Lyon 2-0 Benfica : l’analyse qui prouve que le Père Noël est portugais

J’aurais bien voulu faire une analyse plus sérieuse de ce match. J’ai toujours apprécié voir évoluer les équipes portugaises et ce Benfica-là, avec notamment son duo Aimar-Saviola, avait de quoi gêner la défense lyonnaise pour peu qu’il trouve des intervalles. Malheureusement, les Portugais sont tombés sur une formation lyonnais très rigoureuse en phase défensive et ont surtout offert un nombre de cadeaux incroyables aux attaquants adverses. Analyse partielle d’un match que j’ai personnellement arrêté à la 52ème minute.

La question du coup d’envoi :

Côté lyonnais, pas de surprise à la découverte du onze de départ choisi par Claude Puel. Seule une interrogation subsiste quant au partage des tâches entre Gourcuff et Pjanic : l’un derrière l’autre dans un 4-2-3-1 ou côte-à-côte dans un 4-3-3. Les premiers replacements lyonnais répondent très rapidement à cette question. Les deux hommes jouent sur la même ligne devant Gonalons dans un 4-1-4-1 en phase défense qui se transforme rapidement en 4-3-3 lorsque l’équipe récupère le ballon. Avec un Gourcuff qui penche à gauche et un Pjanic à droite.

La réorganisation tactique du Benfica :

Dans le camp portugais, le losange annoncé par TF1 ne se retrouve absolument pas sur la pelouse de Gerland. Présenté comme le 10 de l’équipe derrière Saviola et Kardec, Aimar se replace très rapidement dans le couloir droit pour faire face aux montées régulières de Cissokho et éviter l’infériorité numérique. En effet, sans son latéral, Bastos reçoit déjà le soutien régulier de Gourcuff qui ajoute donc un Lyonnais dans une zone jusqu’ici couverte par le duo Martins-Pereira. Le repli de Aimar est donc indispensable pour éviter les décalages, d’autant plus qu’il arrive aussi à Lisandro de venir s’aventurer dans cette zone du terrain.

Beaucoup de flèches et de pions, ne vous inquiétez pas, voici les explications. Les cercles blancs et remplis de rouge correspondent évidemment au 4-4-2 mis en place par le Benfica en phase défensive. Les quatre pions rouges pâles représentent le milieu théorique annoncé au coup d’envoi. Les flèches blanches illustrent les déplacements des quatre milieux de terrain pour s’adapter aux offensives lyonnaises. En bas, je vous ai mis en avant le besoin de cette modification tactique en liant l’ailier lyonnais à son latéral, le milieu à son milieu et donc le latéral à Aimar qui se déplace du rond central jusque dans cette zone pour bloquer le couloir.

Compris ? Parce que vous en aurez besoin pour comprendre la suite. Je l’avais déjà évoqué lors du Lyon-Schalke, cela avait même abouti sur un article dédié à Lisandro. Lorsqu’il n’est pas coincé entre une défense centrale et une sentinelle, l’Argentin est un véritable poison pour les défenses de part ses décrochages. En clair, lui mettre une sentinelle sur les basques pour suivre tous ces faits et gestes peut libérer la défense d’une certaine pression. Or, ce qui était peut-être le plan de base de Jorge Jesus avec Javi Garcia (le cercle rouge pâle) a volé en éclats dès lors que le Benfica a commencé à prendre l’eau sur les côtés.

A certains moments de la première mi-temps, on a même pu apercevoir les Portugais réorganisés en 4-1-4-1 en phase défensive avec un Saviola redescendant à hauteur de Martins au milieu et Aimar et Gaitan toujours sur les côtés, ne serait-ce que pour permettre à Javi Garcia de surveiller Lisandro d’un peu plus près. Chose étonnante lorsque l’on revoit Lyon-Schalke, c’est exactement ce qu’il s’était passé avec Raul redescendant à hauteur de Rakitic pour permettre à Jones de suivre quelques déplacements de l’Argentin.

Les cadeaux :

Même si mon paragraphe précédent est évidemment très intéressant (non ?), l’OL n’a pas gagné son match sur le plan tactique. On peut néanmoins reconnaître la victoire de son milieu de terrain, avec les grosses performances défensives de Pjanic et Gourcuff. On peut aussi mettre en avant la capacité de tout le bloc à enfermer l’adversaire parfois à deux (latéral / ailier) contre quatre (latéral, ailier, milieu axial, sentinelle) dans un couloir… On tempèrera certainement ce jugement lorsque l’OL affrontera une équipe qui maîtrise les changements de jeu.

Car justement, c’est sur ce type de phases que le Benfica a offert un nombre incalculable de situations dangereuses à son adversaire. David Luiz, Carlos Martins (phénoménal sur l’ouverture du score de l’OL) ou encore Javi Garcia ont livré un festival de ratés et de pertes de balle dans leurs propres 40 mètres mettant directement les Lyonnais (Gourcuff, Bastos, Lisandro, Briand) dans le sens de la marche et quasiment en situation d’égalité numérique pour mener leurs contres. Bref, comme face à Lille, l’OL a su profiter des erreurs adverses. Vu que ça fait deux fois de suite, il est convenable de penser que l’équipe de Puel sait les provoquer…

Attention quand même :

Toujours en lien avec mon paragraphe précédent (c’est beau de maîtriser les transitions), l’OL sait donc enfermer son adversaire sur un côté et jaillir au bon moment lorsqu’il essaie d’en sortir. Bien, néanmoins cela nécessite une remontée de balle lente de l’adversaire. Car à plusieurs reprises, notamment sur des passes qui ont brisé la première ligne lyonnaise (de David Luiz à Gaitan par exemple) ou des récupérations de balle dans l’entrejeu, les Portugais se sont offerts des situations dangereuses face à une défense lyonnaise, peu à l’aise face dès lors que Saviola, Aimar, Gaitan et les autres commençaient à combiner devant elle.

Heureusement pour Cris et Diakhaté, les attaquants du Benfica se sont souvent entêtés à essayer de rentrer dans la surface avec le ballon ou sur une dernière passe difficile face à un bloc lyonnais qui s’était rapidement regroupés après la perte de balle. Au final, Lloris n’a jamais véritablement été inquiété. Et l’expulsion de Gaitan, qui avait beaucoup gêné ses adversaires directs, avant la mi-temps lui a permis de s’assurer 45 dernières minutes tranquilles. Idem pour les dix autres lyonnais qui ont déroulé et fait courir les 10 Lisboètes qui n’étaient plus du tout en mesure d’aller les presser ensuite…

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1 réponse

  1. ... dit :

    Bravo, pour votre article. Je l’ai lu en détails mais mon pt de vue est assez différent, j’ai vu le match, et objéctivement j’ai trouvé que la chance ou « père-noël » n’est pour pas grand chose dans la victoire de Lyon. Benfica n’avait pas d’éspace. Grâce à ses joueurs offensifs, l’OL s’est vite projeté en contres après pressing. Aussi Gourcuff, Lisandro Lopez, Cissokho, Pjanic, Bastos ne sont pas au mieux ça aurait put fr très mal je pense. Quand à la défense de Benfica elle était assez bonne bien que David Luiz soit surcôté.

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