Losange et contre-attaque : Le Benfica face au Paços de Ferreira

horsRéintroduit en France par Laurent Blanc lors de sa première saison à la tête des Girondins, le milieu en losange est souvent présenté comme une formation taillée pour gagner et conserver le ballon avant de placer des attaques. Petit exemple contraire avec l’un des plus beaux buts de l’année conclu par Nicolas Gaitan pour le Benfica Lisbonne.

L’organisation :

Pour ce match, remporté 5-1 par le Benfica, Jorge Jesus avait notamment dû composer avec l’absence de Fabio Coentrao sur le flanc gauche de sa défense. L’international portugais avait d’ailleurs été remplacé par un ex-Nantais, Lionel Carole, débarqué à Lisbonne au mois de janvier. A sa droite en défense, on retrouve Jardel, Luisao et Maxi Pereira. Devant celle-ci, Javi Garcia évolue au poste de milieu défensif ; Nicolas Gaitan et Franco Jara encadrent Pablo Aimar qui se retrouve plein axe derrière les deux attaquants qui sont Javier Saviola et Oscar Cardozo.

Légende : Roberto, Luisao et Jardel en blanc ; Carole et Maxi Pereira en gris ; Javi Garcia en marron ; Gaitan et Jara en rose ; Aimar en jaune ; Saviola en orange ; Cardozo en rouge bordeaux.

Sortie du pressing :

L’action démarre à partir d’un six mètres frappé par le gardien du Paços de Ferreira. Le ballon est renvoyé par l’un des deux stoppeurs du Benfica vers la ligne de touche. Franco Jara (en rose, arrière-plan) s’en empare. Le latéral droit adverse le suit de près pour l’empêcher de se retourner. L’ailier du Paços vient aussi à sa rencontre pour empêcher la passe en retrait. Dans l’axe, Aimar est suivi de près. Reste la solution Javi Garcia, seul dans l’axe pour peu que l’angle de passe s’ouvre.

Intelligemment, Jara temporise alors que Javi Garcia fait la course nécessaire pour se rendre disponible entre les deux joueurs de couloir adverse qui se retrouvent éliminés alors que le ballon arrive dans l’axe. Le joueur au marquage de Aimar lâche complètement le marquage de l’Argentin pour aller mettre la pression sur Javi Garcia. De l’autre côté de l’action, l’ailier gauche du Paços en fait de même si bien que Aimar et Gaitan se retrouvent sans adversaire direct, les deux milieux défensifs du Paços ne suivant pas le pressing de leurs partenaires.

Non sans devoir s’arracher, Javi Garcia réussit à servir Gaitan côté ouvert. L’un des deux milieux chargés de la couverture arrivant dans son dos, il libère en une touche et face au jeu pour Aimar qui se retrouve dans la zone de l’autre milieu défensif adverse. C’est là qu’intervient Saviola qui décroche pour former un second triangle (après Javi Garcia – Gaitan – Aimar) et créer un surnombre dans le rond central. Le jeu en une touche des trois hommes ne permet pas aux offensifs adverses de se replier et l’action peut alors entrer dans sa deuxième phase : celle qui fera la différence face à une équipe forcée de reculer.

Sur cette phase de relance, il faut bien noter que le Benfica n’a pris aucun risque dans le sens où aucun joueur n’a dézoné et laissé un espace susceptible de mettre l’équipe en danger en cas de perte de balle. C’est même le contraire puisque Aimar est redescendu dans l’axe à hauteur de ses milieux de terrain pour couvrir Jara partir sur le côté gauche et Saviola a ensuite décroché pour jouer le rôle du quatrième milieu de terrain (si l’on considère Jara hors du coup une fois le ballon libéré à Javi Garcia).

Exploitation des espaces :

Une fois servi dos au but, Saviola remet immédiatement à Aimar qui, de fait, se retrouve face au jeu. Une-deux oblige, les deux Argentins ont attiré sur eux les deux milieux défensifs de Paços. Dans le même temps, Gaitan s’est écarté du rond central pour prendre l’espace. Aimar l’a évidemment vu et lui glisse le ballon dans les pieds. Gaitan se retrouve alors dans la zone du latéral gauche adverse (hors-champ sur l’image ci-dessus) qui vient à sa rencontre alors que son stoppeur est au marquage de Oscar Cardozo, resté seul en pointe.

Alors que la solution d’un appui sur Cardozo semble idéale, Gaitan fait le choix d’envoyer le ballon dans l’espace sur l’aile droite. Vient alors le joueur qui va apporter le surnombre sur l’action et créer ainsi les conditions de la finition : Maxi Pereira, non-suivi par l’ailier adverse, déboule à toute vitesse dans le couloir. Venu faire face à Gaitan, le latéral gauche est battu et ne pourra pas revenu sur le latéral droit uruguayen. C’est donc au défenseur le plus proche du ballon d’aller faire l’effort pour arrêter le futur porteur : le stoppeur gauche de Paços doit lâcher le marquage de Cardozo pour aller jouer le duel avec Pereira.

La scène finale. Alors que le milieu de terrain (entouré) est venu compenser le déplacement de son stoppeur et que le latéral est en place pour empêcher la passe vers la zone laissée par le milieu de terrain, voilà que Maxi Pereira éliminé son adversaire direct au lieu de centrer immédiatement. Ce crochet déstabilise complètement les deux adversaires nommés précédemment. Le latéral vient lui couper la route et libère ainsi Gaitan complètement seul aux 20 mètres. La suite, c’est une passe parfaite de Maxi pour Cardozo qui a su anticiper pour se libérer du marquage. Le Paraguayen remet à Gaitan qui enroule et termine le travail.

Compensations, jeux en triangle, décrochages des attaquants pour offrir des appuis, surnombre dans le couloir et qualités individuelles, voilà pour la recette aboutissant à cette merveilleuse phase de jeu. Une action qui n’est toutefois pas à la portée de toutes les équipes tant la qualité technique est au rendez-vous de toutes les lignes de ce Benfica, pourtant lointain deuxième d’un Porto intouchable. Mais une action qui rappellera peut-être les meilleurs moments du duo Micoud-Cavenaghi du côté de Bordeaux lors de la saison 2007-08…

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1 réponse

  1. Guess dit :

    Merci pour ton travail.

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