Lyon 1-2 Rennes : le plan de jeu gagnant de Montanier

Après deux sorties décevantes dans le jeu face à Lorient (0-0) et Guingamp (1-0), l’Olympique Lyonnais s’est incliné sur sa pelouse face au 3e club breton du championnat. Venus à Gerland avec un onze de départ très défensif (sans attaquant de métier), les Rennais ont réussi à faire déjouer une formation lyonnaise en manque de repères, notamment sur le plan de son animation offensive.

Rennes : un plan défensif, mais tourné vers l’avant 

Au départ pourtant, la composition d’équipe mise en place par Philippe Montanier n’incitait pas à l’optimisme. Les Rouge et Noir ont débuté la partie avec 9 joueurs de champ à vocation défensive pour le seul Pedro Henrique (milieu offensif de formation) à la pointe de l’attaque.

Interviewé juste avant le match, Benoît Costil en a même rajouté une couche sur le projet de jeu mis en place par son entraîneur : « Il faudra être bien en place, défendre, défendre et défendre. » Mais ce que le gardien n’a pas précisé au micro de Canal+, c’est que les joueurs s’étaient préparés pour défendre haut durant les premières minutes. Et c’est cet « allant défensif » qui leur a permis d’ouvrir rapidement le score (10e).

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Dès l’entame de match, Rennes montre son envie de défendre en avançant. Sur cette séquence, six Rennais sont dans les 40 mètres de Lyon et Zeffane sera à la retombée du changement de jeu lyonnais.

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Au départ de l’action qui mène au but de Pedro Henrique, le bloc rennais est positionné très haut (défense sur la ligne médiane).

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Comme toujours quand il s’agit de presser haut, ce sont les attaquants qui déclenchent les hostilités. Zeffane sort de la zone de Ferri pour aller presser Yanga-Mbiwa. Les autres joueurs réagissent : Gelson et Sylla coulissent pour récupérer le marquage de Ferri tandis que Baal va chercher Rafael dans le couloir.

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Sous pression, Yanga-Mbiwa tombe dans le piège et se retrouve bloqué, à la fois par Sylla et Zeffane mais aussi par son coéquipier.

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L’ancien latéral droit lyonnais, ailier gauche sur ce match, sert immédiatement Pedro Henrique. Le Brésilien fausse compagnie à Gonalons et s’en va tromper Lopes d’une frappe croisée.

Un plan A, pas de plan B : 

Si les Rennais n’ont eu besoin que de 7 minutes pour valider leur plan initial, ils ont ensuite eu beaucoup plus de mal. Ils ont en effet très (trop ?) vite reculé et abandonné cette pression haute. A l’opposée de Zeffane, qui a mis la pression sur Yanga-Mbiwa dès qu’il le pouvait, André laissait beaucoup plus d’espaces à Umtiti. Le défenseur lyonnais a ainsi eu le temps d’ajuster ses relances. Il était en plus soutenu par les décrochages de Gonalons et Ferri, qui permettaient de déjouer le pressing et sortir du tiers défensif sans avoir à balancer. 

Dans leur animation, les Gones s’appuyaient ensuite sur les courses verticales de Tolisso pour perturber le milieu rennais, qui n’était formé que de Gelson Fernandes et Sylla sur ces phases de relance (voir ci-dessous). Le jeu se développait ensuite sur les côtés, autour de Valbuena, Fekir, Lacazette, soutenus par les montées des latéraux. L’égalisation lyonnaise est intervenue très vite, sur un mouvement allant justement de la gauche (Bedimo) vers la droite (Rafael) pour finir sur Fekir plein axe (12e).

Les minutes suivantes étaient guère rassurantes pour les Rennais, qui subissaient à leur tour la pression adverse. A ce moment du match, les limites techniques du onze mis en place par Montanier éclataient au grand jour : si le bloc ne parvenait pas à rester haut dans la moitié de terrain lyonnaise, il lui était quasiment impossible de construire la moindre attaque. Seul devant, Pedro Henrique était difficile à trouver. Et sur les côtés, les sorties de Baal et Moreira étaient facilement contrôlées par l’arrière-garde des Gones.

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L’un des dangers du 3-4-3 : si la relance n’est pas bien cadrée, les adversaires peuvent exploiter les espaces entre les deux milieux de terrain.

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Autre option à exploiter pour les Lyonnais, bien occuper les couloirs afin de casser le un-contre-un entre les latéraux (Baal-Rafael), qui permet aux défenseurs rennais d’avancer. Sur cette séquence, Baal ne peut sortir de sa zone puisqu’il a deux adversaires à proximité. Plutôt que de rester dans l’axe, Valbuena s’est excentré sur les côtés pour poser des problèmes aux latéraux rennais et permettre à l’OL de progresser vers les buts de Costil.

L’éclair Zeffane pour prendre les 3 points : 

Après avoir subi pendant une bonne partie de la première mi-temps, les Rennais sont tout de même revenus des vestiaires avec le bloc haut qui avait fait leur force en début de partie. Et avec réussite puisqu’ils se sont rapidement crées une nouvelle situation favorable, qui a vu Zeffane être lancé vers le but de Lopes mais manquer son contrôle (49e). Ce n’était que partie remise pour l’ancien Lyonnais, qui s’est rattrapé quelques minutes plus tard en donnant l’avantage aux siens après un action en solitaire sur l’aile gauche (55e).

Ce but est intervenu au meilleur des moments pour les Bretons : les minutes qui ont suivi ont en effet vu les Lyonnais baisser de pied physiquement. Les entrées en jeu de Beauvue et Cornet à la place de Lacazette et Valbuena (62e et 70e) ont mis les Rennais sur le reculoir mais ces derniers ont su se montrer solides dans le final. Sans rythme dans la circulation du ballon et sans force de percussion (un seul dribble tenté -et manqué- dans la dernière demi-heure…), les Lyonnais n’étaient de toute façon pas armés pour répondre à une bloc rennais bien regroupé autour des buts de Costil.

Rennes : une référence pour la suite ? 

Le Stade Rennais est sorti de Gerland avec une victoire de prestige sur le vice-champion de France. Un succès qui doit autant au plan de jeu initial de Philippe Montanier qu’aux limites actuelles de l’Olympique Lyonnais. La bonne option au bon moment en somme, portée qui plus est par un Mehdi Zeffane certainement auteur de son meilleur match en Ligue 1.

Ces trois points permettent aux Rennais de basculer dans la bonne partie du classement, mais la manière ne leur offre aucune garantie pour la suite de la saison. Car la semaine prochaine, Toulouse ne développera pas le même jeu que les Gones hier après-midi. Et les Bretons, défensivement comme offensivement, devront trouver de nouveaux arguments à faire valoir pour s’en tirer avec un résultat positif.

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4 réponses

  1. Fred1975Lyon dit :

    Comme d’hab, de très bonnes analyses. Continuez ! D’autant plus que vous êtes bien seuls à réaliser ce type de chroniques.

  2. SRFC Da Viken dit :

    Bravo pour cette analyse.
    Côté rennais, on espère tous que cette stratégie était ponctuelle et liée aux circonstances (Sio n’est arrivée qu’en fin de matinée à Lyon car il est devenue père la nuit précédent le match, Grosicki n’est pas apte à jouer plus de 30 minutes actuellement à cause d’un surpoids notable). On attend au minimum 2 joueurs offensifs (Benzia et Gourcuff semblent être les priorités). On attend de notre côté un jeu plus offensif dès la semaine prochaine contre Toulouse.
    Bonne saison à vous, en vous souhaitant le meilleur en LDC et même en L1 mais une place derrière nous (j’ai toujours apprécié votre club grâce à mon beau-père qui a vécu 14 ans à Lyon).

  3. ZiruaK dit :

    Quel plaisir de lire un article si bien écrit, sans parti pris, sans parler de people où je ne sais quoi.
    Il n’y a bien qu’ici (malheureusement !) qu’on peut trouver une vrai analyse tactique, objective, uniquement basée sur un match en particulier, et qui est très instructive pour quelqu’un comme moi qui adore le foot mais n’est pas assez connaisseur pour bien analyser un match.

  4. Bedeuze dit :

    L’incapacité à réagir de Fournier m’avait frappé au stade, tout comme la baisse physique dès la 30ème, l’analyse me le confirme.
    Il a repris le losange et ne l’a jamais vmt fait évoluer, des DC qui participent peu à la construction, au bout de 3 ans nos adversaires comprennent comment nous contrer. Il va devoir réagir, lui qui passe pour le moment entre les gouttes des critiques médiatiques.

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