström-Fofana pour faire évoluer le Suédois légèrement plus haut. Désormais, l’OL se retrouve avec trois étages bien distincts en phase offensive. Fofana reste à la base des actions ; Gourcuff en décrochage et Kallström en position plus avancée qu’habituellement forment eux des triangles avec leurs latéraux et leurs ailiers pour créer des surnombres et des décalages dans les couloirs bordelais -en formant des trois contre deux-.

Après une vingtaine de minutes où ils ne voient pas le jour mais résistent dans leur surface de réparation, les Bordelais changent de schéma et passent en 5-4-1. Un ajustement logique qui permet de fermer les couloirs tout en ne se découvrant pas dans l’axe. Jussiê et Obraniak s’opposent désormais aux montées des latéraux lyonnais et la paire Sertic-Plasil s’occupe des créateurs lyonnais -Gourcuff et Kallström-.

Mieux défensivement, Bordeaux se montre aussi plus dangereux en phase offensive grâce aux paires des couloirs -Jussiê/Trémoulinas et Obraniak/Mariano-. Soutenues par Plasil et Sertic qui orientent le jeu de l’une à l’autre, elles posent des problèmes au milieu de terrain adverse, les latéraux bordelais créant un surnombre non-compensés par les ailiers lyonnais. Malgré quelques situations favorables sur les ailes, les Bordelais ont du mal dès que le jeu demande à revenir dans l’axe.

Coaching et finition lyonnaise :

Entre temps, la sortie de Gourcuff au profit de Gomis fait repasser l’OL en 4-4-2. Un changement de joueur simplement, l’attaquant français multipliant aussi le travail de décrochage à hauteur des milieux bordelais. En prolongations, Lyon s’attache d’abord à casser les possibilités de remontées de balle bordelaises en positionnant très haut ses deux latéraux, de façon à faire évoluer les ailiers bordelais très bas. Jussiê se retrouve ainsi aligné avec Trémoulinas pour fermer le couloir à Réveillère.

Désormais incapable de ressortir de son camp, Bordeaux finit par craquer six minutes après la reprise sur un nouveau ballon qui traîne dans sa surface. Après Lacazette pour le 1-0, c’est Gomis qui profite de la passivité bordelais pour doubler la mise. S’en suivent une vingtaine de minutes de gestion côté lyonnais. Bordeaux joue son va-tout en 4-4-2 mais reste positionné trop bas pour inquiéter des Lyonnais qui termineront superbement le travail sur un mouvement à trois entre Gomis, Lacazette et Briand. Logique.

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4 réponses

  1. The teacha dit :

    Le 3-5-2 de Bordeaux peut être pas mal à terme mais pour l’instant, il dépend trop des 2 latéraux, si jamais un jour ils sont en méforme ou absent, à part Chalmé à droite, je doute qu’il y est d’autre solutions sérieuse. A suivre…Bonne analyse qui nous résume rapidement les points forts et faiblesses d’un 3-5-2. Lyon a bien joué le coup tactiquement en faisant dézoner certains joueurs pour créer un surnombre offensif et faire courir les bordelais.
    Rémi Garde à l’air d’etre un tout bon tacticien, ca fait 3 fois qu’il est mené au score ( Lorient, Om, Bordeaux ) et à chaque fois il parvient à trouver une solution face au dilemme tactique qu’il à résoudre et revient au score. Il a le banc pour aussi….

  2. Stéphane dit :

    Gillot a réussi à trouver une animation très bien adaptée à son groupe.
    La véritable difficulté réside en la capacité à défendre en avançant, notamment des joueurs de couloir. Son central attitré devant assurer la couverture de la zone délaissée…
    Et sincèrement, je trouve que l’équipe de Gillot commence à avoir vraiment de la gueule…
    Félicitations à Gillot !

  3. jojofoot225 dit :

    Très belle analyse.Bonne continuation!

  4. Soubi dit :

    Oui le 5-3-2 de Gillot peut être une bonne solution comme des équipes faibles techniquement. Mais pas contre les cadors du championnat qui avec un coup de génie technique arrive à faire sauter le verrou et ensuite difficile de demander à Carrasso de sortir des parades car c’est du 1 contre 1 du fait qu’on défend juste devant la surface de réparation.

    Contre Lyon le meilleur façon de défendre et effectivement d’avancer au devant du ballon. Les bordelais ont été trop attentistes en défendant trop bas. Un Nguemo nous aurait été bien utile car sans lui on voit bien que le pressing n’est pas le même. Sertic est bon techniquement mais il n’a pas le mental de chien de garde d’Nguemo.
    Avec on défense à 5 aligné il aurait fallu voir sortir un défenseur central pour aller aider au pressing dans les 30 derniers mètres.

    Bordeaux a quand même de bonne opportunité mais c’est pas avec la force de frappe de Gouffran que ça risque de rentrer. Comment un attaquant peut-il avoir si peu de puissance dans ses frappes. A part courir comme un poulet sans tête je ne vois pas quel est son rôle.

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